{"id":6425,"date":"2006-06-02T01:28:58","date_gmt":"2006-06-02T01:28:58","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=425"},"modified":"2006-06-02T01:28:58","modified_gmt":"2006-06-02T01:28:58","slug":"la-mobilite-sociale-aux-usa-et-en-europe-du-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/la-mobilite-sociale-aux-usa-et-en-europe-du-nord\/","title":{"rendered":"La mobilit\u00e9 sociale aux USA et en Europe du nord"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2006\/05\/echelle.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;Economist de la semaine derni\u00e8re comportait un <a href=\"http:\/\/www.economist.com\/people\/displaystory.cfm?story_id=E1_GJSNQRG\" hreflang=\"fr\">\u00e9ditorial consacr\u00e9 \u00e0 la mobilit\u00e9 sociale aux USA et en Europe<\/a> (\u20ac), sur la base de travaux d&rsquo;une \u00e9quipe de chercheurs qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 deux r\u00e9cents articles (voici le <a href=\"http:\/\/www2.warwick.ac.uk\/fac\/soc\/economics\/staff\/faculty\/naylor\/publications\/intgenmobnonlinear.pdf\" hreflang=\"fr\">premier<\/a>, au titre un tantinet \u00e9sot\u00e9rique, et voici le <a href=\"http:\/\/doku.iab.de\/externe\/2006\/k060124f13.pdf\" hreflang=\"fr\">second<\/a>, plus explicite). Ces \u00e9tudes confirment certaines choses connues, mettent en \u00e9vidence des ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9connus, et sont l&rsquo;occasion de se poser quelques questions sur la notion de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont mesur\u00e9 la mobilit\u00e9 sociale \u00e0 l&rsquo;aide de divers indicateurs, dont principalement la proximit\u00e9 entre le revenu des p\u00e8res et le revenu des fils. Plus ce revenu est proche (ou reste dans le m\u00eame quintile), plus la mobilit\u00e9 sociale est faible; si par contre il n&rsquo;existe aucune corr\u00e9lation entre revenu du p\u00e8re et revenu du fils, on consid\u00e8re qu&rsquo;il y a une forte mobilit\u00e9 sociale. Les \u00e9tudes portent sur les USA, le Royaume-Uni, et les pays d&rsquo;Europe du Nord (Su\u00e8de, Danemark, Finlande, Norv\u00e8ge). L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ces travaux est de porter sur des donn\u00e9es standardis\u00e9es, pour que les comparaisons entre pays aient un sens; et d&rsquo;\u00e9viter diverses erreurs de mesure (comme par exemple le moment ou la mesure est effectu\u00e9e). Les r\u00e9sultats en sont les suivants&nbsp;:<\/p>\n<p>Cela ne surprendra pas les lecteurs assidus de ce site (qui se souviennent de cette <a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=153\" hreflang=\"fr\">note de lecture<\/a>), on retrouve un r\u00e9sultat peu connu, mais qui est en train de devenir un fait stylis\u00e9 parmi les \u00e9conomistes&nbsp;: la mobilit\u00e9 sociale est beaucoup plus forte en Europe qu&rsquo;aux USA. Elle est la plus forte dans les pays nordiques, un peu moins en Grande-Bretagne, mais surtout, beaucoup moins aux USA, pays dans lequel contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, la mobilit\u00e9 sociale est plut\u00f4t faible et nettement moins grande que dans tous les pays europ\u00e9ens. En classant sur une \u00e9chelle de z\u00e9ro \u00e0 un (z\u00e9ro signifiant aucun lien entre revenu des p\u00e8res et des enfants, donc une mobilit\u00e9 maximale; 1 signifiant que le revenu des enfants est totalement d\u00e9termin\u00e9 par celui des parents, donc aucune mobilit\u00e9), les pays nordiques obtiennent 0.2, la Grande-Bretagne 0.36, les USA 0.54.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de l&rsquo;\u00e9tude ne tient pas cependant \u00e0 cette red\u00e9couverte, mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude dans le d\u00e9tail de cette mobilit\u00e9 sociale. Il en ressort plusieurs \u00e9l\u00e9ments plus in\u00e9dits. tout d&rsquo;abord, et ce dans tous les pays, la mobilit\u00e9 sociale est forte au centre de la distribution des revenus, et plus faible dans les queues de la distribution. Mais c&rsquo;est l\u00e0 que les diff\u00e9rences se font sentir entre les pays. Partout, les 20% les plus riches ont tendance \u00e0 le rester au cours des g\u00e9n\u00e9rations; et ce, aux USA nettement plus que dans les pays europ\u00e9ens. L&rsquo;essentiel des diff\u00e9rences porte n\u00e9anmoins sur les 20% les plus pauvres, qui ont beaucoup plus de chances de rester dans cette cat\u00e9gorie aux USA que dans les pays europ\u00e9ens ou en Grande-Bretagne (laquelle se retrouve, sur ce point, pratiquement au m\u00eame niveau que les pays nordiques). L&rsquo;\u00e9tude montre que 75% des enfants n\u00e9s de familles situ\u00e9es dans les 20% les plus pauvres n&rsquo;appartiennent plus \u00e0 cette cat\u00e9gorie au bout de 40 ans, contre 70% en Grande-Bretagne et 50% aux USA; dans les pays nordiques, les enfants n\u00e9s dans les 20% les plus pauvres gagnent en moyenne autant que ceux n\u00e9s dans le quintile d&rsquo;au dessus (celui des 20-40%). Il y a l\u00e0 un vrai paradoxe&nbsp;: les USA sont le pays du mythe du self-made man, de l&rsquo;individu qui part tr\u00e8s bas dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale et parvient \u00e0 la fortune; ce mythe n&rsquo;a par contre qu&rsquo;une r\u00e9sonnance minime en Europe. Pourtant, c&rsquo;est en Europe qu&rsquo;il est le plus r\u00e9aliste, pas aux USA, ou les pauvres ont tendance \u00e0 le rester. Comment expliquer ce paradoxe?<\/p>\n<p>Pour les auteurs, ce d\u00e9calage entre l&rsquo;image qu&rsquo;ont les gens de la mobilit\u00e9 sociale (jug\u00e9e tr\u00e8s forte par les am\u00e9ricains) provient de ce qui se passe au sein des classes moyennes, dans lesquelles la mobilit\u00e9 sociale est relativement forte, aux USA et en Europe. Du point de vue de la majorit\u00e9 des am\u00e9ricains, la mobilit\u00e9 sociale peut appara\u00eetre comme forte, et l&rsquo;est effectivement; La majorit\u00e9 des europ\u00e9ens, de son c\u00f4t\u00e9, a tendance \u00e0 sous-estimer une mobilit\u00e9 sociale qui s&rsquo;effectue pour une part significativement en dehors des classes moyennes. On pourrait y ajouter l&rsquo;argument d&rsquo;<a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=153\" hreflang=\"fr\">Alesina et Glaeser<\/a>&nbsp;: les vainqueurs des processus \u00e9lectoraux (plut\u00f4t \u00e0 gauche en Europe, \u00e0 droite aux USA) ont impos\u00e9 leur vision du fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectorat.<\/p>\n<p>Comment expliquer cet \u00e9cart de mobilit\u00e9 sociale? selon les auteurs, cet \u00e9cart s&rsquo;explique par la d\u00e9pense publique et la redistribution d&rsquo;une part; et d&rsquo;autre part par le syst\u00e8me \u00e9ducatif, qui dans les pays nordiques est \u00e0 la fois tr\u00e8s performant et tr\u00e8s peu \u00e9litiste. C&rsquo;est ce r\u00f4le du syst\u00e8me \u00e9ducatif qui fait la diff\u00e9rence de mobilit\u00e9 entre les pays nordiques et les pays d&rsquo;Europe continentale, aux syst\u00e8mes \u00e9ducatifs beaucoup plus \u00e9litistes et moins orient\u00e9s vers les classes populaires.<\/p>\n<p>tout cela appelle quelques commentaires. Premi\u00e8rement, sur la mobilit\u00e9 sociale en elle-m\u00eame. Elle est en g\u00e9n\u00e9ral consid\u00e9r\u00e9e comme une bonne chose, mais cela m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre nuanc\u00e9. D&rsquo;abord parce que bien souvent (pas dans cette \u00e9tude, et c&rsquo;est l&rsquo;un de ses grands m\u00e9rites), ce qu&rsquo;on mesure comme \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb recouvre un ensemble de situations tr\u00e8s diff\u00e9rentes les unes des autres. Souvent en effet, on mesure la volatilit\u00e9 des revenus d&rsquo;un individu au cours de sa vie, ou la question de savoir si cet individu reste, ou monte ou descend, hors de son quantile de d\u00e9part. Cette mesure de la mobilit\u00e9 sociale aboutit \u00e0 ne rien mesurer de tangible. On classera comme \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb le fait pour un individu de voir son revenu baisser parce qu&rsquo;il divorce, le fils de famille \u00e0 qui ses parents paient les \u00e9tudes et qui pendant ce temps travaille \u00e0 mi-temps pour arrondir ses fins de mois, et qui 10 ans plus tard sera cadre sup\u00e9rieur bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9; D\u00e8s lors qu&rsquo;on prend en compte ce genre de donn\u00e9es, la \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb ne veut plus rien dire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le grand m\u00e9rite de ces travaux que de chercher pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 corriger ces effets, et \u00e0 s&rsquo;attacher \u00e0 une d\u00e9finition plausible de la mobilit\u00e9 sociale. Pour autant, faut-il consid\u00e9rer la mobilit\u00e9 sociale comme une bonne chose de fa\u00e7on univoque? Pas forc\u00e9ment. Imaginons, apr\u00e8s tout, une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la destin\u00e9e d&rsquo;un individu est ind\u00e9pendante de celle de ses parents, et dans laquelle un syst\u00e8me \u00e9ducatif performant permet \u00e0 chacun de r\u00e9ussir en fonction de ses capacit\u00e9s. Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule fa\u00e7on d&rsquo;expliquer l&rsquo;\u00e9chec, le fait de se retrouver dans le bas de l&rsquo;\u00e9chelle sociale&nbsp;: c&rsquo;est qu&rsquo;on est un individu limit\u00e9, tar\u00e9. Paradoxalement, dans une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la pomme ne tombe jamais loin du pommier, on peut imaginer que les gens seront plus heureux&nbsp;: s&rsquo;ils \u00e9chouent, ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment leur faute, mais celle d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 injuste qui favorise les enfants de ceux qui sont favoris\u00e9s. Il ne faut pas oublier non plus que pour un individu qui sort des 20% les plus pauvres, il y en a n\u00e9cessairement un qui entre. Pour ce dernier, cela ne change probablement pas grand-chose \u00e0 sa vie&nbsp;: auparavant, il \u00e9tait le plus bas de la cat\u00e9gorie 20%-40%, ensuite, il se retrouve le plus haut des 0-20%. Mais ce changement est parfaitement imperceptible&nbsp;: ses amis, ses coll\u00e8gues de travail, ses voisins, tous les gens qui peuvent lui servir de point de r\u00e9f\u00e9rence, sont au m\u00eame niveau relatif. N\u00e9anmoins, si de tels changements sont fr\u00e9quents, ceux qui voient leur prog\u00e9niture stagner ou r\u00e9gresser pendant que les autres progressent peuvent mal le supporter.<\/p>\n<p>Pour que de tels changements soient accept\u00e9s, il faut que la soci\u00e9t\u00e9 soit, d\u00e8s le d\u00e9part, une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s homog\u00e8ne. C&rsquo;est ce qui fait d&rsquo;ailleurs que la mobilit\u00e9 sociale soit bien accept\u00e9e dans les classes moyennes&nbsp;: dans celles-ci, la mobilit\u00e9 sociale, c&rsquo;est le fils d&#8217;employ\u00e9 des postes qui devient cadre moyen dans une entreprise industrielle; le fils de professeur des universit\u00e9s qui devient <del>instituteur<\/del> professeur des \u00e9coles; d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration sur l&rsquo;autre, cela signifie des changements dans la cat\u00e9gorie de revenus, mais les revenus ne sont pas la seule fa\u00e7on de se d\u00e9finir par rapport \u00e0 un groupe. Dans une soci\u00e9t\u00e9 homog\u00e8ne, la majorit\u00e9 de la population est dispos\u00e9e \u00e0 payer pour un syst\u00e8me redistributif et pour un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation non \u00e9litiste, parce que ceux qui sont susceptibles d&rsquo;en b\u00e9n\u00e9ficier ne sont pas bien loin, ils sont \u00ab\u00a0des n\u00f4tres\u00a0\u00bb. Les choses changent dans une soci\u00e9t\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, constitu\u00e9e de cat\u00e9gories s\u00e9par\u00e9es par des barri\u00e8res g\u00e9ographiques, ou comme le montrent Alesina et Glaeser, ethniques ou raciales. Pour le comprendre, il suffit d&rsquo;observer cette carte de la pauvret\u00e9 aux USA (tir\u00e9e de <a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=88\" hreflang=\"fr\">Easterly<\/a>), dans laquelle chaque point indique un comt\u00e9 dont le taux de pauvret\u00e9 est sup\u00e9rieur \u00e0 35%&nbsp;:<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2006\/05\/developpement6.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Cette figure ne permet pas de voir une cat\u00e9gorie de pauvres&nbsp;: les populations noires des quartiers de centre-ville. Elle montre n\u00e9anmoins une pauvret\u00e9 concentr\u00e9e sur quelques cat\u00e9gories de population&nbsp;: une pauvret\u00e9 rurale, qu&rsquo;on trouve dans les Appalaches et le Dakota du Sud; les indiens, dans les r\u00e9serves du Sud-Ouest; les latino-am\u00e9ricains \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mexique; et les noirs, ruraux (dans le bassin du Mississipi) ou urbains (dans les centre-ville). En d&rsquo;autres termes, aux USA, les pauvres sont \u00ab\u00a0diff\u00e9rents\u00a0\u00bb&nbsp;: c&rsquo;est \u00e0 dire qu&rsquo;ils sont extr\u00eamement concentr\u00e9s dans quelques cat\u00e9gories extr\u00eamement identifiables. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne produit deux choses&nbsp;: premi\u00e8rement, comme les pauvres sont \u00ab\u00a0diff\u00e9rents\u00a0\u00bb, les classes moyennes ne voient pas l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de payer pour une redistribution qui ne b\u00e9n\u00e9ficie qu&rsquo;aux \u00ab\u00a0autres\u00a0\u00bb; et deuxi\u00e8mement, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ces cat\u00e9gories tr\u00e8s identifi\u00e9es, se d\u00e9veloppe l&rsquo;id\u00e9e que la progression sociale est impossible lorsqu&rsquo;on appartient \u00e0 la mauvaise cat\u00e9gorie. <a href=\"http:\/\/uwacadweb.uwyo.edu\/Ashleywy\/myth_of_upward_mobility.htm\" hreflang=\"fr\">Et cette id\u00e9e devient une proph\u00e9tie autor\u00e9alisatrice<\/a>. C&rsquo;est ce qui cr\u00e8e le paradoxe de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine&nbsp;: alors que les plus grandes institutions \u00e9ducatives du pays font un \u00e9norme effort pour attirer les cat\u00e9gories sociales d\u00e9favoris\u00e9es, que par exemple la s\u00e9lection est moins dure pour les noirs que pour les blancs \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des grandes universit\u00e9s, quelque chose conduit les pauvres \u00e0 refuser d&rsquo;imaginer que les \u00e9tudes sont possibles. Personne ne sait exactement ce qu&rsquo;est ce quelque chose, mais il rel\u00e8ve d&rsquo;attitudes qui s&rsquo;apprennent dans un groupe de pairs d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge.<\/p>\n<p>En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est parce que les soci\u00e9t\u00e9s nordiques sont tr\u00e8s homog\u00e8nes que la fluidit\u00e9 sociale y est accept\u00e9e, et qu&rsquo;il existe un large consensus autour de diverses formes de redistribution qui amplifient la mobilit\u00e9 sociale. Et c&rsquo;est parce que la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, que la pauvret\u00e9 y est concentr\u00e9e sur des cat\u00e9gories tr\u00e8s identifi\u00e9es de la population, qu&rsquo;il y est difficile pour les pauvres de sortir de leur \u00e9tat, et que les d\u00e9penses publiques susceptibles de les y aider ne se trouvent pas dans les pr\u00e9f\u00e9rences de l&rsquo;\u00e9lecteur m\u00e9dian. Tant que ces diff\u00e9rences d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s subsisteront, les diff\u00e9rences de mobilit\u00e9 sociale entre pays feront de m\u00eame.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>L&rsquo;Economist de la semaine derni\u00e8re comportait un \u00e9ditorial consacr\u00e9 \u00e0 la mobilit\u00e9 sociale aux USA et en Europe (\u20ac), sur la base de travaux d&rsquo;une \u00e9quipe de chercheurs qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 deux r\u00e9cents articles (voici le premier, au titre un tantinet \u00e9sot\u00e9rique, et voici le second, plus explicite). <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/la-mobilite-sociale-aux-usa-et-en-europe-du-nord\/\" title=\"La mobilit\u00e9 sociale aux USA et en Europe du nord\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6425"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6425\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}