{"id":7704,"date":"2012-02-07T04:18:43","date_gmt":"2012-02-07T04:18:43","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=1704"},"modified":"2012-02-07T04:18:43","modified_gmt":"2012-02-07T04:18:43","slug":"la-dette-publique-est-toujours-un-faux-probleme-eh-we","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/la-dette-publique-est-toujours-un-faux-probleme-eh-we\/","title":{"rendered":"La dette publique est toujours un faux probl\u00e8me (eh w\u00e9&#8230;)"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/histero.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Un chapitre de notre premier livre <em><a href=https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=16357\" hreflang=\"fr\">Sexe, drogue&#8230; et \u00e9conomie<\/a><\/em> s&rsquo;intitule <em>\u00ab\u00a0La dette publique est un faux probl\u00e8me\u00a0\u00bb<\/em>. Ce qui nous a valu des interrogations ou des sarcasmes au cours des derniers mois. Il ne nous semblait pas urgent de revenir sur ce sujet (Alexandre \u00e9tait occup\u00e9 \u00e0 parler de l&rsquo;euro et \u00e0 compter le nombre d&rsquo;ongles qu&rsquo;on a \u00e0 chaque doigt de pied, pendant que je faisais des montages photos autour du AAA et profitais de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 indien le plus long de ma vie), tant l&rsquo;origine de la crise n&rsquo;est pas \u00e0 attribuer \u00e0 la dette publique et tant le contenu de ce chapitre n&rsquo;est pas \u00e0 renier. Mais \u00e0 la demande g\u00e9n\u00e9rale, nous y revoil\u00e0&#8230;<\/p>\n<p>Petit rappel des \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents (genre de <em>previously on \u00e9conoclaste&#8230;<\/em>)<\/p>\n<p>Nous nous moquions des pr\u00eacheurs de l&rsquo;Apocalypse qui annon\u00e7aient que la dette publique \u00e9tait le cancer de notre civilisation (pour ceux qui n&rsquo;ont pas lu le livre et sont des lecteurs r\u00e9cents, vous pouvez, en d\u00e9sespoir de cause, vous reporter \u00e0 plusieurs billets dont la liste est <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2008\/11\/30\/1483-special-dette-publique-france-en-faillite\" hreflang=\"fr\">r\u00e9capitul\u00e9e ici<\/a>). Ont-ils gagn\u00e9 leur combat contre les incons\u00e9quents que nous \u00e9tions&nbsp;? Non. Rien dans ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es ne nous donne tort, compte tenu de ce que nous avions \u00e9crit.<\/p>\n<p>Nous avions mentionn\u00e9 et d\u00e9crypt\u00e9 cinq mythes de la dette publique. Avant de les reprendre un \u00e0 un, je tiens \u00e0 citer le paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent leur \u00e9num\u00e9ration (page 52) et \u00e0 ajouter quelques remarques. Nous \u00e9crivions&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0Si l&rsquo;on peut l\u00e9gitimement s&rsquo;inqui\u00e9ter du montant de la dette publique, les raisons se r\u00e9v\u00e8lent plus complexes qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet. Mais surtout, le d\u00e9bat actuel ignore les questions vraiment importantes\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ces mots sont d&rsquo;une part la preuve que nous n&rsquo;ignorions pas la notion de crise de la dette publique. D&rsquo;autre part, ils sont toujours valables et r\u00e9sument encore aujourd&rsquo;hui notre point de vue sur le sujet.<\/p>\n<p>Tout \u00e9tudiant de L3 conna\u00eet la notion de soutenabilit\u00e9 de la dette. Nous tenons \u00e0 vous rassurer, c&rsquo;est \u00e9galement notre cas. Les param\u00e8tres \u00e9l\u00e9mentaires de soutenabilit\u00e9 sont <a href=https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370?codefaq=136\" hreflang=\"fr\">rappel\u00e9s ici<\/a>. Ce m\u00eame \u00e9tudiant a forc\u00e9ment entendu parler de cas de d\u00e9fauts sur la dette dans l&rsquo;histoire \u00e9conomique. Il sait que ce ne sont pas des \u00e9pisodes historiques appr\u00e9ci\u00e9s des gouvernements ou des peuples. S&rsquo;il y a une erreur que nous avons pu commettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 nous avons r\u00e9dig\u00e9 ce texte (ainsi que les billets du blog consacr\u00e9s \u00e0 ce th\u00e8me), c&rsquo;est de ne pas \u00e9voquer ces cas et leurs cons\u00e9quences. Peut-\u00eatre aurions nous d\u00fb \u00e9crire que <em>\u00ab\u00a0si l&rsquo;Etat Fran\u00e7ais devait faire d\u00e9faut sur la dette, les cons\u00e9quences \u00e9conomiques et sociales seraient comparables \u00e0 celles d&rsquo;une guerre\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;? Et tout le monde se serait moqu\u00e9 de nous sur Twitter. Car, effectivement, <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/04\/11\/1781-wyplosz-sur-la-crise-des-finances-publiques\" hreflang=\"fr\">il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;en arriver l\u00e0<\/a>. L&rsquo;Union Europ\u00e9enne est tout de m\u00eame en p\u00e9ril \u00e0 cause de cela, entends-je d\u00e9j\u00e0 dire&nbsp;? A moins que ce ne soit pas \u00e0 cause de cela mais d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/politiques\/01012368802-et-si-l-union-monetaire-europeenne-n-etait-pas-une-si-bonne-idee\" hreflang=\"fr\">autre chose<\/a> ou encore d&rsquo;<a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/10\/31\/1854-et-si-l-union-monetaire-europeenne-n-etait-pas-une-idee-si-simple\" hreflang=\"fr\">autre chose<\/a>. A moins aussi qu&rsquo;\u00eatre parmi les pays vertueux, avec <a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/dette.jpg\" hreflang=\"fr\">un endettement public bien inf\u00e9rieur \u00e0 60% du PIB ne soit totalement inutile<\/a>. Quoi qu&rsquo;il en soit, le monde semble d\u00e9couvrir que les d\u00e9fauts sur la dette souveraine existent. Ce n&rsquo;est pourtant <a href=\"http:\/\/www.telos-eu.com\/fr\/article\/800_ans_de_folies_financieres\" hreflang=\"fr\">pas une nouveaut\u00e9<\/a>. Et il n&rsquo;est pourtant pas nouveau non plus qu&rsquo;une part de ces d\u00e9fauts ne sont pas li\u00e9s m\u00e9caniquement \u00e0 une gestion d\u00e9sastreuse des finances publiques. Notre chapitre aurait peut-\u00eatre pu d\u00e9velopper davantage cet aspect en pr\u00e9ambule. Mais dresser un historique des d\u00e9fauts souverains et analyser leurs cons\u00e9quences n&rsquo;\u00e9tait tout simplement pas notre propos.<\/p>\n<p>Vous l&rsquo;avez compris, les lignes qui pr\u00e9c\u00e8dent sugg\u00e8rent l&rsquo;id\u00e9e que la crise actuelle n&rsquo;est pas une crise provoqu\u00e9e par des comptes publics mal g\u00e9r\u00e9s. Il sera temps plus tard de revenir sur cet aspect, que d&rsquo;autres et nous-m\u00eames en filigrane avons d\u00e9j\u00e0 soutenu. La logique en est assez simple, mais son expos\u00e9 d\u00e9taill\u00e9 demande un peu de temps de r\u00e9daction. Or le but de cet article est de montrer qu&rsquo;ind\u00e9pendamment de ce qui a men\u00e9 \u00e0 la situation actuelle, \u00e9conoclaste ne vous a pas racont\u00e9 de conneries dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le mythe num\u00e9ro 1&nbsp;: La dette publique est la dette de la France.<\/strong> Non, c&rsquo;est celle de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais. La dette de la France c&rsquo;est plut\u00f4t l&rsquo;endettement ext\u00e9rieur. Et quelle part de la dette publique est d\u00e9tenue par l&rsquo;\u00e9tranger&nbsp;? De l&rsquo;ordre de 65% (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2011\/08\/10\/a-qui-appartient-la-dette-de-la-france_1558009_823448.html\" hreflang=\"fr\">en ao\u00fbt 2011<\/a>&nbsp;; voir <a href=\"http:\/\/www.aft.gouv.fr\/rubriques\/qui-detient-la-dette-de-l-etat-_163.html\" hreflang=\"fr\">ici aussi<\/a>). A l&rsquo;\u00e9poque de la publication de notre ouvrage, cette part \u00e9tait d&rsquo;environ 50%), dont l&rsquo;essentiel (50% sur les 65%) par des r\u00e9sidents de la zone euro. La dette publique repr\u00e9sente environ un tiers de l&rsquo;endettement ext\u00e9rieur brut (donc sans compter les cr\u00e9ances des Fran\u00e7ais sur l&rsquo;\u00e9tranger). 65% de ce tiers est d\u00e9tenu par des \u00e9trangers. En d&rsquo;autres termes, <em>grosso modo<\/em>, on trouve que 22% de la dette externe de la France est publique.<\/p>\n<p><strong>Le mythe num\u00e9ro 2&nbsp;: la dette publique est une mauvaise chose par nature, qui met en p\u00e9ril la \u00ab\u00a0soutenabilit\u00e9\u00a0\u00bb du budget de l\u2019\u00c9tat.<\/strong>  On l&rsquo;a dit et on le redit, le financement des d\u00e9penses est neutre. C&rsquo;est <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2012\/01\/30\/1896-macroeconomie-budgetaire-pour-les-nuls-et-les-autres\" hreflang=\"fr\">r\u00e9expliqu\u00e9 ici<\/a>. Un passage de ce paragraphe dans le livre m\u00e9rite citation et commentaires. Nous disions&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, les cons\u00e9quences macro\u00e9conomiques de l&rsquo;endettement public sont mod\u00e9r\u00e9es (une l\u00e9g\u00e8re hausse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, si la dette publique limite les fonds pr\u00eatables disponibles pour les entreprises et les particuliers)&nbsp;; en revanche, les hausses d&rsquo;imp\u00f4ts, tout comme les baisses de d\u00e9penses publiques, produisent des effets extr\u00eamement brutaux sur la conjoncture\u00a0\u00bb<\/em>. Une <em>\u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8re hausse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;? On se moquerait pas un peu des gens&nbsp;? Quand on voit les tensions r\u00e9centes sur les taux&nbsp;! Ben non, en fait&#8230; Ici, ce qui \u00e9tait envisag\u00e9 \u00e9tait une hausse li\u00e9e \u00e0 un manque d&rsquo;\u00e9pargne disponible pour financer \u00e0 la fois les d\u00e9penses publiques et priv\u00e9es. Or, les tensions r\u00e9centes sont li\u00e9es \u00e0 une augmentation de la prime de risque attach\u00e9e aux dettes souveraines, celle de la France notamment, pas \u00e0 une p\u00e9nurie d&rsquo;\u00e9pargne. Il ne vous aura pas \u00e9chapp\u00e9 non plus que ces tensions sont toutes relatives et que lorsque Nicolas Sarkozy affirme que les taux auxquels l&rsquo;Etat Fran\u00e7ais sont historiquement bas, <a href=\"http:\/\/www.gecodia.fr\/Taux-10-ans-d-Etat-France--Taux-obligations-France--Taux-d-interet-a-long-terme-francais_a1308.html\" hreflang=\"fr\">il n&rsquo;a pas tort<\/a>&#8230; On ne rappellera pas la mascarade autour du triple A et la fa\u00e7on dont la notation de la dette souveraine est lentement mais s\u00fbrement devenue un d\u00e9tail amusant de la crise en cours plus qu&rsquo;un probl\u00e8me majeur. Oh, et puis, finalement, si, amusons nous encore un peu (et si vous voulez continuer \u00e0 \u00ab\u00a0rire\u00a0\u00bb plus tard, voir <a href=\"http:\/\/www.aft.gouv.fr\/rubriques\/tec-10_173_lng1.html\" hreflang=\"fr\">cette page<\/a>)&nbsp;:<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/tec.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Au 6 f\u00e9vrier 2012, le TEC10 est \u00e0 2,9%. Apr\u00e8s cette tranche de rigolade facile (mais l\u00e9gitime), redevenons un peu s\u00e9rieux. Les derniers mois ont montr\u00e9 plusieurs choses. D&rsquo;abord, les march\u00e9s financiers ne sont pas peupl\u00e9s de philanthropes. Ceci, personne n&rsquo;en doutait. Les gnomes qui les animent sont \u00e9galement, comme tout troll qui se respecte, tr\u00e8s peureux et gr\u00e9gaires. De sorte que si les investisseurs ont le sentiment que leurs voisins de cavernes vont prendre la poudre d&rsquo;escampette et vendre les titres de la dette fran\u00e7aise, ils font de m\u00eame. Il suffit alors que la sorci\u00e8re en charge du AAA brandisse sa baguette mal\u00e9fique pour qu&rsquo;un mouvement de panique les poussent vers l&rsquo;entr\u00e9e de la caverne. Ce qui est encore parfois m\u00e9connu, c&rsquo;est aussi que les investisseurs ont les m\u00eames manuels d&rsquo;\u00e9conomie que les gens normaux et s&rsquo;en servent de grimoire une fois la fureur de la sorci\u00e8re pass\u00e9e. Ils savent qu&rsquo;une conjoncture dynamique est plus porteuse pour leurs petits int\u00e9r\u00eats qu&rsquo;une r\u00e9cession. En mati\u00e8re de dette publique, ils savent que les recettes d\u00e9pendent de la croissance et que tout ce qui nuit \u00e0 celle-ci est \u00e0 redouter. De sorte que les programmes d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 ne les r\u00e9jouissent que tr\u00e8s partiellement.<\/p>\n<p>Une (super longue) parenth\u00e8se s&rsquo;impose ici. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une agence de notation&nbsp;? A quoi sert-elle&nbsp;? En principe, elle est suppos\u00e9e r\u00e9pondre \u00e0 des probl\u00e8mes d&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information inh\u00e9rents aux march\u00e9s financiers. Pour un investisseur, faire les bons choix n\u00e9cessite beaucoup d&rsquo;information, sans quoi il n&rsquo;est pas suffisamment renseign\u00e9 sur la qualit\u00e9 des co-contractants qui se pr\u00e9sentent sur le march\u00e9 (un emprunteur, par exemple). La recherche d&rsquo;information est co\u00fbteuse et passer du temps \u00e0 \u00e9valuer les perspectives d&rsquo;un titre (action ou obligation) ne peut se faire \u00e0 grande \u00e9chelle. L&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information (que le premier \u00e0 avoir mis en lumi\u00e8re de fa\u00e7on formelle est George Akerlof dans son <a href=\"http:\/\/www.iacmr.org\/Private\/PKU\/Readings\/Jeff%201%5B1%5D.pdf\" hreflang=\"fr\">c\u00e9l\u00e8bre article de 1970<\/a>) est le probl\u00e8me fondamental des transactions financi\u00e8res. Pour le r\u00e9soudre, on dispose de divers moyens. La r\u00e9glementation publique sur la publication d&rsquo;informations institutionnelles, telles que l&rsquo;\u00e9tat des comptes. Cette information est cependant insuffisante, car il n&rsquo;existe pas, au contraire, une incitation \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler toute l&rsquo;information. Que ce soit l\u00e9galement (en jouant par exemple sur les possibilit\u00e9s offertes par les r\u00e8gles comptables de dissimuler certains faits) ou, plus brutalement, par la fraude pure et simple, les entreprises contraintes de publier des informations les concernant ne peuvent r\u00e9duire le degr\u00e9 d&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information existant (son volet <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/S%C3%A9lection_adverse\" hreflang=\"fr\">antis\u00e9lection<\/a>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment). Une autre fa\u00e7on de r\u00e9duire les risques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information dans le cr\u00e9dit est de r\u00e9clamer de la part des emprunteurs des garanties, sous forme de ce que l&rsquo;on appelle un collat\u00e9ral (un capital assur\u00e9 en cas de d\u00e9faillance). Hypoth\u00e9quer sa maison quand on l&rsquo;ach\u00e8te consiste typiquement \u00e0 la transformer en collat\u00e9ral de la transaction. \u00c9videmment, plus les collat\u00e9raux exig\u00e9s sont importants, plus les possibilit\u00e9s d&rsquo;investissement dans une \u00e9conomie sont limit\u00e9es. Ce qui n&rsquo;est pas forc\u00e9ment une bonne chose et exiger des collat\u00e9raux syst\u00e9matiquement importants reste un moyen bien peu efficace de produire de l&rsquo;information sur les agents \u00e9conomiques. Un autre moyen de produire de l&rsquo;information financi\u00e8re est de s&rsquo;en remettre pour ses transactions \u00e0 un interm\u00e9diaire financier, une banque par exemple. Le m\u00e9tier d&rsquo;une banque, fondamentalement, consiste \u00e0 rechercher des informations sur les emprunteurs, s\u00e9lectionner les bons et empocher un b\u00e9n\u00e9fice correspondant \u00e0 la diff\u00e9rence entre les taux pay\u00e9s par les emprunteurs et les taux auxquels la banque se finance. Ce profit est la r\u00e9mun\u00e9ration per\u00e7ue pour sa production d&rsquo;information. H\u00e9las, ce mode de fonctionnement des banques a \u00e9t\u00e9 en partie remis en cause par les possibilit\u00e9s croissantes de financement direct sur les march\u00e9s financiers, \u00e0 des co\u00fbts (notamment en information) r\u00e9duits. L&rsquo;importance prise par les activit\u00e9s de march\u00e9 des banques est li\u00e9 \u00e0 cette \u00e9volution. La production d&rsquo;information traditionnelle, avec un horizon plus long, est moins rentable, incitant en quelque sorte les banques \u00e0 b\u00e2cler le travail&#8230; Enfin, un dernier moyen de r\u00e9duire l&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information consiste \u00e0 ce que des sp\u00e9cialistes se chargent de produire l&rsquo;information, en faisant payer celui qui veut en b\u00e9n\u00e9ficier. Les agences de notation font partie de ces acteurs. Ceci pose plusieurs probl\u00e8mes. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, c&rsquo;est une activit\u00e9 o\u00f9 celui qui paie n&rsquo;est pas toujours certain de b\u00e9n\u00e9ficier seul de l&rsquo;information. Un investisseur qui paie une analyse financi\u00e8re peut la communiquer sans le vouloir aux autres intervenants du march\u00e9 par son seul comportement d&rsquo;achat ou de vente. Dans le cas des agences de notation, le probl\u00e8me est quelque peu invers\u00e9 puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&#8217;emprunteur qui paie pour \u00eatre \u00e9valu\u00e9. Ce qui pose d&rsquo;autres difficult\u00e9s, \u00e9videmment. \u00catre d\u00e9sagr\u00e9able avec un client si le besoin s&rsquo;en fait sentir est en premier lieu toujours ennuyeux. Ce qui peut conduire l&rsquo;agence \u00e0 sous-estimer les risques li\u00e9s \u00e0 la signature de son client. En second lieu, le client a tout int\u00e9r\u00eat, dans la mesure du possible, \u00e0 cacher les informations douteuses \u00e0 l&rsquo;agence. Mais finalement, la difficult\u00e9 la plus pr\u00e9gnante r\u00e9side certainement dans le fait que, aussi professionnelles soient-elles, les agences de notation n&rsquo;ont pas de boule de cristal. On attend d&rsquo;elles qu&rsquo;elles donnent un diagnostic sur ce que sera la situation de dettes dont la soutenabilit\u00e9 d\u00e9pend en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments inconnus. Oh, bien s\u00fbr, il y a bien des cas o\u00f9 les choses sont limpides. Noter un pays avec un exc\u00e9dent primaire, une dette faible, 4% de croissance annuelle, dans un monde en plein boom, est un jeu d&rsquo;enfants. De m\u00eame que noter la Gr\u00e8ce aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est gu\u00e8re compliqu\u00e9. En revanche, quid de l&rsquo;Italie, dont on conna\u00eet <a href=\"http:\/\/voxeu.org\/index.php?q=node\/7246\" hreflang=\"fr\">les d\u00e9fauts et les qualit\u00e9s<\/a> (on notera que les d\u00e9fauts \u00e9voqu\u00e9s par Daniel Gros semblent aller mieux)&nbsp;? Cette relative impuissance des agences de notation, les investisseurs la connaissent. De fait, les notes ne sont qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;information parmi d&rsquo;autres retenu par les march\u00e9s financiers pour op\u00e9rer leurs choix. Des choix qui d\u00e9termineront en particulier les taux auxquels les dettes publiques seront financ\u00e9es. Or, les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sont un des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminant la soutenabilit\u00e9 de la dette. Et les agences savent cela&#8230; Si l&rsquo;on r\u00e9sume&nbsp;: les agences de notation ne sont pas forc\u00e9ment suivies par les march\u00e9s. Mais un peu, tout de m\u00eame. Les march\u00e9s financiers ne n\u00e9gligent pas les notes et peuvent m\u00eame leur attribuer \u00e0 certains moments un poids important. Les agences le savent et se doivent d&rsquo;anticiper ce que les march\u00e9s feront, avec ou sans leur note. Vous avez la t\u00eate qui tourne&nbsp;? C&rsquo;est un peu normal. La note se veut une convention, un point de rep\u00e8re pour les agents&nbsp;: elle baisse, on vend. Elle monte, on ach\u00e8te. Elle est suppos\u00e9e donner une orientation aux d\u00e9cisions de nombreux acteurs. Comme toute convention, elle est plus ou moins puissante selon les moments. De ce point de vue, la classe politique fran\u00e7aise et les m\u00e9dia ont incroyablement jou\u00e9 le jeu de la convention AAA de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9gradation de la note de la France. Il a fallu un temps fou avant que quelques articles \u00e9voquent la relativit\u00e9 des notes en termes de cons\u00e9quences effectives sur les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et la dynamique de la dette. Finalement, un matin, tout le monde s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9 en se moquant des agences de notation et en constatant que AAA ou AA+ ne changeait gu\u00e8re la vie. La le\u00e7on est assez simple&nbsp;: en p\u00e9riode d&rsquo;incertitude, plusieurs issues sont envisageables et aucune n&rsquo;\u00e9merge de fa\u00e7on privil\u00e9gi\u00e9e. Les \u00e9conomistes parlent d<em>&lsquo;\u00e9quilibres multiples<\/em>&nbsp;; et l&rsquo;une des joyeuset\u00e9s de ce ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9side dans l&rsquo;intervention d&rsquo;<a href=\"http:\/\/economibasic.blogspot.com\/2009\/06\/propheties-et-anticipations-auto.html\" hreflang=\"fr\">anticipations autor\u00e9alisatrices<\/a>. Et <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/11\/21\/1873-oh-qu-elle-est-belle\" hreflang=\"fr\">quelques-uns<\/a> en ont entraper\u00e7u le visage r\u00e9cemment&#8230; Fallait-il entrer dans l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 la plus totale&nbsp;? Fallait-il, au contraire, rassurer diff\u00e9remment les agents \u00e9conomiques en ne faisant de l&rsquo;\u00e9quilibre budg\u00e9taire qu&rsquo;un objectif souhaitable \u00e0 moyen terme, parmi d&rsquo;autres&nbsp;? Et comment prendre en compte les interd\u00e9pendances entre \u00e9conomies&nbsp;? Les d\u00e9cisions politiques seraient-elles coh\u00e9rentes, quelle que soit la voie privil\u00e9gi\u00e9e&nbsp;? Les engagements tenus&nbsp;? La liste est bien longue des aspects \u00e0 prendre en compte&#8230;<\/p>\n<p>Au fond, aujourd&rsquo;hui, une des cl\u00e9s de la solution au probl\u00e8me de la dette, c&rsquo;est la dette elle-m\u00eame. La dette vue comme un instrument servant \u00e0 financer de bonnes d\u00e9penses. Quand <a href=\"http:\/\/krugman.blogs.nytimes.com\/\" hreflang=\"fr\">Paul Krugman<\/a> &#8211; entre autres &#8211; exhorte depuis des mois les gouvernements \u00e0 soutenir l&rsquo;activit\u00e9, il ne dit pas autre chose. On y revient toujours&nbsp;: la dette n&rsquo;est bonne ou mauvaise qu&rsquo;en fonction des d\u00e9penses qu&rsquo;elle finance. Le paradoxe de la situation est que s&rsquo;il est temps d&rsquo;envoyer des signaux aux march\u00e9s financiers pour que la dette ne serve plus \u00e0 financer des d\u00e9penses jug\u00e9es inutiles, il n&rsquo;est s\u00fbrement pas opportun de ne penser qu&rsquo;\u00e0 supprimer la dette. La BCE elle-m\u00eame <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/12\/06\/1877-la-victoire-de-la-banque-centrale-europeenne\" hreflang=\"fr\">ne r\u00e9cuserait probablement pas<\/a> ce signal que plus de dette ne signifie pas toujours plus de maux. Mais son probl\u00e8me, qui est le n\u00f4tre aussi, est qu&rsquo;il est difficile de faire confiance aux politiciens. On peut le comprendre. La pertinence des id\u00e9es du Public choice n&rsquo;est jamais loin. Y compris dans les situations graves. N\u00e9anmoins, dans un court ou moyen terme, la r\u00e9alit\u00e9 est qu&rsquo;il existe une convergence d&rsquo;int\u00e9r\u00eats personnels et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats collectifs. Ceux qui seront en mesure de prendre de bonnes d\u00e9cisions en tireront certainement des b\u00e9n\u00e9fices personnels importants. De ce point de vue, les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises (et am\u00e9ricaines) n&rsquo;arrivent probablement pas au bon moment. Une r\u00e9flexion tr\u00e8s concr\u00e8te autour d&rsquo;une r\u00e8gle de politique budg\u00e9taire sera n\u00e9cessaire tr\u00e8s bient\u00f4t pour finaliser le trait\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par les pays de l&rsquo;UE. Il faut juste esp\u00e9rer qu&rsquo;on n&rsquo;aura droit \u00e0 <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/10\/25\/1851-la-rigueur-de-gauche-a-l-epreuve-du-temps-et-de-la-politique\" hreflang=\"fr\">quelque chose de r\u00e9ellement subtil<\/a>. En r\u00e9sum\u00e9, accepter que la disparition de la dette ne soit pas l&rsquo;obsession du moment est raisonnable. Choisir les bonnes d\u00e9penses et les bonnes recettes est primordial. La dette publique n&rsquo;est pas une mauvaise chose en soi.<\/p>\n<p><strong>Le mythe num\u00e9ro 3&nbsp;: la dette publique est mauvaise parce qu&rsquo;elle impose de payer des int\u00e9r\u00eats&nbsp;; la charge de la dette repr\u00e9sente le premier budget de l&rsquo;Etat et ceux qui paient les int\u00e9r\u00eats sont les pauvres alors que les riches en profitent. Elle est, du reste, un fardeau pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/strong> Le premier argument expos\u00e9 dans notre livre reste valable. Si l&rsquo;on ne veut pas payer les int\u00e9r\u00eats de la dette, il suffit d&rsquo;\u00e9pargner en achetant des titres de la dette publique. En r\u00e9alit\u00e9, ce serait m\u00eame un <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/politiques\/01012383642-et-si-l-on-recreait-la-dette-publique-perpetuelle\" hreflang=\"fr\">acte hautement citoyen<\/a>&nbsp;! Et, on l&rsquo;a dit, ils le font d\u00e9j\u00e0 \u00e0 hauteur de 35% du montant de la dette. Et ceux qui ne le font pas&nbsp;? C&rsquo;est que globalement ils n&rsquo;en ressentent pas la n\u00e9cessit\u00e9&nbsp;! Cet <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2012\/01\/30\/trop-de-riches-tue-l-impot_1636198_3232.html\" hreflang=\"fr\">article de Philippe Askenazy<\/a> est tr\u00e8s \u00e9clairant de ce point de vue&nbsp;: en France, <em>\u00ab\u00a0La dette nette de l&rsquo;Etat est de l&rsquo;ordre de 80 % du PIB et le patrimoine net de la population fran\u00e7aise de 510 % du PIB.\u00a0\u00bb<\/em>. En d&rsquo;autres termes, de quoi largement se payer de la dette publique&#8230; Quant \u00e0 ceux qui, simplement, ne peuvent pas&nbsp;? Il est tout \u00e0 fait int\u00e9ressant de constater une forme de schizophr\u00e9nie nationale sur ce point. On lit, on entend que si la crise n&rsquo;a pas aussi durement frapp\u00e9 la France que d&rsquo;autres pays, c&rsquo;est gr\u00e2ce au <em>mod\u00e8le social fran\u00e7ais<\/em>. Un fantastique amortisseur de crise, <a href=\"http:\/\/lexpansion.lexpress.fr\/economie\/le-gouvernement-s-est-il-converti-au-modele-social-francais_181372.html\" hreflang=\"fr\">d&rsquo;apr\u00e8s le gouvernement<\/a>. Il n&rsquo;est pas le seul \u00e0 avoir vant\u00e9 les m\u00e9rites de notre protection sociale ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Admettons, cela ne semble pas absurde. Mais comment expliquer alors que l&rsquo;on d\u00e9nonce dans le m\u00eame temps les 30 ann\u00e9es de gabegie de la dette et du d\u00e9ficit&nbsp;? Certes, cela n&rsquo;est pas un objectif en soi&nbsp;: de m\u00eame que la dette n&rsquo;est pas mauvaise en soi, elle n&rsquo;est pas bonne en soi. Mais, si le mod\u00e8le social fran\u00e7ais est un formidable amortisseur de crise, il faut bien reconna\u00eetre que dette et d\u00e9ficit ont s\u00fbrement leur part de m\u00e9rite l\u00e0 dedans. Et, pour en revenir au probl\u00e8me initial, en p\u00e9riode de crise, comme le reste du temps, ceux qui en b\u00e9n\u00e9ficient le plus globalement sont les plus pauvres, les m\u00eames qui ne peuvent pas se payer des titres de la dette mais paient des imp\u00f4ts dans lesquels on retrouve des int\u00e9r\u00eats de la dette. L&rsquo;efficacit\u00e9 de la redistribution en France est un <a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=38\" hreflang=\"fr\">sujet qui fait d\u00e9bat depuis un moment<\/a>. La masse de transferts op\u00e9r\u00e9s ne semble pas correspondre aux r\u00e9sultats esp\u00e9r\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s, de pauvret\u00e9 ou de pr\u00e9carit\u00e9. Des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 faits. Il en reste encore \u00e0 r\u00e9aliser. Mais malgr\u00e9 tout, <a href=\"http:\/\/www.debateco.fr\/analyses\/120201-ecalle-france-inegalites\" hreflang=\"fr\">le tableau pourrait \u00eatre nettement pire<\/a>. Dans l&rsquo;ensemble, la redistribution&#8230; redistribue.<\/p>\n<p>Quant aux g\u00e9n\u00e9rations futures et le suppos\u00e9 fardeau de la dette, notre argument \u00e9tait de dire&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0c&rsquo;est la nature des d\u00e9penses idiots !\u00a0\u00bb<\/em>. D\u00e8s lors qu&rsquo;elles portent sur des biens utiles \u00e0 la croissance \u00e0 long terme, elles ne sont pas un fardeau mais un cadeau pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. En d&rsquo;autres termes, j&rsquo;en reviens \u00e0 notre argument fil rouge&nbsp;: la dette est un faux probl\u00e8me, tout d\u00e9pend des d\u00e9penses qu&rsquo;elle finance. Ce point de vue sur le <em>fardeau<\/em> est connu de longue date, <a href=https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370?codefaq=62\" hreflang=\"fr\">renouvel\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/economie\/repenser-le-role-de-l-etat-dans-l-economie_789676.html\" hreflang=\"fr\">toujours d&rsquo;actualit\u00e9<\/a>. On aura l&rsquo;occasion d&rsquo;en rediscuter plus bas, en ce qui concerne la distinction entre \u00ab\u00a0d\u00e9penses d&rsquo;investissement\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0d\u00e9penses de fonctionnement\u00a0\u00bb, l&rsquo;un des dadas des <em>dettophobes mod\u00e9r\u00e9s<\/em> (on nous a qualifi\u00e9s de dettophiles, je me permets donc de reprendre le concept&#8230;). Dans un <a href=\"http:\/\/www.project-syndicate.org\/commentary\/skidelsky49\/French\" hreflang=\"fr\">r\u00e9cent article<\/a>, particuli\u00e8rement efficace, Robert Skidelsky r\u00e9sume mieux que moi tout ceci&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0la dette publique n\u2019est pas un poids net sur les g\u00e9n\u00e9rations futures. M\u00eame si elle peut entrainer de futures charges fiscales (et ce sera le cas pour une part), celles-ci seront transf\u00e9r\u00e9es des contribuables aux d\u00e9tenteurs d\u2019obligations. Cela pourrait avoir de graves cons\u00e9quences distributives. Mais tenter de la r\u00e9duire aujourd\u2019hui se traduira par un poids net sur les g\u00e9n\u00e9rations futures&nbsp;: les revenus seront imm\u00e9diatement baiss\u00e9s, les profits chuteront, les retraites seront diminu\u00e9es, les projets d\u2019investissement annul\u00e9s ou report\u00e9s, prohibant la construction de logements, d\u2019h\u00f4pitaux et d\u2019\u00e9coles. Les g\u00e9n\u00e9rations futures seront dans une situation bien pire, ayant \u00e9t\u00e9 priv\u00e9es des biens dont ils auraient pu autrement h\u00e9riter. \u00ab\u00a0<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le mythe num\u00e9ro 4&nbsp;: le chiffre de la dette a un sens.<\/strong> Un Etat n&rsquo;est pas une entreprise. Un Etat ne fait pas faillite, il ne dispara\u00eet pas, ne ferme pas. Un Etat l\u00e8ve des imp\u00f4ts ou, lorsque cela n&rsquo;est plus possible politiquement et socialement, il fait d\u00e9faut. Ce n&rsquo;est pas souhaitable en soi. Mais contrairement \u00e0 un m\u00e9nage ou \u00e0 une entreprise incapables d&rsquo;honorer leurs engagements, il s&rsquo;en rel\u00e8ve plus facilement. Autre point concernant le montant de la dette que nous n&rsquo;\u00e9voquions pas dans le livre, il n&rsquo;y a pas de lien syst\u00e9matique entre le niveau de la dette et l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une crise de la dette souveraine, notamment au travers du fameux <em><a href=\"http:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/Dictionnaire_fr_52__def1609.html\" hreflang=\"fr\">effet boule de neige<\/a><\/em>. Je redonne la parole \u00e0 Skidesky qui le dira mieux que moi&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0il n\u2019y a aucun lien entre la taille de la dette publique et le prix que le gouvernement doit payer pour la financer. Le Japon, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l\u2019Allemagne payent tous des int\u00e9r\u00eats faibles sur leurs dettes publiques, malgr\u00e9 d\u2019\u00e9normes diff\u00e9rences dans leurs niveaux de dette et leurs politiques budg\u00e9taires respectifs.\u00a0\u00bb<\/em>. Un exemple retenu dans notre livre est embl\u00e9matique de la signification trompeuse du chiffre de la dette&nbsp;: la privatisation des autoroutes en 2006. Il s&rsquo;agissait de r\u00e9duire la dette. Pour cela, l&rsquo;Etat a perdu une source de dividendes en tant qu&rsquo;actionnaire, dans une activit\u00e9 lucrative. A terme, le b\u00e9n\u00e9fice en termes de flux mon\u00e9taires de la cession est bien douteux. Et pourtant, on a ponctuellement r\u00e9duit la dette du jour au lendemain&#8230;<\/p>\n<p>A ce stade, il para\u00eet honn\u00eate de rappeler la phrase qui concluait ce paragraphe&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0Constatons seulement que les op\u00e9rateurs sur les march\u00e9s financiers ne semblent pas trop s&rsquo;inqui\u00e9ter de la solvabilit\u00e9 future de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, dont ils ach\u00e8tent la dette \u00e0 tour de bras\u00a0\u00bb<\/em>. Il faut reconna\u00eetre qu&rsquo;ils sont peut-\u00eatre un peu plus inquiets aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Il serait facile de remettre un lien vers le site de l&rsquo;agence France Tresor et de balayer les risques d&rsquo;un revers de la main. N\u00e9anmoins, \u00e0 ce jour, rien n&rsquo;indique que les op\u00e9rateurs sur les march\u00e9s financiers n&rsquo;ach\u00e8teront plus de la dette fran\u00e7aise \u00e0 tour de bras. Quand on se retourne sur l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, le moins qu&rsquo;on puisse dire en tout cas est qu&rsquo;il y a des raisons d&rsquo;\u00eatre confiants&#8230;<\/p>\n<p><strong>Le mythe num\u00e9ro 5&nbsp;: la dette publique ne serait pas un probl\u00e8me si elle avait financ\u00e9 des investissements.<\/strong> Notre point de vue sur le sujet se r\u00e9sumait en plusieurs points. Si les <em>mauvaises d\u00e9penses<\/em> avaient \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es par l&rsquo;imp\u00f4t, serions nous plus heureux&nbsp;? Ok, peut-\u00eatre que la dette a favoris\u00e9 &#8211; parce qu&rsquo;indolore &#8211; des d\u00e9penses stupides que les contribuables n&rsquo;auraient pas tol\u00e9r\u00e9. Pourquoi pas&nbsp;? Mais (argument non avanc\u00e9 dans le livre) on peut m\u00eame en douter. La facilit\u00e9 avec laquelle le gouvernement actuel a cr\u00e9\u00e9 de nouveaux pr\u00e9l\u00e8vements fiscaux sans qu&rsquo;on y voit pour autant la marque du financement de d\u00e9penses exceptionnellement souhaitables peut en faire douter (deux liens pour la liste des nouveaux imp\u00f4ts et taxes depuis 2007&nbsp;: <a href=\"http:\/\/democratieliberale.over-blog.org\/article-taxes-cree-depuis-2007-86626522.html\" hreflang=\"fr\">ici<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.enfiniraveclapenseeunique.com\/article-les-impots-c-est-la-droite-sarkozy-c-est-une-taxe-par-mois-durant-cinq-ans-87843907.html\" hreflang=\"fr\">l\u00e0<\/a>). Nous critiquions deux autres aspects. Tout d&rsquo;abord, la distinction entre <em>d\u00e9penses d&rsquo;investissement<\/em> et <em>d\u00e9penses de fonctionnement<\/em>. Ce <em>distingo<\/em> revient en force ces temps-ci. Mais les salaires des m\u00e9decins hospitaliers ou des professeurs des \u00e9coles rel\u00e8vent-ils du fonctionnement pendant que construire une \u00e9cole ou un h\u00f4pital est un investissement&nbsp;? Prudence, donc. Rien \u00e0 ajouter de neuf sur le sujet. Enfin, le graphique suivant illustre un point important&nbsp;: les d\u00e9penses dont la part augmente dans les d\u00e9penses de l&rsquo;Etat sont les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 la protection sociale. Alors, \u00e9videmment, on peut penser que la fraude sociale et autre assistanat sont <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2011\/05\/09\/assistanat-les-mauvais-exemples-de-laurent-wauquiez_1518985_823448.html\" hreflang=\"fr\">le cancer<\/a> de notre soci\u00e9t\u00e9 et qu&rsquo;il est peu responsable de ne pas aller travailler quand on <em>\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2011\/11\/17\/1870-controle-ta-maladie-tu-seras-un-citoyen-responsable\" hreflang=\"fr\">tombe malade<\/a>\u00ab\u00a0<\/em>. Mais on n&rsquo;est pas oblig\u00e9.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/graphique1.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Quoi&nbsp;? Vous \u00eates encore l\u00e0&nbsp;? Eh bien, f\u00e9licitations. Pour ma part, j&rsquo;ai le sentiment diffus d&rsquo;avoir r\u00e9alis\u00e9 une mise au point attendue, m\u00eame si je dois avouer que je per\u00e7ois cela essentiellement comme une perte de temps. Et de beaucoup de temps en l&rsquo;occurrence. Mais ce n&rsquo;est pas grave. Si cela a pu \u00eatre utile \u00e0 certains, tant mieux. C&rsquo;\u00e9tait aussi l&rsquo;occasion d&rsquo;actualiser. En plus des deux premiers articles que nous publions (celui-ci et <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2012\/01\/30\/1896-macroeconomie-budgetaire-pour-les-nuls-et-les-autres\" hreflang=\"fr\">cet autre<\/a> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 plus haut) il y aura encore des billets en rapport direct avec ce sujet. Repassez nous voir&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Un chapitre de notre premier livre rappel\u00e9s ici. Ce m\u00eame \u00e9tudiant a forc\u00e9ment entendu parler de cas de d\u00e9fauts sur la dette dans l&rsquo;histoire \u00e9conomique. Il sait que ce ne sont pas des \u00e9pisodes historiques appr\u00e9ci\u00e9s des gouvernements ou des peuples. S&rsquo;il y a une erreur que nous avons pu <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/la-dette-publique-est-toujours-un-faux-probleme-eh-we\/\" title=\"La dette publique est toujours un faux probl\u00e8me (eh w\u00e9&#8230;)\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-7704","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7704","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7704"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7704\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7704"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7704"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7704"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}