Imbécile chasse aux "spéculateurs"

Puisqu’il paraît qu’il faut faire la chasse aux dépenses publiques inutiles, un bon candidat serait d’éviter de perdre le temps des services de renseignements pour « lutter contre la spéculation », voire « taper sur les doigts de tous ceux qui se comportent mal ». Ce genre d’actions, de vocabulaire, traduit surtout l’ambiance de Fort Chabrol qui règne au niveau d’un pouvoir politique et administratif européen qui semble incapable de comprendre ce qui se passe.

Le Monde du jour nous gratifie d’un article exemplaire de cette vulgate grotesque qui ne sert qu’à amuser la galerie et détourner l’attention publique des vrais problèmes. Intitulé « la spéculation, ennemi insaisissable de l’Europe » il mérite d’être cité en exemple. Morceaux choisis.

Le principe de la spéculation est simple : agir en anticipant les variations du marché. Concrètement, un trader achète une marchandise non parce qu’il en a besoin mais parce qu’il pense pouvoir en tirer profit plus tard, grâce à la baisse ou la hausse du marché. A la différence de l’investissement, la spéculation permet de rapporter beaucoup et rapidement, mais elle est risquée.

Avec cette merveilleure définition, mon hypermarché Leclerc est un « spéculateur » parce qu’il achète des marchandises dont il n’a pas besoin, mais parce qu’il pense les vendre plus tard avec un profit. La distinction avec l’investissement est savoureuse : faut-il en déduire qu’un investissement ne rapporte rien, ou seulement très tard, et ne fait courir aucun risque? La spéculation, je suppose que c’est comme la chasse, il y a la bonne et la mauvaise…

Précisons : actuellement, la personne qui achète un titre de la dette grecque achète un ticket de loto. S’il a de la chance, il aura acheté quelque chose qui lui rapportera beaucoup plus qu’il ne l’a payé. S’il n’en a pas, que la Grèce fait défaut sur sa dette publique à hauteur de 50%, il aura perdu une grosse partie de sa mise. C’est donc un spéculateur. Mais c’est un gentil spéculateur : la preuve, les dirigeants allemands lancent des campagnes de pub pour inciter leurs concitoyens à le faire. En déclarant la main sur le coeur que jamais la Grèce ne fera défaut, les dirigeants européens ne font tous qu’encourager ce comportement. Celui qui par contre s’inquiète, ce doit être un méchant spéculateur qui « attaque l’Europe ».

Ce mécanisme devient dangereux quand il ne concerne plus une marchandise, mais ses produits dérivés, perdant alors pied avec la réalité de l’économie. C’est le cas avec la Grèce. Quand les agences de notation ont abaissé la note de la Grèce, les investisseurs traditionnels (Sicav, caisses de retraites, mutuelle…) qui avaient souscrit des emprunts d’Etat ont dû prendre des assurances pour se protéger en cas de défaut de paiement du pays. Ce sont les « crédit défault swap », les CDS : plus le risque de défaut de paiement est grand, plus ces assurances prennent de la valeur.

Oui, la spéculation, c’est dangereux à cause des produits dérivés qui « perdent pied avec la réalité ». Parce que les marchandises, elles, ne perdent jamais pied avec la réalité, ou alors, à cause de la spéculation. C’est à se demander pourquoi les prix de l’immobilier en France ont grimpé de 150% entre 1997 et 2007. Quel « produit dérivé » a bien pu causer ce phénomène? La suite est tellement fausse qu’on ne sait pas par où commencer. D’abord les notations à la baisse des agences n’interviennent que bien après que les actifs aient été dépréciés : les agences ne font que suivre le mouvement. Certes, les dégradations de notes des agences obligent souvent des agents à vendre les actifs concernés, mais c’est à cause de la réglementation qui leur impose d’appliquer ces critères dans leurs portefeuilles. En somme, les responsables de ladite spéculation sont les régulateurs qui ont placé les agences de notation au coeur du système. Ensuite, vient l’habituelle rengaine sur les méchants marchés des CDS (oui, je sais, je sais…).

Les spéculateurs tentent alors d’anticiper l’ampleur des risques et, en fonction, achètent ou vendent massivement ces CDS, déréglant alors le marché. Les valeurs sont tirées vers le bas, sur la seule base de prévisions, voire de rumeurs. On appelle cela des « attaques spéculatives ».

Ha, le méchant marché des CDS. Il n’y a qu’un seul problème : C’est très exactement l’inverse qui se produit. Actuellement, le prix des CDS grecs est bas si on le compare à l’évolution du cours de la dette grecque. Ce qui a une implication très simple : aujourd’hui, il est possible d’acheter de la dette grecque, d’acheter des CDS pour se protéger contre le risque de défaut, et de réaliser un bénéfice. En somme, l’existence du marché des CDS aide la Grèce en allant à l’encontre du mouvement de baisse qui intervient sur sa dette – baisse qui ne survient que parce que réglementairement, des gros investisseurs sont obligés de la vendre. Les spéculateurs aident la Grèce! qui l’eût cru?

On a ensuite droit à la vieille scie des méchants hedge funds responsables de la crise des subprimes (alors que les produits titrisés ont été conçus et achetés par les grandes banques entre elles, pour une part significative avec un objectif de contournement de la réglementation…) qui sont aujourd’hui accusés. De quoi exactement? On n’en sait rien. « d’attaquer l’euro »? de s’inquiéter des perspectives des gouvernements et des institutions financières européennes? Mais quand on voit ça, spéculateur ou non, il y a vraiment de quoi s’inquiéter… Et bien sûr, la liste des lieux communs ne saurait être complète sans la traditionnelle allusion à Goldman Sachs, qui a « fabriqué des montages financiers douteux » sur la dette grecque (à la demande du gouvernement grec, mais c’est un détail…). Les rodomontages de Jouyet, à peu près aussi utile à l’AMF que dans son poste précédent, pourraient faire rire si la situation n’était pas aussi tragique.

Il faut attendre la fin de l’article pour qu’enfin un minimum de rationalité fasse jour. Guillaume Duval rappelle que les mouvements sur les marchés, loin d’être le fruit de la manipulation des sinistres gnomes de Wall Street, ne font que rappeler l’Europe à la réalité. Que la Grèce, spéculation ou pas, est dans une situation financière intenable. Qu’on en juge : avec un déficit primaire de 8.5% du PIB, même en annulant totalement sa dette, elle devrait encore subir un plan de rigueur drastique. Que la stratégie des pays européens, qui ne repose que sur des plans d’austérité en pleine crise, et n’apporte aucun mécanisme de soutien à la croissance économique dans la zone, est vouée à l’échec. Faute de ces éléments, et avec la monnaie unique qui empêche les fluctuations de change dans la zone, la seule aide dont puisse bénéficier l’Europe, c’est une dévaluation de l’euro. Loin d’être des « attaques » contre des politiciens paranoiaques et incapables, il s’agit de la seule (et bien maigre) aide dont l’Europe dispose pour se protéger de l’inanité de ses dirigeants.

Certes, c’est humiliant de devoir son salut à une bande de crétins trop payés. Mais cela nous rappelle une autre époque, celle où les attaques spéculatives de Soros avaient fait sortir la livre sterling du SME, humiliant les conservateurs au pouvoir, rapportant un milliard de dollars et une célébrité éternelle à Soros. A l’époque, la France avait résisté aux attaques spéculatives – au prix de la pire récession de l’après-guerre et d’un taux de chômage record à 13%. Les britanniques avaient perdu la bataille contre l’ennemi de la spéculation, mais leur économie s’en est bien mieux portée. Il y a des « victoires » qu’il ne vaut mieux pas remporter.

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Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue

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50 Commentaires

  1. Il est certes humiliant de devoir son salut à une bande de crétins trop payés, surtout quand ceux ci confondent le "b" et le "m"… peut être s’agit il d’un centralien élevé par les bons soins de notre chère République tant décriée!

  2. "Faute de ces éléments, et avec la monnaie unique qui empêche les fluctuations de change dans la zone, la seule aide dont puisse bénéficier l’Europe, c’est une dévaluation de l’euro. Loin d’être des "attaques" contre des politiciens paranoiaques et incapables, il s’agit de la seule (et bien maigre) aide dont l’Europe dispose pour se protéger de l’inanité de ses dirigeants."

    1) Bonne et mauvaise spéculation

    Je me suis demandé en lisant tous ces articles sur la ‘mauvaise spéculation’ s’il était possible de définir une telle notion, malgré mes réticences. Que pensez-vous de la distinction suivante : spéculation sur les actions des acteurs du marché = bonne spéculation ; spéculation sur les actions des politiques = mauvaise spéculation.

    Prenons l’exemple de la dévaluation de l’euro. Si je comprends bien, ça veut dire financement des déficits publics par la BCE. C’est un prélèvement par l’inflation, au lieu d’être un prélèvement par l’impôt ou par la dette. De plus, cela va induire une redistribution des richesses au sein de la population. Si un spéculateur pense que cela va se produire, il peut parier sur la baisse de l’euro et réaliser un gain important.

    Un tel spéculateur est ‘mauvais’ car il ne prélève pas une part du butin (seigneuriage). Il ne réduit pas le prélèvement monétaire. Il s’enrichit au détriment de ses concitoyens qui n’ont pas anticipé la dévaluation, mais le prélèvement monétaire de la BCE reste intact.

    Cette distinction existe-t-elle dans la littérature ?

    2) Regime uncertainty

    L’historien / économiste Bob Higgs a une excellente analyse de la crise des années 1930 où il souligne les conséquences néfastes de l’incertitude sur l’économie. Hoover puis Roosevelt n’avaient pas de direction stable, essayaient les recettes les unes après les autres et réagissaient aux événements. Les dirigeants européens leur ressemblent de plus en plus.
    http://www.independent.org/publi...

  3. "Avec cette merveilleure définition, mon hypermarché Leclerc est un "spéculateur" parce qu’il achète des marchandises dont il n’a pas besoin, mais parce qu’il pense les vendre plus tard avec un profit."

    Il me semble que c’est bien la définition de la spéculation dans le Code de commerce : achat pour revente. Or quelqu’un qui effectue cette activité et qui en fait son activité principale est un … commerçant. Les commerçants seraient donc un groupe complotiste qui auraient pour objectif de ruiner les Etats ?
    Il y a vraiment de quoi s’y perdre.

  4. "D’abord les notations à la baisse des agences n’interviennent que bien après que les actifs aient été dépréciés : les agences ne font que suivre le mouvement."

    D’ou la question que beaucoup de béotiens comme moi se posent, à quoi servent les agences de notation? A chaque fois que je lis un article d’un économiste, il dit la même chose: elles ne font que suivre le mouvement. Alors à quoi bon les utiliser si elles ne font qu’énoncer des évidences?
    En plus, elles dégradent les notes des dettes de certains pays, ce qui fait que ces pays vont devoir emprunter à des taux plus élevés, ce qui va aggraver encore le problème de leurs dettes… J’avoue que je ne comprends pas bien l’intérêt du système.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Elles ont été placées réglementairement au centre du système. Mais plutôt que de changer cela, l’UE envisage d’en créer une de plus. On marche sur la tête.

  5. Il ne faut donc rien faire, laisser faire ? Je suis pour une taxation des mouvements spéculatifs de court terme, qu’au moins ces activités nourrissent un fonds spécial plutôt utile en période de crise.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Faudrait surtout commencer par arrêter les conneries, meilleur moyen d’éviter la « spéculation ».

  6. Merci pour les "agences de notation qui ne font que suivre le mouvement". Je ne savais pas, je croyais qu’elle étaient plutôt à la base du mouvement spéculatif.

    Sinon, le fond de votre article ne me semble pas contester radicalement celui du Monde. Le problème de définition de la "spéculation" mis à part, vous pointez d’intéressants contre-exemples en montrant que c’est d’abord nos déficits qui nous mettent dans le "rouge", sans pour autant réfuter ceux du Monde.

    Oui, la "finance spéculative" (il reste à s’entendre sur le terme) perd régulièrement pied avec la réalité: un trader a provoqué un mini-crack boursier avant-hier en confondant "millions" et "milliard" dans un ordre de vente (source Les Echos), un autre, il y a quelques mois, faisait grimper le cours du pétrole de quelques $ à la suite d’un déjeuner d’affaires "trop arrosé" au cours duquel il avait voulu jouer un "gros coup" (10 millions de $) pour impressionner ses collègues. Et j’entendais hier parler du "flash trading" (Les Echos), cette forme de trading ultra-rapide qui fait gagner quelques millisecondes aux mieux équipés…

    En ce qui concerne la Grèce, il est certain que son déficit abyssal, l’incompétence de ses dirigeants et ses dépenses militaires faramineuses (parmi les plus élevés du monde en terme de dépenses par habitant, semble-il) sont sans doute plus responsable de sa situation que les "montages financiers douteux de Goldmans Sachs".

    C’est toujours le même débat, qu’on retrouvait dans les subprimes: si un banquier véreux prête de l’argent à un taux exorbitant à quelqu’un dont il sait qu’il ne pourra pas rembourser, puis titrise la créance, qui est responsable de la "crise" qui s’ensuit: le ménage, qui a souscrit un prêt sans avoir les moyens? le banquier, qui le savait mais qui a fermé les yeux pour s’enrichir? L’agence de notation, qui a attribué faussement de bonnes notes au produit?

    La seule chose qui me dérange dans cette affaire, c’est que là où l’on plaignais les "pauvres américains qui ont perdu leur logement", on dénonce vertement ces "feignasses de grecs"…

  7. Cet article m’a profondément choqué également et je suis ravi qu’il ait été relevé ici.

    Tout d’abord je ne comprends pas pourquoi une journaliste diplômé en histoire écrit un article sur l’économie… Ca commence à bien faire ces chroniqueurs économiques sortis de nul part et qui fantasment un monde qu’ils ne cherchent même pas à comprendre.

    Sur la teneur de l’article, moi j’ai bien aimé "Les valeurs sont tirées vers le bas, sur la seule base de prévisions, voire de rumeurs. On appelle cela des attaques spéculatives"… "sur la seule base de prévisions"?! Ben, c’est pas le principe des marchés efficients? "On appelle cela des attaques spéculatives"?! J’ai beau chercher dans mes manuels d’économie je ne trouve pas trace de cette notion…

    Enfin, je ne peux m’empêcher de sourire en écoutant les commentaires actuels sur les agences de notation. Il y a quelques mois, certains leur reprochaient d’avoir mal évalué le risque des subprimes en leur attribuant le triple A et aujourd’hui ces mêmes personnes les critiquent car elles pointent du doigt le risque de la dette souveraine grecque. C’est pas un peu contradictoire?
    Quand je vois l’emballement médiatique pour la toute petite dette grecque je me demande ce que ça va être avec le Royaume-Uni dans quelques semaines…

  8. Je confirme que le critère premier de l’acte de commerce est l’intention spéculative de l’achat pour la revente.

    De façon générale, la consommation des entreprises n’est pas destinée à satisfaire un besoin, mais à contribuer à la production de bien et services.

  9. Les agences de notations sont des thermomètres, que l’on se plait à essayer de casser pour nier la fièvre …

    Sur la part "Défense" dans le PIB de la Grèce, il nous sert à faire tourner quelques entreprises en France. Et surtout l’espace aérien grec est violé toutes les deux semaines par la chasse turque, ses eaux territoriales un peu moins souvent par la marine turque et il y a des morts tous les deux ans suite à des incidents. La France, pour maintenir son rang de puissance détentrice d’un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, devrait avoir au moins la même part alloué à la Défense dans son propre PIB …

  10. Une autre chose qui me dérange dans les analyses courantes sur les gouvernements en déficit, c’est qu’on oublie juste que la principale raison de leur déficit, c’est le soutient massif à l’économie par des plans de relance au coût exorbitant… en raison de la faillite des banques.

    C’est ça qui est le plus scandaleux, finalement: l’économie s’écroule en raison de la faillite des banques -en général à cause de leur propre incompétences-, le gouvernement paye les pots cassés, doit relancer massivement l’économie, aggrave énormément un déficit déjà colossal… et les marchés de regarder les gouvernements en rigolant: "regardez ces imbéciles, incapables de gérer les fonds publics! Mais regardez-les, tellement endettés! C’est scandaleux, ma bonne Dame. N’allez donc pas prêter un sou à ces politiques du dimanche, placez plutôt votre épargne chez Damoff, c’est un nouveau placement sûr et très rentable…"

  11. Les agences de notation font le boulot qu’on leur a demandé de faire : donner une note à un produit financier. Si elles estiment qu’à un temps T, la Grèce est dans une situation dangereuse car elle a trompé l’ue sur ses comptes, les agences de notation ne pourront pas le savoir puisqu’on a tous les mêmes chiffres.
    Ensuite, tout comme quand on fait un emprunt à sa banque, le taux d’intérêt dépend du risque que prend la banque à vous prêter. Si telle agence dit que vous risquez de ne pas rembourser, le taux d’intérêt sera important.
    S’il n’y avait pas d’agences de notation, cela serait le département "notation des produits financiers" des banques qui le ferait et je doute qu’ils publierait les résultats comme le font les agences : le système serait sans doute encore plus opaque.
    Le problème étant surtout : je n’ai pas acheté de la dette grecque MAIS je peux tout de même acheter des CDS grecques. Donc je ne me protège pas contre un défaut de paiement vu que je n’ai aucun investissement dans le bien auquel je m’"assure". Dans ce cas, j’ai bien intérêt à ce que la grèce fasse défaut comme ça je me ferai un paquet de fric sur son dos! Si c’est normal ça, alors je comprends pas 🙂
    Sachant qu’au 20 avril, le taux d’intérêt grecque à 5 ans était à 7.7% et le prix d’un CDS valait 470$, aujourd’hui, le taux d’intérêt est à 14.7% et le CDS à 940$.
    Je pense plutôt que les CDS suivent plutôt bien la tendance en réalité…
    http://www.bloomberg.com/apps/cb...
    http://www.bloomberg.com/apps/cb...

    Cdt,

  12. Cet article du Monde m’avait aussi interpelé par sa médiocrité.

    Il me paraît révélateur de l’incompréhension profonde de l’économie par notre société. La spéculation n’est pas une cause de quoi que ce soit, mais une manifestation contingente des règles qui régissent le système.

    Accuser le ‘méchant’ spéculateur est un rideau de fumée créé par le pouvoir pour masquer son incurie/sa duplicité et bien relayé par des médias servils/incompétents.

  13. Mon hypermarché est un spéculateur, mon concessionnaire automobile aussi, tous les commerçants en fait…

    Et puis un titre de dettes c’est pareil qu’un ticket de loto, les deux rapportent un taux fixé d’avance qu’on n’est pas sûr d’empocher et dans les deux cas je peux également perdre ma mise…

    Désolé, je me suis arrêté là, et les commentaires sur les agences de notation m’ont conforté dans mon choix: J’ai failli mourir de rire!

    Mais je ne suis pas un expert, j’allais dire:"heureusement!"

  14. On a évoqué des ventes à découvert massives sur les titres de la dette grecques par des gros opérateurs (Goldman Sachs notamment).
    Ne pensez-vous pas que cela a eu un impact ? Le fameux principe des "prophéties auto-réalisatrice" ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    « On » raconte souvent n’importe quoi.

  15. @Alexandre Delaigue (en réponse à Pierre)

    Alors, comment expliquer que les taux auxquels les marchés prêtent à la Grèce ait doublé en quelques semaine (jours?), alors que la situation objective de ce pays n’a pas varié d’un pouce entre temps?

    On se serait aperçu d’un coup de la dette grecque? ("ah bon! Les Grecs sont endettés! Mais vous m’en apprenez une bonne, M. Paulson!")

    Les agences de notation ne font que suivre le mouvement… qu’elles contribuent elles-mêmes à lancer. A 5% ou 6% sur les marchés, la Grèce s’en sortait peut-être. A 14 c’est impossible. Et les gouvernements, de jurer la bouche en coeur qu’il n’y aura pas de défauts de paiement, c’est "impossible" (et DSK d’en rajouter une couche, se disant "admiratif" des efforts grecs). C’est le nouveau leitmotiv: "rassurer les marchés".

    Impossible n’est pas grec. Bizarrement, les marchés ont du mal à croire cette version. Incroyable, non?

  16. Votre article est aussi faible que celui du Monde.
    Néanmoins, il y a tout de même quelques point corrects dans votre article surtout celui sur les agences de notation. Vous avez raison le principale problème est réglementaire: c’est celui d’avoir forcé leur utilisation dans un certain nombre de cas (genre caisse de retraite).

    Malheureusement votre ‘attaque’ sur la définition de la spéculation (agir en anticipant les variation du marché) (qui est également presque copier collé celle du petit Robert: "opérations financière ou commerciale qui consiste à profiter du marché en anticipant l’évolution du prix (d’une marchandise d’une valeur) pour réaliser une plus-value") est aussi ridicule qu’inquiétante provenant d’un économiste.

    Ainsi vous écrivez: "Avec cette merveilleure définition, mon hypermarché Leclerc est un "spéculateur" "
    Mais qu’allez-vous chercher là? Leclerc n’anticipe aucument une variation du prix de marché. Bien au contraire. Il achète un litre de lait 1 euro et va la vendre 1.5 euro (ce qui parait ses dépenses et récompensera ses efforts et son capital par un profit) car il sait que le prix du marché du prix du lait est STABLE et peu variable pendant la durée du temps où il aura le lait en inventaire. Si la variation devient importante, son but ne sera pas de profiter de la variation mais cherchera à s’assurer d’éviter une perte par de nombreuses mesures (réduction du temps de possession, prime de risque incluse dans le prix, etc). Leclerc fait exactement le contraire d’un spéculateur SELON CETTE DEFINITION. Vous semblez n’avoir rien compris (ou feignez peut-être l’incompréhension) ou vous vous amusez dans une rhétorique stérile très à la monde dans les plateux de TV, signe des temps spéculatifs déconnectés de la réalité dans lesquels nous vivons…

    Deuxième stupidité de votre part:Vous écrivez:

    "Oui, la spéculation, c’est dangereux à cause des produits dérivés qui "perdent pied avec la réalité". Parce que les marchandises, elles, ne perdent jamais pied avec la réalité, ou alors, à cause de la spéculation. C’est à se demander pourquoi les prix de l’immobilier en France ont grimpé de 150% entre 1997 et 2007. Quel "produit dérivé" a bien pu causer ce phénomène?"

    Pour votre information: les produits dérivés perdent pied avec la réalité parce qu’il n’est nullement nécessaire qu’il y ait un produit réel sous-jacent. Ainsi Leclerc vend un litre de lait: produit réel. Il peut émettre un produit dérivé qui consiste en un "bon pour recevoir un litre de lait". Si ce litre existe dans un autre entrepôt pas de problème avec la réalité. Mais son produit dérivé n’a NULLEMENT besoin que son litre existe ailleurs. De fait, il pourrait vendre 1 trillion de "bons pour recevoir un litre de lait" et tout va bien si personne ne réclame le lait sous-jacent. Mieux (pour ses revenus!) il pourrait commencer une bourse des bons-lait de Leclerc et partir un Leclerc Milk Hedge Fund qui prendra 2% par année de la valeur + 20% des profits. Très rapidement, il s’enrichira et pourra fermé tous ses magasins (et ne conserver peut-être que ceux en Chine….) pour se concentrer sur ses produits à "plus haute valeur ajoutée" = Leclerc Milk Hedge Fund. Les français pourront dormir en paix en accumulant des milliers (voir millions) de bons de lait Leclerc ce qui leur assure (?) de pouvoir avoir assez de lait pour toute leur vie, assurance qu’il estimeront certainement utile dans les temps incertains que nous vivons. Mais là où le bas blesse est ceci: le bon de lait Leclerc est un produit dérivé. *IL N’Y A PAS DE LAIT LECLREC DANS LES QUANTITES REQUISES CORRESPONDANTES*. Les français (et les grecs…) dorment sur RIEN DU TOUT (pensez aussi pensions…). C’est *pourquoi* il est DECONNECTE de la réalité.

    Maintenant pour reprendre votre exemple.
    La marchandise elle n’est pas deconnectée de la réalité. Si vous l’achetez vous l’avez. Le *prix* peut être soumis à des variations spéculatives, mais la *marchandise* elle est réelle. Le *prix des maison* bondis de 150% mais les *maisons* EXISTENT. C’est cela la DIFFERENCE FONDAMENTALE avec le produit dérivé.

    Dans les commentaires quelqu’uns se plaignait que le journaliste du Monde ne soit pas économiste. La réalité est que cela n’aurait rien amélioré, bien au contraire. Qu’on lise Daigle, Krugman ou Greenspan (qui écrivait avant la crise: "The use of a growing array of derivatives and the related application of more-sophisticated approaches to measuring and managing risk are key factors underpinning the greater resilience of our largest financial institutions" (Greenspan, May 2005) …) juste avant que toutes les grandes institutions financières s’écroulent et sans remettre tous à l’Etat américain, on n’est qu’éffaré de la méconnaissance qu’ont les économistes de la vie réelle des affaires et de la vie économique (dû à l’aveuglement par une "élégante" théorie malheureusement déconnectée de lien avec la réalité, particulièrement en ce qui a trait à la macro-économie)

    On doit leur préférer les écrits d’hommes d’affaires ou d’investisseurs réels (non spéculateur). Bien entendu, effectivement, je prêche pour ma paroisse…

    Les hommes d’affaires peuvent vous nourrir. Les spéculateurs et les économistes (dans l’état actuel de cette (pseudo-)"science") ne savent que vous ruiner. Excusez, je suis un peu trop direct, mais des fois il faut les choses comme elles sont

  17. Dans un genre voisin, impossible de ne pas relever la déclaration de cet homme politique français, qui voyait dans les trois victimes de l’incendie de la banque athénienne les premiers "morts de la spéculation". Habituelle rengaine de l’extrême-gauche visant à décharger les incendiaires de leur responsabilité ? Besancenot, Mélanchon, les mânes de Bensaïd ? Évidemment non : Pierre Lellouche, UMP, secrétaire d’État aux affaires européennes ; c’est là : http://www.france5.fr/c-a-dire/i...

  18. Une dévaluation de l’euro? Ça craint ! Est-ce qu’on va vraiment vers un ça?

  19. @ Vianney

    Je ne comprends pas trop ta logique. Si tu considères que la Grèce peut faire défaut, c’est normal que les taux montent, non? Rassurer les marchés, c’est pour faire baisser les taux lors des futures émissions.

    Plus généralement, ce à quoi on assiste c’est aux conséquences du transfert de la dette privée dans le giron public. Ce qu’on a appelé des "plans de relance" n’étaient pas du tout fait pour relancer la consommation à la sauce keynesienne (d’ailleurs la conso n’a pas faibli en France) ou l’investissement comme on a pu le lire mais pour faire supporter la dette par des acteurs supposés plus solides, les Etats. Forcément ceux qui ont les épaules les plus frêles (i.e. couple deficit public/dette publique; Grèce, Espagne, et bientôt Royaume-Uni) paient les conséquences de cette décision économique. A mon avis, les états vont encore supporter cette dette le temps que le privé se refasse une santé puis vont la renvoyer dans le privé.

    Scénario plausible pour la zone euro… mais pas pour les Etats-Unis. Je les vois plutôt éroder leur montagne de dettes par l’inflation, vu le niveau d’épargne et les prix de l’immobilier.

    A noter que dans ma logique, le plus malin des dirigeants politique est… Berlusconi. Il a vu (certainement conseillé par les brillants économistes italiens qui sont pour moi les meilleurs du monde) que l’Etat italien ne pouvait pas se permettre ce transfert étant donné son niveau d’endettement. Résultat, le secteur privé a su s’en sortir tout seul (merci la mafi… euh le capitalisme patriarcal), le déficit public n’a pas explosé et, malgré l’offensive médiatique, sa situation est assez saine.

  20. @ Schmorgluck et Alexandre Delaigue : je ne sais pas d’où Jean Quatremer sort ses chiffres, mais j’en ai d’autres. Selon la CIA ( http://www.cia.gov/library/publi... ), on a 4,30 % pour la Grèce (pour comparer : USA -> 4,06 % et Allemagne -> 1,50 %). Et, dans le prolongement de ce que l’on peut entendre sur les ventes d’armes françaises et allemandes à la Grèce, cet article qui tend à démontrer que la course aux armements en mer Égée est encouragée de l’extérieur est intéressant : fas.org/asmp/profiles/gre…

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Oui j’avais relevé depuis cette multiplicité de chiffres. Cela dit le chiffre du CIA WF ont 5 ans, cela a pu changer depuis. Sur les pressions envers la Grèce pour continuer d’acheter de la camelote, cela ne date pas d’aujourd’hui, Bloomberg l’avait évoqué il y a des mois (ca doit trainer sur mes posts twitter).

  21. M. Delaigle, on aimerait que vous donniez (au moins) une raison lorsque vous ne publiez pas les commentaires qui réfutent vos billets. Ce ne serait que fair play. Vous vous plaisez à attaquer les articles du journaliste du Monde, plutôt méchamment et avec des arguments ridicules, mais vous refusez par contre que l’on réfute (aisément) votre argumentation. Votre crédibilité s’effondre. Je vais décrire sur d’autres blogs votre comportement pour que les gens sachent de quoi vour retourner, à moins que vous ne corrigiez le tir et publiez mon précédent commentaire.
    Bien à vous.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Oui, il y a une raison : je lis les commentaires avant de les poster. Et quand ils sont longs, ça prend du temps. Surtout quand c’est un dimanche, et que j’ai autre chose à faire. Et puisque vous avez envie d’être désagréable, je crois que je ne vais pas me presser.

  22. @bqlou :

    Si vous achetez un CDS, c’est que quelqu’un vous le vend.

    Pourquoi donc ? Parce qu’il croit que la Grèce remboursera ses dettes, et qu’il est prêt à assumer sa conviction..

    Plus ces gens seront nombreux, plus votre CDS sera bon marché ; moins ils seront nombreux et plus vous paierez cher votre assurance.

    En conséquence, le fait d’acheter une CDS sans sous-jacent n’a rien d’immoral, puisque vous le payez d’autant plus cher que l’opinion dominante est que la Grèce fera défaut.

    @ Alexandre Delaigue :

    Une condition de la "mauvaise" spéculation ne peut-elle pas se trouver dans la part totale des transactions qu’elle représente ? dans le faible nombre des acteurs impliqués ?

  23. @Berg

    Ma logique est celle-ci. Alexandre prétend dans cet article que la chasse au spéculateur est "imbécile". En soi, il n’a pas tord, car à trop s’acharner sur les spéculateurs, on en oublierais les autres raisons de la dette grecque: budget militaire faramineux, gabegie et fraude fiscale à tous les étages, hypertrophie du secteur public…

    Cependant, j’ai peur que dans la rhétorique d’Alexandre Delaigue se cache un "arrêtons d’accuser les marchés, ils n’y sont pour rien, c’est la fautes à ces feignasses de grecs" (Je ne prétends pas que c’est ce qu’il affirme, j’extrapole ce que j’entends ici ou là).

    Or, les "marchés" sont aussi responsables de la dette grecque. Le problème que je soulignais était le suivant: comment se fait-il que le taux auquel la Grèce pouvait emprunter sur les marchés a doublé en si peu de temps, alors que:

    1-Tout le monde connaissait la situation grecque depuis belle lurette
    2-Celle-ci n’a pas varié entre le moment où elle pouvait emprunté à 6% et celui où elle pouvait emprunter à 14.

    Ma conclusion est la suivante: comme souvent, les agences de notation et les traders du dimanche participent eux-mêmes au supposé effondrement du pays qu’il critiquent par ce que Pierre (commentaire 15) qualifiait de "prophétie auto-réalisatrice"). Je suis une agence de notation, je dis que la Grèce est dans une situation catastrophique, je fais passer sa note à BB+ (fonds pourris). Du coup, les marchés s’affolent, les taux pour les grecs explosent, et la situation grecque devient encore plus catastrophique. Vous suivez?

    Et comment oublier que l’endettement des gouvernements résulte du soutient massif à l’économie, soutient qui a dû se produire parce que lesdits marchés ont fait n’importe quoi à grands coups de titrisation, de spéculation à court terme, de flash-trading et d’erreurs (bah oui, confonde millions et milliards, ça arrive à tout le monde non?)

    Bref, ce n’est ni "la faute au spéculateurs" ni "la fautes aux grecs", c’est surtout un peu des deux. Mais je plains la jeunesse grecque. 20 ans, et aucun autre avenir que le chômage ou la précarité, pendant que les grandes banques annoncent des bonus records. Malheureusement, il ne faut pas s’étonner que certains en viennent à vouloir brûler des banques.

  24. La différence entre bonne et mauvaise spéculations, c’est pas tout simplement la différence entre un placement à long terme et un placement à court terme ? Mais c’est sûrement trop simple…

  25. L’Allemagne a proposé dimanche soir la mise sur pied d’un vaste plan d’aide financier pouvant être utilisé pour les pays de la zone euro, d’un montant total de 500 milliards d’euros et impliquant le FMI, a indiqué à l’AFP une source diplomatique européenne.

    http://www.romandie.com/ats/news...

    Un plan d’aide de 500 milliards d’euros, et impliquant le FMI ?

    Mais avec quel argent ?

    Où vont-ils trouver ces 500 milliards d’euros ?

    Et qui va payer ?

    C’est encore un coup de bluff pour essayer de rassurer les marchés.

  26. Je ne comprends pas trop votre parallèle entre l’hypermarché et le spéculateur. A priori, quand Leclerc achète du lait c’est pour le revendre assez vite et un peu plus cher, y intégrant ses coût fixes et une marge amenant effectivement à un profit. Il ne va pas attendre que le marché du lait baisse pour le revendre !? Au contraire, il me semble qu’il cherche même à négocier des prix (le plus bas possible, mais c’est une autre histoire) pour s’assurer un prix stable. Bref, le contraire de l’attente d’un spéculateur. Où fais-je erreur?

  27. Excellent post, Alexandre! Heureusement il y a encore des gens qui pensent, en Europe (mais hors des journaux et des gouvernements, apparemment…)

    @Berg
    Votre raisonnement a une faille: les marchés ne réagissent pas à la situation d’aujourd’hui. Le prix représente une anticipation de l’avenir. Quand les investisseurs achètent une obligation à 3 ans ou un CDS de même maturité, se demandent surtout comment la situation va évoluer sur cette période.
    Donc, oui, l’économie grecque n’est pas fondamentalement différente aujourd’hui d’il y a 6 mois, mais les perspectives d’avenir le sont. L’annonce par le nouveau gouvernement en octobre 2009 que le déficit avait été ‘par hasard’ sous-estimé de moitié, sa réticence pendant les 3 mois suivants à prendre des mesures ou faire appel au FMI, puis finalement le capharnaum européen dont ce week-end a été le dernier acte, ont peu à peu détruit la confiance accordée à la Grèce.

    Désolé d’être assez critique mais la vision des marchés comme une coalition d’agences de notation et de banques anglo-saxonnes ayant juré la perte de l’Europe est assez navrante. Si on peut critiquer les agences c’est surtout pour leur trop grand laxisme vis-à-vis de certains pays. Quant aux banques il faut cesser d’avoir une vision totalement disproportionnée de leurs activités de trading sur comptes propres. La plupart du temps leur métier ne consiste qu’à exécuter les ordres de clients. Pour mieux comprendre les réactions des marchés qui vous paraissent si folles ou si malintentionnées, je vous suggère d’acheter dès aujourd’hui une bonne quantité d’obligations grecques. Au prochain coup de semonce, ou aux prochaines inepties européennes, on verra bien si vous restez ‘fidèle’ à ce pays ‘ami’, au risque de vos économies. Les investisseurs qui agissent sur les marchés obligataires ne sont pas différents.

    Globalement, je pense que le message d’Alexandre n’était pas "les marchés sont parfaits, circulez y a rien à voir", mais plutot, cessons la politique de l’autruche! Les dirigeants se lancent dans une ridicule chasse aux sorcières susceptibles d’aider leurs visées électorales, et négligent totalement les questions de fond, plus douloureuses : "l’expérience de la monnaie unique est-elle historiquement un échec?" et "si oui, que faire?". A la place, on est partis pour laisser pourrir la situation quelques mois de plus, compromettant chaque jour un peu plus nos chances d’en sortir à long terme…

  28. ]Ron Sowell "Si on peut critiquer les agences c’est surtout pour leur trop grand laxisme vis-à-vis de certains pays"

    Mais elles ont le laxisme calculé, les agences…

    Standard & Poor’s notait encore AAA la banque Lehman Brothers quelques jours avant sa faillite. Elle notait également AAA le courtier en énergie Enron, quatre jours avant sa chute. La plupart des actifs toxiques liés aux subprimes étaient notés AAA.

    N’y voyez aucune trace d’un conflit d’intérêt. Paulsson, par exemple, n’a JAMAIS dirigé Goldman Sachs avant de préparer le plan de soutien aux banques. C’est de la propagande communiste.

  29. Désolé, il ne fallait pas lire "@Berg" mais "@Vianney" (suite à sa réponse à Berg.

  30. La Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon interviennent massivement. La Banque du Japon avait déjà injecté 2.000 milliards de yens dans le circuit bancaire vendredi 7 mai. Lundi 10 mai, la Banque du Japon a de nouveau injecté 2.000 milliards de yens supplémentaires.

    Quant à la Banque Centrale Européenne, combien de centaines de milliards d’euros va-t-elle injecter dans le circuit bancaire ?

    Combien de centaines de milliards de dette souveraine grecque va-t-elle acheter ?

    Combien de centaines de milliards de dette souveraine portugaise va-t-elle acheter ?

    Combien de centaines de milliards de dette souveraine espagnole va-t-elle acheter ?

    L’opération "Orouboros" a commencé.

    Lisez cet article :

    "la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé des mesures exceptionnelles sur le marché des titres obligataires des Etats et celui des changes.

    L’institut monétaire a indiqué qu’il allait d’abord "mener des interventions sur le marché obligataire privé et public de la zone euro" afin de mettre fin aux "dysfonctionnements" constatés, sans préciser immédiatement quelles formes ces opérations prendraient.

    La BCE a aussi annoncé des mesures pour faire face aux difficultés des banques de la zone euro à s’alimenter en dollars, en facilitant leur approvisionnement, via une action concertée avec les banques centrales des Etats-Unis, du Canada, d’Angleterre et de Suisse.

    La Banque du Japon, qui pourrait s’associer à cette initiative, a pour sa part injecté 2.000 milliards de yens (16,7 milliards d’euros) dans le circuit bancaire nippon pour la deuxième journée consécutive, afin de détendre les conditions d’accès au crédit."

    (Dépêche d’agence)

  31. Le lien entre spéculation économie et politique
    est exploré dans le dernier post d’econtroverse
    ("it takes two to tango").
    Si vous appréciez econtroverse, n’hésitez pas à le référencer. Notre blog est tout récent. Il tente
    d’éclairer franchement sur la finance de l’intérieur (d’où l’anonymat). Econtroverse est rédigé par d’anciens économistes passés par la recherche académique.

    Merci pour votre soutien.
    Nous ne manquerons pas de référencer econoclastes, que nous lisons depuis longtemps, dès que notre rubrique de liens sera au point.

  32. @Alexandre

    Est-ce que la prévision du défaut de paiement de la Grece est maintenue, vu la réaction des gvts européens pour défendre l’euro ?

    En passant, l’activité de celui qui vend des CDS sur la dette grecque, dans le cas cité, à un prix favorable à la Grece, elle correspond plutôt à la définition de l’arbitrage, remédiant à l’insuffisance de la liquidité d’un marché, et non à la définition de la spéculation. Car c’est bien d’une insuffisance de liquidité du marché qu’il s’agit: le marché pense que les obligations grecques valent un peu plus que cela, mais il ne peut les acheter à ce prix, parcequ’il y en a subitement trop qui sont vendues, à cause de la conséquence réglementaire de la dégradation de la notation.

  33. Oui. Certes. La diabolisation naïve (ou intéressée) des "spéculateurs" est à dénoncer. Mais vous jetez le bébé avec l’eau du bain.

    Vous être en train de nous expliquer que les trafiquants de drogue ne pourraient pas vivre s’il n’existait pas de drogués. C’est tout à fait exact. Mais cela ne doit pas nous empêcher de dénoncer les trafiquants de drogue.

    Il y a quelque chose de malsain et de nocif dans le fonctionnement de la finance contemporaine, qui est effectivement très largement déconnectée de l’économie réelle.

    Ce n’est pas parce que les gauchistes et les anti-libéraux le disent que c’est faux.

    Hitler aimait beaucoup la musique classique et Elisabeth Schwarzkopf. Il en faudrait plus pour m’inciter à cesser d’écouter Elisabeth Schwarzkopf et à brûler ma discothèque.

  34. @Vianney

    Entièrement d’accord avec vous sur le laxisme des agences lors des crises passées (Enron et subprime). Je soulignais juste qu’il était ironique de les juger trop laxiste quand il s’agit de Lehman ou Bear (a juste titre) mais trop agressives avec les ‘pauvres’ pays européens.
    Soit dit en passant, puisqu’on est sur le thème de l’équité: plusieurs dirigeants d’Enron sont actuellement en prison pour avoir truqué les comptes de l’entreprise… Quand est-ce que les 2-3 précédents premiers ministres grecs seront jugés?

  35. bonjour,

    je reste perplexe sur la comparaison entre hypermarché (commerçant au sens large si j’ai bien compris) et traders, les deux étant des spéculateurs car ils répondent à cette définition.

    Du point de vue que j’en avais, les commerçants (donc l’hypermarché), même s’ils achètent pour revendre plus cher ensuite, ont une part de valeur ajoutée. Ne serait-ce que celle de transporter les marchandises vers des zones locales et les présenter sous forme adaptées pour être acheter par plusieurs milliers de personnes par jour.

    Quelle valeur ajoutée les traders fournissent-ils ?
    à part une valeur ajoutée temporelle, le produit de sortie est exactement le même que le produit d’entrée.
    Je vois plus les traders comme des antiquaires. Ils achètent des produits suivant un contexte et une bonne connaissance des prix, en pariant sur une augmentation du prix du même produit plus tard. Ils anticipent aussi une demande, sans la connaître réellement. Ce qui est le contraire de l’hypermarché qui fait d’abord une étude sur la demande avant d’y consacrer un rayon et en acheter.

    Ainsi, le mauvais spéculateur serait celui qui revend ce qu’il a acheté, sans y apporter de valeur ajoutée.
    (NB. je me dis que les traders revendant plus cher un produit identique ont bien une VA positive, mais j’ai du mal à considérée une VA temporelle, même s’il doit être aisé de trouver des exemples de la vie quotidienne qui ont cet équivalent)

  36. "Quelle valeur ajoutée les traders fournissent-ils ?"

    Ceci est interessant. Imaginez l’ancienne URSS ou l’on doit decider, collectivement, si l’on fait des generateurs electriques ou des chars. Dans la logique de la Kremlinologie, la decision se prend par un "bargain" politique entre le ministere de l’industrie et celui de l’armee.

    Dans une economie de marche, une entreprise qui veut se financer doit aller sur le marche pour demander des fonds qu’elle emprunte. Or, les fonds ne sont pas illimites, donc il faut qu’elle offre une rentabilite. La mission d’un trader est de decouvrir cette rentabilite en recherchant de l’information. Il "speculent" ainsi que les actifs qu’il achete valent moins de ce qu’il vaudrait autrement; du meme coup, il "revele" cette information qui fait monter le prix. Et si les choses marchent correctement -ce qui est assez souvent le cas-, les flux d’epargne vont jusqu’au investissements les plus profitables du point de vue social- les entreprises qui font le plus de profit parce qu’elles produisent a un moindre cout. Alors que l’hypermarche fournit un service de, disont, "transport", le trader produit de l’information et de la planification.

    Par ailleurs, un trader fournit de la liquidite au marche (l’existence de beaucoup de traders fait que vous pourrez toujours vendre vos actifs sans avoir a les brader); si un marche est liquide, les couts d’emprunter seront moindre -et ceci est "de la valeur ajoutee".

  37. Voici ce qui a été décidé lundi 10 mai 2010 :

    – 1- Première étape : les Etats d’Europe du sud doivent emprunter sur les marchés internationaux des centaines de milliards d’euros.

    – 2- Deuxième étape : les banques privées achètent ces obligations des Etats d’Europe du sud. C’est le marché primaire. Pour pouvoir acheter ces obligations, les banques privées empruntent à la Banque Centrale Européenne à un taux très faible : les banques privées empruntent à 1 %.

    – 3- Troisième étape : la Banque Centrale Européenne va racheter aux banques privées ces obligations des Etats d’Europe du sud. C’est le marché secondaire.

    – 4- Bilan de l’opération :

    – Les banques privées vont gagner des milliards d’euros.

    – La Banque Centrale Européenne va devenir une gigantesque fosse à merde.

    – Dans le bilan de la Banque Centrale Européenne, les obligations pourries des Etats d’Europe du sud seront stockées pendant des années.

    – Les CONtribuables paieront la facture.

    – CONtribuables, préparez vos chéquiers.

  38. Citoyen ne comprend pas grand chose au monde de l’investissement.
    C’est mon domaine. J’explique.

    "La mission d’un trader est de decouvrir cette rentabilite"
    Confusion totale de sa part: ce n’est NULLEMENT la mission d’un trader/spéculateur
    Ce qu’il vient de décrire est la mission d’un INVESTISSEUR.
    Un trader est plus intéressé par le SENTIMENT du marché. Il est plus intéressé par les rumeurs du moment. Il sait qu’elles soient vraies ou fausses, cela n’importe nullement. L’important est: vont-elle affecter les prix affichés dans les secondes qui suivent leur apparition sur le Bloomberg. Il doit réagir immédiatement.

    "Il "speculent" ainsi que les actifs qu’il achete valent moins de ce qu’il vaudrait autrement"

    C’est le rôle encore une fois de l’investisseur. Le terme spéculation est incorrectement utilisé (dans la terminologie maintenant plus que centenaire). Le terme: "prend un risque calculé" conviendrait mieux.

    L’activité DIFFERE par son lien avec la réalité de la valeur des produits sous-jacents:
    1) le spéculateur spécule seulement sur l’évolution à court terme du prix basé sur l’émotion, la rumeur, le trend graphique, une déclaration de guru, ou tout autre facteur sans lien avec la valeur réelle du produit sous-jacent. Tous les traders expérimentés savent parfaitement ignorés la réalité sous-jacente, dangereuse distraction.
    2) l’investisseur prend un risque calculé sur une réalité concrète: la possibilité de profit future d’une compagnie basé sur sa position compétitive, sa gestion, ses produits, etc. Cela nécessite une recherche approfondie.

    "Et si les choses marchent correctement -ce qui est assez souvent le cas-, les flux d’epargne vont jusqu’au investissements les plus profitables du point de vue social-"

    Bravo! C’est parfaitement correct dans le cas des investisseurs. C’est ce qui fait la fortune des pays capitalistes en temps normal!

    Exactement l’inverse pour les spéculateurs: les "investissements" sont (très) MAL-orientés par des rumeurs (parfois même "créées" de toute pièce pour la cause) et peuvent parfois avoir des effets catastrophiques à moyen ou long-termes.

    "Par ailleurs, un trader fournit de la liquidite au marche"

    La liquidité est d’une importance capitale pour un trader. Elle ne l’est PAS beaucoup pour un investisseur véritable. Vous reproduisez la propagande traditionnelle des traders.

    "si un marche est liquide, les couts d’emprunter seront moindre"

    C’est parfaitement faux (encore la propagande de trader), mais vous n’êtes pas le seul à ne pas le savoir.
    La vérité est: "si un marché est liquide (grâce aux traders), les couts d’emprunter sont augmentés car une partie de la plus-value de l’échange provenant de la différence de valeur du produit entre l’acheteur et le vendeur est captée par le trader, en échange d’une liquidité."

    Autrement dit: l’investissuer PAIE le trader pour la liquidité ce qui augment son coût d’emprunt.

    Keynes a écrit un très très beau chapitre dans sa "Théorie générale…" sur la différence entre spéculateur et investisseur et l’importance cruciale qu’il y ait dans un marché une prépondérance d’investisseur (ce qui n’est probablement plus le cas présenement).

    Je vous recommande de lire ce chapitre attentivement : c’est aussi d’actualité que si cela avait été écrit hier et vous expliquera encore mieux que moi vos erreurs.

  39. Ouf !!! Après une semaine de dîners en ville où il y a toujours le raseur de service pour tonner contre les spéculateurs (mais sans très généralement n’en rien connaître), je suis reconnaissant à mon blog préféré (enfin, un de mes blogs préférés…) de remettre une fois de plus les choses au point.
    Merci !

  40. @ GregF: "Quelle valeur ajoutée les traders fournissent-ils ?"

    En complément de citoyen, j’ajouterais qu’en cherchant le bon prix "toute nouvelle égale par ailleurs", ils tendent à le rendre plus stable (à supposer que la politique monétaire ne s’en mêle pas… ).

    La stabilité des prix aide les entreprises à planifier leur activité.

  41. @l’ami du laissez-faire

    sur: trader => stabilité des prix

    C’est de l’ironie ou du premier degré ?

  42. A l’ami du laissez-faire:
    " j’ajouterais qu’en cherchant le bon prix "toute nouvelle égale par ailleurs","

    Justement, un spéculateur NE CHERCHE PAS le bon prix! Ca c’est ce qu’un investisseur fait!
    Un spéculateur cherche seulement à trouver un autre spéculateur qui achetera plus cher l’action qu’il vient d’acheter il y a une seconde passée. Que le prix soit ridicule ou pas, il s’en fout. L’important est quelqu’un d’autre va-t-il acheter plus cher très vite OUI ou NON. Son produit peut une action, un produit dérivé qu’il ne comprends pas et qu’il n’a aucune idée de ce qu’il y a dedans: cela est tout-à-fait sans importance pour lui. Bien entendu ils jouent tous la comédie en faisant mine de bien connaître ce qu’ils achètent ou vendent, mais en fait ne font que répétez le oui-dire du jour. D’une seconde à l’autre on passe de l’euphorie "tout est fantastique" à un mine grâve et soucieuse prevoyant des choses "terribles". Cela met un "climat" utile pour la revente et crée de l’excitation propice aux réactions émotives et aux réflexes conditionnés d’achat et vente

  43. "Trader", cela peut dénommer deux activités bien diffèrentes:

    -celui qui sert d’intermédiaire entre deux parties. Il fait de l’arbitrage entre deux places de marché par exemple, ou bien, s’il est teneur de marché, il fait le relais entre le client pressé et sa contrepartie qui se trouve temporairement absente. Dans l’hypothèse où il ne cherche pas à rouler ses clients, ce trader intermédiaire est comparable à Leclerc, le célèbre intermédiaire entre la vache laitière et le frigo de la ménagère.
    -d’autre part, il y a le trader dont la première maxime est "Trend is your friend". Celui là est le premier facteur de volatilité des cours, puisqu’il va amplifier tous les mouvements. On ne peut pas vraiment arguer qu’il accéllérerait la découverte du "vrai prix", puisque son action accélère tous les types de mouvements, qu’ils soient irrationnels ou motivés par les fondamentaux (et dans ce dernier cas, l’avantage de la rapidité se paiera d’un overshoot). Bref ce trader là est sans conteste un nuisible.

    Tant que vous emploierez le même mot pour ces deux choses différentes, la discussion tournera en rond.

  44. J’ai l’impression qu’on essaye de savoir ici qui sont les bons (les investisseurs) et les méchants (les spéculateurs).

    Ne peut on pas voir le problème différemment:
    Le problème n’est il pas qu’aujourd’hui quelqu’un qui veuille investir un capital ai l’impression que cela soit beaucoup plus facile et rentable à cours terme de spéculer que d’investir ?

    Je précise :
    Spéculer : Acheter quelque chose sur les marchés financiers en espérant faire un gain sur sa variation. Les gains potentiels sont énormes et ce à cours terme. Les frais sont ridicules : avoir un ordinateur, s’informer sur les tendances sur le net, payer des commissions (ridicules par rapport aux sommes investies)

    Investir : Investir une somme dans une entreprise (au sens large du terme) en pariant sur sa réussite pour en tirer un bénéfice. Les gains sont incertains et à espérer souvent sur le long terme. Les frais sont conséquents : Il faut se renseigner souvent par soi même sur l’entreprise et l’on peut se retrouver avec des frais de déplacements voire de personnel pour assurer le suivi. Les choses sont encore plus complexe si l’on effectue soi même l’entreprise !

    Je ne suis pas du tout économiste, j’attends vos éclairages !

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