{"id":6843,"date":"2007-09-01T13:46:29","date_gmt":"2007-09-01T13:46:29","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=843"},"modified":"2007-09-01T13:46:29","modified_gmt":"2007-09-01T13:46:29","slug":"strauss-kahn-bon-candidat-pour-le-fmi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/strauss-kahn-bon-candidat-pour-le-fmi\/","title":{"rendered":"Strauss-Kahn, Bon candidat pour le FMI?"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2007\/07\/dsk.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Les candidatures sont closes, et deux candidats restent en lice pour la pr\u00e9sidence du FMI &#8211; D. Strauss-Kahn et un tch\u00e8que, J. Tosovsky. La candidature de Strauss-Kahn a suivi un parcours un peu \u00e9trange. Unanimement louang\u00e9 par la presse fran\u00e7aise, un <a href=\"http:\/\/bruxelles.blogs.liberation.fr\/coulisses\/2007\/07\/fmi-sarkozy-pro.html\" hreflang=\"fr\">post de J. Quatremer<\/a> avait jet\u00e9 un froid en faisant du go\u00fbt prononc\u00e9 de DSK envers les jolies femmes un handicap s\u00e9rieux pour sa candidature (voir <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2007\/07\/16\/972-etrange\" hreflang=\"fr\">le post de SM<\/a> sur ce sujet). Cette question n&rsquo;est gu\u00e8re all\u00e9e au del\u00e0 de quelques sempiternelles interrogations nombrilistes propres aux m\u00e9dias fran\u00e7ais; la question de la candidature Strauss-Kahn reste pos\u00e9e, car plusieurs probl\u00e8mes importants se posent, \u00e0 la fois li\u00e9s au processus qui conduit DSK \u00e0 la candidature, et \u00e0 sa personne m\u00eame, au point qu&rsquo;un \u00e9ditorial vitriolesque du Financial Times d\u00e9clarait r\u00e9cemment que <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/0\/06da7fde-54b1-11dc-890c-0000779fd2ac.html\" hreflang=\"fr\">l&rsquo;Europe avait tort de pousser sa candidature<\/a>.<\/p>\n<p>Le fonds Mon\u00e9taire International joue un r\u00f4le de stabilisation macro\u00e9conomique internationale&nbsp;: son but est de pr\u00e9venir et de soigner les crises mon\u00e9taires et financi\u00e8res. Dans ce but il fournit des conseils, expertises et recommandations, et dispose de fonds qui lui sont apport\u00e9s par les pays membres, susceptibles d&rsquo;\u00eatre pr\u00eat\u00e9s aux gouvernements en difficult\u00e9s. Les fonds apport\u00e9s d\u00e9terminent aussi les pouvoirs des pays membres&nbsp;: plus un pays apporte de fonds, plus il dispose de droits de vote, et les proportions de fonds sont pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9es, ce qui signifie que si un pays \u00ab\u00a0propose\u00a0\u00bb d&rsquo;apporter plus de fonds contre des pouvoirs accrus, cela ne peut \u00eatre accept\u00e9 que par un vote \u00e0 85% de majorit\u00e9 modifiant la r\u00e9partition des pouvoirs. De ce fait, actuellement la majorit\u00e9 des pouvoirs est d\u00e9tenue par les USA et l&rsquo;Union Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Toutes ces caract\u00e9ristiques concourrent \u00e0 la grave crise de l\u00e9gitimit\u00e9 que traverse le FMI actuellement. Au cours des ann\u00e9es 80 et 90, le fonds s&rsquo;est trouv\u00e9 devoir sans cesse voler au secours de gouvernements en situation de crise financi\u00e8re, accordant des pr\u00eats d&rsquo;urgence associ\u00e9s \u00e0 des plans d&rsquo;ajustement structurel visant \u00e0 \u00e9viter que de nouvelles crises se reproduisent. Ces plans d&rsquo;ajustement structurel \u00e9taient particuli\u00e8rement mal per\u00e7us dans les pays les subissant, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Les mauvaises raisons, c&rsquo;est que lorsqu&rsquo;un gouvernement est insolvable parce qu&rsquo;il a trop d\u00e9pens\u00e9, r\u00e9tablir sa solvabilit\u00e9 sera n\u00e9cessairement d\u00e9sagr\u00e9able; que de nombreux gouvernements ont trouv\u00e9 fort commode de faire passer sur le dos des m\u00e9chants \u00e9trangers du FMI des mesures impopulaires qu&rsquo;ils savaient devoir prendre, ou d&rsquo;utiliser le FMI comme bouc \u00e9missaire de leur propre incomp\u00e9tence. Mais il y avait aussi de bonnes raisons&nbsp;: dans de nombreux cas, les plans d&rsquo;ajustement du FMI ont \u00e9t\u00e9 inadapt\u00e9s, recommandant de mener rapidement une lib\u00e9ralisation financi\u00e8re inappropri\u00e9e aux circonstances, ou apportant massivement des fonds imm\u00e9diatement gaspill\u00e9s  ou transf\u00e9r\u00e9s sur des comptes en Suisse, comme dans le cas Russe. Dans de nombreuses situations, les aides du FMI sont apparues comme li\u00e9es aux int\u00e9r\u00eats de politique internationale des principaux actionnaires du fonds.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cela, depuis les ann\u00e9es 2000, de nombreux pays ont modifi\u00e9 leur attitude vis \u00e0 vis du FMI. Pour ne plus en d\u00e9pendre, ils ont rembours\u00e9 par anticipation les pr\u00eats contract\u00e9s aupr\u00e8s du fonds; ils ont demand\u00e9 \u00e0 ce que les droits de vote soient r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9s pour prendre en compte les pays qui pourraient contribuer plus et voir leur nouvelle puissance \u00e9conomique ainsi consacr\u00e9e. Surtout, pour \u00e9viter de se retrouver de nouveau dans une crise n\u00e9cessitant de faire appel au FMI, les pays (particuli\u00e8rement en Asie, Am\u00e9rique Latine, Russie, et pays p\u00e9troliers) ont accumul\u00e9 des r\u00e9serves de change cons\u00e9quentes; cette accumulation, en amplifiant les d\u00e9s\u00e9quilibres ext\u00e9rieurs et en sous-\u00e9valuant les devises des pays en d\u00e9veloppement, est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des sources potentielles importante de crise financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, le FMI devrait s&rsquo;orienter dans deux directions. Premi\u00e8rement, modifier sa politique de d\u00e9pendance vis \u00e0 vis des pr\u00eats. Une part importante de son activit\u00e9 est en effet financ\u00e9e en empruntant des capitaux \u00e0 taux r\u00e9duit (car il dispose de la signature de ses pays membres) pour pr\u00eater \u00e0 des gouvernements avec une petite marge. Pour ces gouvernements, c&rsquo;est avantageux (les taux qui leurs sont demand\u00e9s sur les march\u00e9s sont sup\u00e9rieurs) et pour le FMI, c&rsquo;est une source de financement. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que cela pousse le FMI \u00e0 pr\u00eater m\u00eame lorsque ce n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire, alors que les march\u00e9s de capitaux sont disponibles. Cette capacit\u00e9 de pr\u00eat pousse aussi les gouvernements des pays dirigeant le FMI \u00e0 demander \u00e0 celui-ci d&rsquo;assurer des pr\u00eats pour des raisons plus g\u00e9opolitiques qu&rsquo;\u00e9conomiques. Le FMI devrait \u00e9galement jouer un r\u00f4le vis \u00e0 vis des questions de parit\u00e9s mon\u00e9taires, d&rsquo;accumulation de r\u00e9serves, de politiques des banques centrales. Mais pour cela, il faut qu&rsquo;il gagne sa l\u00e9gimit\u00e9 non pas en disposant de fonds en cas de malheur, mais en cessant d&rsquo;appara\u00eetre vis \u00e0 vis des pays \u00e9mergents comme l&rsquo;agent des pays riches. Ce qui impose un r\u00e9\u00e9quilibrage des votes et pose la question de la proc\u00e9dure de d\u00e9signation du pr\u00e9sident de l&rsquo;organisation.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Europe qui choisissait le pr\u00e9sident avec la b\u00e9n\u00e9diction des USA (ceux-ci ayant en contrepartie la d\u00e9signation du pr\u00e9sident de la Banque Mondiale). Or ce processus est particuli\u00e8rement critiqu\u00e9 et en est venu \u00e0 symboliser ce qui ne fonctionne pas dans ces institutions internationales. Les Europ\u00e9ens ne veulent renoncer ni \u00e0 ce droit de d\u00e9signation, et surtout, ne veulent pas modifier la r\u00e9partition des votes, craignant d&rsquo;\u00eatre marginalis\u00e9s. C&rsquo;est le premier probl\u00e8me de DSK, qui n&rsquo;est pas li\u00e9 \u00e0 sa personne mais au processus de d\u00e9signation. Il appara\u00eet comme le candidat d\u00e9sign\u00e9 par l&rsquo;Europe comme d&rsquo;habitude, choisi par fiat par quelques politiques pour des raisons de cuisine interne et de prestige.<\/p>\n<p>Mais il y a aussi des probl\u00e8mes pos\u00e9s par DSK lui-m\u00eame. Peut-\u00eatre pour rectifier l&rsquo;image n\u00e9gative que ce processus de d\u00e9signation lui donne, il s&rsquo;est lanc\u00e9 dans une campagne de s\u00e9duction des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement, d\u00e9clarant que <a href=\"http:\/\/search.ft.com\/ftArticle?queryText=strauss+kahn&amp;y=0&amp;aje=true&amp;x=0&amp;id=070728000956\" hreflang=\"fr\">son objectif pour le fonds<\/a> \u00e9tait de \u00ab\u00a0r\u00e9duire les \u00e9carts de richesse dans le monde\u00a0\u00bb. Sauf que cette mission n&rsquo;est pas celle du FMI, mais de la Banque Mondiale. Cela donne la f\u00e2cheuse impression que Strauss-Kahn ne sait pas ce qu&rsquo;il a \u00e0 faire et n&rsquo;est pas comp\u00e9tent pour le poste.<\/p>\n<p>Le fait que DSK soit un politique fran\u00e7ais pose \u00e9galement question. L&rsquo;un des probl\u00e8mes du FMI vient de ce que ses deux pr\u00e9c\u00e9dents dirigeants sont partis en cours de mandat, ce qui est une tr\u00e8s mauvaise chose &#8211; cela interrompt les activit\u00e9s en cours, oblige \u00e0 repartir \u00e0 z\u00e9ro, etc. H. Kohler est parti lorsqu&rsquo;on lui a propos\u00e9 la pr\u00e9sidence allemande; R. Rato est parti pour \u00ab\u00a0raisons personnelles\u00a0\u00bb. DSK risque de diriger le FMI en gardant en permanence un oeil ou deux sur la situation politique fran\u00e7aise, afin de revenir inopin\u00e9ment comme recours, nanti d&rsquo;une toute fra\u00eeche l\u00e9gitimit\u00e9 internationale. Dans une situation ou <a href=\"http:\/\/www.project-syndicate.org\/commentary\/rogoff32\/French\" hreflang=\"fr\">le FMI risque d&rsquo;entrer en hibernation et de devenir inutile<\/a>, sauf \u00e0 avoir un pr\u00e9sident inattaquable et l\u00e9gitime, et \u00e0 se r\u00e9former consid\u00e9rablement, un politique europ\u00e9en (quand l&rsquo;Europe bloque les \u00e9volutions) potentiellement interess\u00e9 par un retour \u00e0 son destin national n&rsquo;est pas franchement une bonne id\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Les candidatures sont closes, et deux candidats restent en lice pour la pr\u00e9sidence du FMI &#8211; D. Strauss-Kahn et un tch\u00e8que, J. Tosovsky. La candidature de Strauss-Kahn a suivi un parcours un peu \u00e9trange. Unanimement louang\u00e9 par la presse fran\u00e7aise, un post de J. Quatremer avait jet\u00e9 un froid en <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/strauss-kahn-bon-candidat-pour-le-fmi\/\" title=\"Strauss-Kahn, Bon candidat pour le FMI?\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6843","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6843","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6843"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6843\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6843"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6843"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6843"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}