{"id":6636,"date":"2007-02-21T00:27:18","date_gmt":"2007-02-21T00:27:18","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=636"},"modified":"2007-02-21T00:27:18","modified_gmt":"2007-02-21T00:27:18","slug":"et-si-un-economiste-mettait-l-avare-en-scene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/et-si-un-economiste-mettait-l-avare-en-scene\/","title":{"rendered":"Et si un \u00e9conomiste mettait &quot;l&rsquo;avare&quot; en sc\u00e8ne?"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2007\/01\/avare.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Avertissement&nbsp;: ce post est en totalit\u00e9 constitu\u00e9 d&rsquo;une divagation \u00e0 vocation \u00e9conomico-litt\u00e9raire. Il n&rsquo;y est fait aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise, \u00e0 la politique \u00e9conomique ou sociale, \u00e0 la question du yen faible, ou \u00e0 un quelconque autre sujet ayant un rapport m\u00eame vague avec l&rsquo;actualit\u00e9. Au contraire, ce post ne fera r\u00e9f\u00e9rence qu&rsquo;\u00e0 des oeuvres et id\u00e9es de gens morts, le plus souvent depuis bien longtemps; on y parlera histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique, litt\u00e9rature, d\u00e9bats philosophiques abscons, Louis de Fun\u00e8s, et Marcel Mauss.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours eu de la sympathie pour la pi\u00e8ce de Moli\u00e8re <a href=\"http:\/\/www.alalettre.com\/moliere-avare.htm\" hreflang=\"fr\">l&rsquo;Avare<\/a>; sans doute parce que c&rsquo;est l&rsquo;une des premi\u00e8res que j&rsquo;ai lu; que j&rsquo;en manquais rarement les fr\u00e9quentes diffusions de la version jou\u00e9e par Louis de Fun\u00e8s de cette pi\u00e8ce, v\u00e9ritable marronnier t\u00e9l\u00e9visuel autrefois; je crois m\u00eame avoir eu l&rsquo;occasion d&rsquo;en jouer quelques sc\u00e8nes lors de festivit\u00e9s \u00e9coli\u00e8res. Bref donc, j&rsquo;aime bien cette pi\u00e8ce. En ayant vu plusieurs diffusions, il m&rsquo;a sembl\u00e9 d\u00e9tecter une tendance r\u00e9cente des metteurs en sc\u00e8ne \u00e0 r\u00e9duire la dimension bouffonne du personnage pour en faire un individu inqui\u00e9tant, rong\u00e9 par un vice \u00e9pouvantable qui le conduit \u00e0 faire syst\u00e9matiquement le mal autour de lui, tout particuli\u00e8rement vis \u00e0 vis de ses proches. Et il est vrai que le texte de la pi\u00e8ce fait du personnage soit un clown sinistre, dont le comportement comique dissimule mal une v\u00e9ritable pathologie de l&rsquo;accumulation.<\/p>\n<p>Cette vision n\u00e9gative de l&rsquo;avare est courante dans la litt\u00e9rature. Du <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Marchand_de_Venise\" hreflang=\"fr\">Marchand de Venise<\/a> de Shakespeare au <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Un_chant_de_No%C3%ABl\" hreflang=\"fr\">chant de no\u00ebl<\/a> de Dickens, l&rsquo;avare est vu soit comme un bouffon, soit comme un pauvre h\u00e8re tortur\u00e9 et sinistre, que l&rsquo;on ne peut que plaindre devant son incapacit\u00e9 \u00e0 jouir de l&rsquo;existence, ou bl\u00e2mer pour les tourments qu&rsquo;il exerce sur ses contemporains, au service de son vice, et qui n&rsquo;a rien d&rsquo;aimable. L&rsquo;avarice est une tare, et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 une vertu, et ce message n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;amplifi\u00e9 depuis, au point dans le cas de la pi\u00e8ce de Moli\u00e8re d&rsquo;abandonner progressivement toute la dimension comique (et de ce fait un peu attachante) du personnage.<\/p>\n<p>Pourtant, est-ce vraiment le cas? Dans son essai sur le don, <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Marcel_Mauss\" hreflang=\"fr\">Marcel Mauss<\/a> (vous \u00e9tiez pr\u00e9venus&#8230;) a montr\u00e9 que le don gratuit constituait en r\u00e9alit\u00e9 un fait social beaucoup plus complexe que le simple exercice d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e. Mauss montre qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, le don dans la soci\u00e9t\u00e9 repose sur une triple obligation&nbsp;: l&rsquo;obligation de donner, l&rsquo;obligation d&rsquo;accepter, l&rsquo;obligation de rendre. Tout don impose son propre contre-don, d&rsquo;une valeur (symbolique) au moins \u00e9gale \u00e0 celle du premier don; de ce point de vue donner est \u00e0 la fois l&rsquo;occasion de satisfaire une obligation sociale, mais aussi et surtout l&rsquo;occasion de cr\u00e9er un d\u00e9biteur, quelqu&rsquo;un qui aura l&rsquo;obligation de nous rendre un contre-don.<\/p>\n<p>Sauf que dans ces conditions, avait constat\u00e9 Pierre Bourdieu, jamais en retard lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9senchanter le fonctionnement social, le don ne constitue pas une institution sociale particuli\u00e8rement honorable, puisqu&rsquo;il ne fait que reproduire la logique de l&rsquo;\u00e9change marchand, en la camouflant sous le manteau hypocrite de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Loin d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;expression d&rsquo;une vertu, le don n&rsquo;est qu&rsquo;une autre forme d&rsquo;exercice des rapports de domination sociale des uns sur les autres.<\/p>\n<p>A ce d\u00e9senchantement du monde par la sociologie, on pourrait ajouter la biologie \u00e9volutionniste, dont le concept de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/S%C3%A9lection_de_parent%C3%A8le\" hreflang=\"fr\">s\u00e9lection de parent\u00e8le<\/a> aboutit, de fa\u00e7on parfaitement d\u00e9primante, \u00e0 montrer que les diverses formes d&rsquo;amour filial ou de solidarit\u00e9 entre pairs n&rsquo;est au bout du compte que la fa\u00e7on dont des <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/G%C3%A8ne-%C3%A9go%C3%AFste-Richard-Dawkins\/dp\/2738112439\/sr=8-1\/qid=1172008563\/ref=sr_1_1\/403-9820625-2896411?ie=UTF8&amp;s=books\" hreflang=\"fr\">g\u00e8nes \u00e9go\u00efstes<\/a>  augmentent leurs chances de duplication. La g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, tout simplement, n&rsquo;existe pas.<\/p>\n<p>Ou plut\u00f4t, il y en a une forme, assez paradoxale&nbsp;: l&rsquo;avarice. C&rsquo;est tout l&rsquo;objet de la controverse entre Adam Smith et Mandeville. Smith, moraliste aust\u00e8re, ne pouvait qu&rsquo;\u00eatre heurt\u00e9 par la perspective de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mandeville\" hreflang=\"fr\">Mandeville montrant dans la Fable des abeilles<\/a> que les vices priv\u00e9s \u00e9taient des vertus publiques. S&rsquo;il a fini par adopter l&rsquo;argument, c&rsquo;est en y ajoutant une dimension importante&nbsp;: s&rsquo;il peut y avoir vertu \u00e0 d\u00e9penser sa fortune, il y a aussi vertu dans l&rsquo;\u00e9pargne, qui n&rsquo;est pas perdue pour la soci\u00e9t\u00e9 (ce que Say devait formuler par la suite avec sa fameuse <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Loi_de_Say\" hreflang=\"fr\">loi<\/a>).<\/p>\n<p>Comment l&rsquo;avare exerce-t-il ses <a href=\"http:\/\/www.slate.com\/id\/2110817\/\" hreflang=\"fr\">bienfaits sur le reste de la population<\/a>? De diverses fa\u00e7ons. Premi\u00e8rement, l&rsquo;accumulation d&rsquo;argent exige de fournir aux autres ce dont ils ont le plus besoin, afin de le leur vendre cher; vendre ce dont tout le monde dispose d\u00e9j\u00e0 n&rsquo;est pas tr\u00e8s r\u00e9mun\u00e9rateur. Deuxi\u00e8mement, l&rsquo;avare accumule son argent en pr\u00eatant son \u00e9pargne contre int\u00e9r\u00eat; \u00e9levant l&rsquo;offre de fonds pr\u00e9tables, il r\u00e9duit les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Enfin, l&rsquo;accumulation exige de restreindre sa consommation de toutes ces choses qui sont ch\u00e8res parce qu&rsquo;elles sont d\u00e9sir\u00e9es par beaucoup d&rsquo;autres. C&rsquo;est en cela que l&rsquo;avare b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9&nbsp;: en ayant la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des choses mais en le le faisant pas; en \u00e9tant forc\u00e9 de fournir aux autres ce dont ils ont besoin; et en pr\u00eatant des capitaux.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que parmi ces trois qualit\u00e9s des avares, Moli\u00e8re ait choisi d&rsquo;en pr\u00e9senter deux seulement (la pratique du pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat, et la pingrerie). L&rsquo;usure est pr\u00e9sent\u00e9e &#8211; sans surprise &#8211; comme une pratique lamentable; Harpagon exige de ses d\u00e9biteurs &#8211; en l&rsquo;occurence, son propre fils &#8211; des taux invraisemblablement \u00e9lev\u00e9s ainsi que la reprise d&rsquo;un bric \u00e0 brac invendable. Son avarice est visible lorsqu&rsquo;il cherche \u00e0 marier sa fille \u00e0 un vieil homme riche qui n&rsquo;a pour seule vertu que de ne pas demander de dot; \u00e9galement, lorsqu&rsquo;il se refuse \u00e0 r\u00e9mun\u00e9rer les services de son entremetteuse Frosine, ou qu&rsquo;il demande \u00e0 son cuisinier pour son repas de noces de confectionner un repas gras, lourd et peu co\u00fbteux, au grand dam de celui-ci. Pourtant, si ces sc\u00e8nes sont destin\u00e9es \u00e0 indigner le spectateur, celui-ci devrait r\u00e9flechir \u00e0 deux fois&nbsp;: en r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 chacune de ces fois, Harpagon rend service \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Car apr\u00e8s tout, s&rsquo;il peut exiger de ses d\u00e9biteurs des taux aussi \u00e9lev\u00e9s et des conditions si dures, c&rsquo;est que les pr\u00eateurs de capitaux ne doivent pas \u00eatre tr\u00e8s nombreux; s&rsquo;il y en avait plus, les taux seraient moins \u00e9lev\u00e9s et les conditions de cr\u00e9dit moins dures. Ses pratiques commerciales ne font que traduire une r\u00e9alit\u00e9 brutale&nbsp;: il n&rsquo;y a pas assez de gens susceptibles de pr\u00eater de l&rsquo;argent \u00e0 un jeune homme d\u00e9sargent\u00e9. Ses taux \u00e9lev\u00e9s, dans le m\u00eame temps, jouent un r\u00f4le dissuasif; contrairement \u00e0 ces organismes de cr\u00e9dit qui font payer de petites sommes ind\u00e9finiment, il annonce clairement la couleur. Utile pour son fils Cl\u00e9ante dont on ne peut pas dire qu&rsquo;il se montre tr\u00e8s astucieux et prudent. La le\u00e7on qu&rsquo;il re\u00e7oit de son p\u00e8re Harpagon est dure; est-elle fausse pour autant? Il n&rsquo;est pas absurde que les jeunes soient endett\u00e9s et les vieux pr\u00eateurs; \u00e0 condition que les jeunes soient en position de faire un usage utile de leurs emprunts. Emprunter pour partir vivre seul avec sa bien-aim\u00e9e, c&rsquo;est une foucade de jeunesse qu&rsquo;il n&rsquo;est pas stupide de d\u00e9courager par un peu de r\u00e9alit\u00e9 brutale.<\/p>\n<p>La pingrerie d&rsquo;Harpagon est elle aussi l&rsquo;occasion de nuancer les aspects n\u00e9gatifs du personnage. Comment lui reprocher de ne rien vouloir payer \u00e0 Frosine, une intriguante qui cherche \u00e0 le marier \u00e0 une pauvre jeune fille sans demander son avis \u00e0 celle-ci? Pourquoi lui reprocherait-on de vouloir \u00e9conomiser sur son repas de noces? En limitant ses achats, il laisse de la nourriture disponible pour les autres, \u00e0 une \u00e9poque ou les p\u00e9nuries \u00e9taient plus nombreuses que les crises de surproduction. Mais le plus grand service qu&rsquo;il rend \u00e0 la collectivit\u00e9 est d&rsquo;enterrer dans son jardin ses louis d&rsquo;or&nbsp;: n&rsquo;importe quel \u00e9conomiste sait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas de meilleur moyen de faire baisser les prix des biens et services utiles dans l&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Si Harpagon d\u00e9pensait tout son argent, il serait facile d&rsquo;identifier les b\u00e9n\u00e9ficiaires de ses largesses; mais en restreignant sa consommation et en pr\u00eatant son argent, il rend beaucoup plus service \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9; simplement, ces bienfaits sont beaucoup moins visibles que s&rsquo;il se livrait \u00e0 des d\u00e9penses somptuaires.<\/p>\n<p>Car c&rsquo;est en cela que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d&rsquo;Harpagon est authentique, bien plus grande que s&rsquo;il d\u00e9pensait son argent ou en faisait don. La d\u00e9pense, le don, sont des fa\u00e7ons de s&rsquo;attirer des faveurs; il n&rsquo;y a l\u00e0 aucune g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, mais un simple \u00e9go\u00efsme sous le manteau de la vertu. Les vrais b\u00e9n\u00e9ficiaires de la bont\u00e9 d&rsquo;Harpagon sont tous des inconnus, y compris et surtout de lui-m\u00eame&nbsp;: il est frappant de constater qu&rsquo;il ne d\u00e9couvre que par hasard que c&rsquo;est son propre fils qui cherche \u00e0 lui emprunter de l&rsquo;argent. De la m\u00eame fa\u00e7on, les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de son comportement sont tous ces gens qui pourront payer un peu moins cher leurs biens de consommation, simplement parce qu&rsquo;Harpagon a restreint sa propre demande.<\/p>\n<p>Ce qui est tragique chez Harpagon, c&rsquo;est bien cela&nbsp;: il est en r\u00e9alit\u00e9 le seul personnage authentiquement g\u00e9n\u00e9reux, de fa\u00e7on d\u00e9sinteress\u00e9e, de la pi\u00e8ce. Paradoxal? Seulement en apparence d\u00e8s lors que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de tous les personnages ne vient en r\u00e9alit\u00e9 que de la satisfaction de leur int\u00e9r\u00eat personnel. Les enfants veulent se marier avec qui bon leur semble et extorquer de l&rsquo;argent \u00e0 leur p\u00e8re. Le personnel de maison veut des augmentations salariales et des d\u00e9penses somptuaires; m\u00eame le tr\u00e8s \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9reux\u00a0\u00bb seigneur Anselme qui r\u00e9soud la situation \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce n&rsquo;est bon que parce qu&rsquo;il d\u00e9couvre miraculeusement que Val\u00e8re et Mariane sont ses propres enfants disparus; il n&rsquo;aurait sans doute pas fait preuve de tant de mansu\u00e9tude dans d&rsquo;autres circonstances (et en quoi se distingue-t-il d&rsquo;Harpagon, en cherchant \u00e0 \u00e9pouser une jeunesse \u00e0 l&rsquo;aide de son argent? Au moins Harpagon fait-il quelques efforts de s\u00e9duction&#8230;).<\/p>\n<p>Au milieu de tous ces \u00e9go\u00efstes, Harpagon est le seul v\u00e9ritable altruiste, parce que la fa\u00e7on indirecte dont il exerce sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ne lui fera aucun oblig\u00e9 (contrairement \u00e0 la logique du don). Et l\u00e0 est tout le tragique du personnage&nbsp;: cet homme qui accomplit des bienfaits sans le savoir, dont b\u00e9n\u00e9ficient des gens inconscients de ce qu&rsquo;il leur apporte; qui ne met jamais personne dans l&rsquo;obligation de lui rendre un contre-don; qui est tellement altruiste qu&rsquo;il pr\u00e9f\u00e8re am\u00e9liorer le sort de parfaits \u00e9trangers, quitte \u00e0 d\u00e9grader celle de son entourage et de ses propres enfants. Un tel esprit de sacrifice est tellement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 qu&rsquo;il en devient paradoxalement monstrueux.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;un jour, un metteur en sc\u00e8ne r\u00e9alisera le drame que vit Harpagon, et montrera qu&rsquo;au del\u00e0 de ses quelques excentricit\u00e9s (enterrer de l&rsquo;or dans son jardin, fouiller ses domestiques&#8230;) est un personnage dont la bont\u00e9 n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gale que le tragique de sa situation&nbsp;: car personne ne reconna\u00eetra ses m\u00e9rites, ou les lui rendra de quelque fa\u00e7on que ce soit. faire le bien des autres et ne recevoir en retour que le m\u00e9pris g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;: il y a, chez Harpagon, une certaine forme de saintet\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Avertissement&nbsp;: ce post est en totalit\u00e9 constitu\u00e9 d&rsquo;une divagation \u00e0 vocation \u00e9conomico-litt\u00e9raire. Il n&rsquo;y est fait aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise, \u00e0 la politique \u00e9conomique ou sociale, \u00e0 la question du yen faible, ou \u00e0 un quelconque autre sujet ayant un rapport m\u00eame vague avec l&rsquo;actualit\u00e9. Au contraire, ce <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/et-si-un-economiste-mettait-l-avare-en-scene\/\" title=\"Et si un \u00e9conomiste mettait &quot;l&rsquo;avare&quot; en sc\u00e8ne?\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6636","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6636"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6636\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}