La question et sa réponse

Les difficultés de recrutement en France indiquent-elle un chômage proche du chômage structurel ?

Rédacteur : VC

Les études sur les difficultés de recrutement montrent plusieurs choses :
– ces difficultés sont confinées dans des secteurs et des bassins d’emplois spécifiques (on sait par exemple qu’il y a des régions où on manque d’employés ayant une certaine qualification, alors qu’il peut y en avoir trop ailleurs) ;
– elles sont très fortement corrélées à la création d’emploi du secteur (autrement plus on recrute, plus on a de chance de pouvoir, à un moment ou un autre, diagnostiquer des difficultés de recrutement)
– « difficultés » ne signifie pas impossibilité d’embauche : souvent les entreprises s’adaptent (par ex : si vous ne trouvez pas de cadre, vous pouvez prendre une assistante pour décharger au maximum vos cadre du travail ‘non cadre’ qu’ils effectuent quotidiennement. Vous pouvez aussi former des jeunes, ou faire de la promotion interne). Si vous demandez au directeur de l’ENA ‘est-il plus difficile de recruter aujourd’hui qu’hier’, il vous répondra oui au motif que le nombre de candidats au concours a baissé de 50 %. Mais il reste plus de candidats que de places offertes…
– les entreprises, les petites surtout, ont parfois des compétences et des moyens limitées en matière de recrutement. Elles peinent à dénicher des candidats pourtant disponibles.

Il faut bien comprendre que les difficultés de recrutement vont croissant avec la baisse du chômage – mais elles ne l’empêchent pas. Tous les pays qui ont un chômage faible ont des difficultés bien plus fortes.
Bref il n’y a qu’un lien très lointain avec le « chômage structurel ».

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