{"id":6316,"date":"2006-03-27T01:14:21","date_gmt":"2006-03-27T01:14:21","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=316"},"modified":"2006-03-27T01:14:21","modified_gmt":"2006-03-27T01:14:21","slug":"comment-qu-on-a-lu-le-livre-a-christian-blanc-ou-la-sillicon-valley-dans-ton-jardin-oui-jeune-de-france-c-est-possible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/comment-qu-on-a-lu-le-livre-a-christian-blanc-ou-la-sillicon-valley-dans-ton-jardin-oui-jeune-de-france-c-est-possible\/","title":{"rendered":"Comment qu&rsquo;on a lu le livre \u00e0 Christian Blanc (Ou La sillicon Valley dans ton jardin, oui, jeune de France, c&rsquo;est possible !)"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/blanc.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p> On dit trop souvent que les d\u00e9bats de cybercomptoir de AD et SM sont des discussions peu structur\u00e9es et lanc\u00e9es au hasard. Non, l\u00e0, la discussion a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien organis\u00e9e, voulue et pr\u00e9par\u00e9e. C&rsquo;est la faute au livre de Christian Blanc, <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2738117155\/qid=1143414425\/sr=8-1\/ref=pd_ka_0\/171-5904001-5240234\">\u00ab\u00a0La croissance ou le chaos\u00a0\u00bb<\/a>. On l&rsquo;a lu tous les deux. On a plut\u00f4t bien aim\u00e9 tous les deux. On en a parl\u00e9 tous les deux. Et, comme toujours dans les d\u00e9bats de cybercaf\u00e9 du commerce, on a fini fatigu\u00e9s, du fait de la r\u00e9p\u00e9tition des cybertourn\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste AD :<\/strong> \u00ab\u00a0la croissance ou le   chaos\u00a0\u00bb de Christian Blanc s&rsquo;articule autour de trois id&eacute;es. La premi&egrave;re,   c&rsquo;est que la croissance &eacute;conomique est le pr&eacute;alable indispensable   &agrave; toute &eacute;volution favorable de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise,   et que la croissance &eacute;conomique &agrave; long terme passe par l&rsquo;innovation.   La seconde, c&rsquo;est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les innovations les plus importantes ne naissent   pas de programmes lanc&eacute;s dans des grandes entreprises industrielles,   mais apparaissent de fa&ccedil;on d&eacute;centralis&eacute;e, au sein de <a href=\"http:\/\/www.isc.hbs.edu\/econ-clusters.htm\">\u00ab\u00a0clusters\u00a0\u00bb<\/a>,   c&rsquo;est &agrave; dire des zones g&eacute;ographiques dans lesquelles on trouve   des universit&eacute;s, des laboratoires de recherche, des petites entreprises-champignon,   et des industriels, coop&eacute;rant mutuellement. La troisi&egrave;me id&eacute;e,   c&rsquo;est que la mise en place de ces \u00ab\u00a0clusters\u00a0\u00bb en France impose une logique d&eacute;centralis&eacute;e,   au niveau des r&eacute;gions : sur la base des probl&egrave;mes rencontr&eacute;s   dans la mise en place des \u00ab\u00a0p&ocirc;les de comp&eacute;titivit&eacute;\u00a0\u00bb, Blanc   recommande un syst&egrave;me de recherche organis&eacute; autour de laboratoires   et d&rsquo;universit&eacute;s &agrave; plus grande autonomie, de taille r&eacute;gionale,   et sans le contr&ocirc;le de la bureaucratie &eacute;tatique et de sa tendance   centralisatrice.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> Oui, oh ben, tu m&rsquo;apprends rien, je l&rsquo;ai   lu moi aussi le livre&#8230;<\/p>\n<p>   <strong>Econoclaste AD :<\/strong> D&rsquo;accord, mais t&rsquo;es pas seul ici. Y a Jojo   qui n&rsquo;a pas eu le temps de le lire, alors je r&eacute;sume ! Pfffff&#8230; Je le   crois pas, il dort d&eacute;j&agrave;&#8230; Bon&#8230; Bref&#8230; L&rsquo;ensemble   du livre a deux qualit&eacute;s de forme : c&rsquo;est tr&egrave;s clair, et c&rsquo;est   tr&egrave;s orient&eacute; vers l&rsquo;action et les propositions concr&egrave;tes.   A ces qualit&eacute;s de base, j&rsquo;en ajouterai une troisi&egrave;me : c&rsquo;est un   livre optimiste. Sur un fond assez alarmiste, mais qui n&rsquo;est pas l&rsquo;essentiel,   on a quand m&ecirc;me un sentiment positif en le lisant, je trouve que c&rsquo;est   une lecture motivante, &agrave; la fin de laquelle on a envie de se dire \u00ab\u00a0allons-y\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sur le fond, je suis enti&egrave;rement d&rsquo;accord avec   le premier th&egrave;me : la croissance &eacute;conomique est le pr&eacute;alable   indispensable &agrave; toute &eacute;volution de la soci&eacute;t&eacute; et   de l&rsquo;&eacute;conomie fran&ccedil;aise. <a  href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/inutile-debat-social\/\">Discuter   de \u00ab\u00a0mod&egrave;le social\u00a0\u00bb ne m&egrave;ne &agrave; rien sans croissance<\/a>;   les r&eacute;formes seront toujours refus&eacute;es, et il est vain de r&ecirc;ver   d&rsquo;un march&eacute; du travail plus \u00ab\u00a0flexible et s&ucirc;r\u00a0\u00bb sans l&rsquo;assurance   des gens de retrouver un emploi.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> difficile de dire le   contraire. J&rsquo;avoue avoir m&ecirc;me &eacute;t&eacute; surpris par la qualit&eacute;   de la vulgarisation au d&eacute;but du livre. Quand Christian Blanc explique   les ressorts de la croissance en quelques pages, c&rsquo;est pas mal du tout. Ensuite,   si on regarde le livre avec un oeil moins na&iuml;f, je lui trouve un d&eacute;faut   de forme qui conduit &agrave; une insuffisance de fonds : il &eacute;vite manifestement   de trop froisser des susceptibilit&eacute;s. Ce n&rsquo;est pas vrai tout au long   de l&rsquo;ouvrage, mais on a parfois le sentiment d&rsquo;une certaine retenue. Le probl&egrave;me,   c&rsquo;est que cet optimisme qu&rsquo;on ressent bien, fait un peu l&rsquo;impasse sur les difficult&eacute;s   &agrave; surmonter. La surprise, en quelque sorte, c&rsquo;est qu&rsquo;on s&rsquo;attend &agrave;   un ouvrage politique, avec un peu d&rsquo;&eacute;conomie et qu&rsquo;on se retrouve &agrave;   99% dans une orientation &eacute;conomique. C&rsquo;est assez naturel pour un bouquin   titr&eacute; \u00ab\u00a0la croissance ou le chaos\u00a0\u00bb. N&eacute;anmoins, ce ne serait pas   le premier &agrave; s&rsquo;&eacute;carter en contenu du titre&#8230; J&rsquo;y vois une vertu   essentielle : aller droit au but et ne pas se lamenter sur le credo de la France   non r&eacute;form&eacute;e largement non r&eacute;formable. D&rsquo;autant que Blanc   ne donne pas dans l&rsquo;ang&eacute;lisme. L&rsquo;inconv&eacute;nient, c&rsquo;est qu&rsquo;on se   dit que son programme est beau, int&eacute;ressant, mais qu&rsquo;on le voit pas mal   condamn&eacute; &agrave; rester consign&eacute; sur le papier.<\/p>\n<p>Tu parles de mod&egrave;le social inutile, et de r&eacute;formes   toujours refus&eacute;es sans croisssance. C&rsquo;est un fait. N&eacute;anmoins,   dans la conclusion, on peut lire que \u00ab\u00a0Plus encore que d&rsquo;autres peuples, qui   ont la tradition des r&eacute;formes progressives, les Fran&ccedil;ais ont besoin   d&rsquo;un horizon bien d&eacute;fini. Ils ne sont pr&ecirc;ts ni aux efforts, ni   aux enthousiasmes qui ne sont pas &eacute;clair&eacute;s par une forte ambition\u00a0\u00bb.   Et si c&rsquo;&eacute;tait vrai ? On peut par exemple interpr&eacute;ter l&rsquo;actualit&eacute;   du moment de cette fa&ccedil;on : si une majorit&eacute; de fran&ccedil;ais   est oppos&eacute;e au CPE, ce n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas par refus d&rsquo;&eacute;voluer.   C&rsquo;est peut-&ecirc;tre simplement parce qu&rsquo;ils ne voient pas l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t   de la mesure pour l&#8217;emploi des jeunes, mais y per&ccedil;oivent un co&ucirc;t   social nettement moins incertain. Si la mesure &eacute;tait salu&eacute;e d&rsquo;un   point de vue de ses probables retomb&eacute;es en termes d&#8217;emploi, l&rsquo;opposition   persisterait dans certains rangs, mais pas dans d&rsquo;autres.<br \/>   D&egrave;s lors, la croissance n&rsquo;est pas vraiment un pr&eacute;alable. On peut   comprendre que c&rsquo;est ce que Christian Blanc consid&egrave;re, d&rsquo;ailleurs. Malgr&eacute;   des signes, je n&rsquo;en suis pas certain. De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale,   c&rsquo;est une des h&eacute;sitations du livre : o&ugrave; est la limite entre le   volontarisme et la simple mise en place d&rsquo;un environnement propice &agrave;   la croissance, un \u00ab\u00a0&eacute;cosyst&egrave;me de la croissance\u00a0\u00bb ? Je dis bien   \u00ab\u00a0la limite\u00a0\u00bb, car Blanc n&rsquo;a pas un point de vue extr&ecirc;me sur la place du   march&eacute; et des pouvoirs publics : chacun &agrave; sa place. Mais o&ugrave;   est-elle exactement ?<\/p>\n<p><strong>Econoclaste AD :<\/strong> Tu condamnes rapidement   l&rsquo;ensemble&#8230; Mais le sujet le plus important, c&rsquo;est la seconde id&eacute;e   &#8211; l&rsquo;innovation comme r&eacute;sultant de clusters r&eacute;gionaux, c&rsquo;est &agrave;   dire d&rsquo;aires g&eacute;ographiques sp&eacute;cialis&eacute;es. Elle traduit une   id&eacute;e r&eacute;cente de la g&eacute;ographie &eacute;conomique. A partir   d&rsquo;une impulsion initiale, produire dans une zone un m&eacute;canisme auto-entretenu.   Les entreprises s&rsquo;installent sur place parce qu&rsquo;il y a des laboratoires de recherche   et des universit&eacute;s, donc du personnel qualifi&eacute; potentiel; les   laboratoires de recherche se d&eacute;veloppent gr&acirc;ce aux financements   des entreprises, le tout cr&eacute;ant un cercle vertueux et une dynamique de   sp&eacute;cialisation d&rsquo;un territoire sur l&rsquo;innovation, autour d&rsquo;un secteur   d&rsquo;activit&eacute;. Sur ce point, je me pose plus de questions. L&rsquo;id&eacute;e   de favoriser l&rsquo;&eacute;mergence de tels clusters est tr&egrave;s bonne, mais   risque &#8211; comme le constate d&rsquo;ailleurs Christian Blanc &#8211; de s&rsquo;enliser dans la   fascination fran&ccedil;aise pour les &eacute;normes programmes bien visibles,   au d&eacute;triment de vraies innovations. J&rsquo;ajouterai un autre probl&egrave;me,   qui me semble plus fondamental. La logique sous-jacente est celle de la \u00ab\u00a0comp&eacute;titivit&eacute;\u00a0\u00bb,   l&rsquo;id&eacute;e de cr&eacute;er des entreprises leader technologique dans leur   secteur d&rsquo;activit&eacute;. Mais est-ce vraiment une priorit&eacute;? Ce qui   compte, dans l&rsquo;innovation, ce n&rsquo;est pas de disposer d&rsquo;un Microsoft national   : c&rsquo;est le ph&eacute;nom&egrave;ne de diffusion de l&rsquo;innovation, dont parfois   (pas souvent d&rsquo;ailleurs : rares sont les cas d&rsquo;apparition d&rsquo;une entreprise assise   sur une rente technologique) &eacute;merge un Microsoft. Or ce processus de   diffusion de l&rsquo;innovation n&eacute;cessite deux choses : premi&egrave;rement,   une forte concurrence sur le march&eacute; des biens et services; deuxi&egrave;mement,   un processus de \u00ab\u00a0destruction cr&eacute;atrice\u00a0\u00bb, c&rsquo;est &agrave; dire, la disparition   de pas mal d&rsquo;entreprises mises &agrave; mal par ces innovations. Le probl&egrave;me   fran&ccedil;ais n&rsquo;est-il pas avant tout dans une concurrence insuffisante, &agrave;   laquelle on pr&eacute;f&egrave;re le corporatisme et les \u00ab\u00a0champions nationaux\u00a0\u00bb,   et dans une tr&egrave;s grande r&eacute;ticence &agrave; voir des activit&eacute;s   dispara&icirc;tre?<br \/>   En d&rsquo;autres termes, je trouve la logique des clusters, la mont&eacute;e vers   l&rsquo;innovation, excellente; je doute simplement qu&rsquo;elle suffise &agrave; favoriser   la croissance en France. La croissance aux USA, ce n&rsquo;est pas la Silicon Valley   : c&rsquo;est la Silicon Valley ET Wal Mart. Christian Blanc a d&rsquo;excellentes id&eacute;es   pour faire &eacute;merger des Silicon Valley; mais est-ce suffisant?<\/p>\n<p>   Je suis aussi enti&egrave;rement d&rsquo;accord avec le troisi&egrave;me point. On   l&rsquo;oublie souvent, mais la recherche scientifique europ&eacute;enne &eacute;tait,   avant la seconde guerre mondiale, la premi&egrave;re du monde, loin devant celle   des USA. On incrimine souvent la seconde guerre mondiale pour expliquer que   ce rang n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; r&eacute;cup&eacute;r&eacute;; mais on   oublie que cette p&eacute;riode a aussi coincid&eacute; avec la centralisation   de la recherche scientifique dans les pays europ&eacute;ens. Or, <a href=\"http:\/\/www.johnkay.com\/political\/431\">la   centralisation en mati&egrave;re de recherche est la voie pav&eacute;e vers   la m&eacute;diocrit&eacute;<\/a>, comme le rappelait r&eacute;cemment John Kay.      <\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> En mati&egrave;re d&rsquo;organisation   de la recherche et de l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur, la centralisation n&rsquo;est   qu&rsquo;un des &eacute;l&eacute;ments. Certainement majeur, mais je retiens de ce   qui se raconte dans le livre la charge contre le mod&egrave;le dual universit&eacute;s-&eacute;coles.   Au d&eacute;part, il n&rsquo;y a pas grand chose &agrave; dire sur le sujet, qui est   bien connu. Les grandes &eacute;coles ont leurs partisans, l&rsquo;universit&eacute;   aussi. En l&rsquo;&eacute;tat actuel, ce syst&egrave;me qui tient les &eacute;lites   s&eacute;lectionn&eacute;es le plus loin de l&rsquo;activit&eacute; r&eacute;put&eacute;e   la plus difficile intellectuellement, la recherche, est assez &eacute;tonnant.   On doit partager ce constat de Blanc. Du point de vue de la s&eacute;lection   des &eacute;lites et de la formation des &eacute;tudiants de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale,   il n&rsquo;est pas satisfaisant. L&agrave; o&ugrave; le raisonnement en clusters devient   int&eacute;ressant, c&rsquo;est qu&rsquo;il rend possible la r&eacute;organisation efficace   de ces entit&eacute;s, sans pour autant briser les identit&eacute;s des uns   et des autres. Le risque, c&rsquo;est qu&rsquo;il les brise si peu que tout continue comme   avant&#8230; De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, les propositions du livre   pour r&eacute;former la recherche sont s&eacute;duisantes. Elles restent n&eacute;anmoins   tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rales. D&eacute;cr&eacute;ter que le CNRS devienne   un centre de moyens plut&ocirc;t qu&rsquo;une machine &agrave; organiser la science,   c&rsquo;est probablement un pas dans le bon sens. Mais &ccedil;a ne dit pas comment   faire pour l&rsquo;imposer. Quand je parle de l&rsquo;imposer, je veux dire organiser une   gouvernance efficace du syst&egrave;me, pas faire passer le d&eacute;cret modifiant   le statut de l&rsquo;institution. Ensuite, pour ce qui est de g&eacute;n&eacute;raliser   le statut d&rsquo;enseignant-chercheur, j&rsquo;applaudis des deux mains. Mais je m&rsquo;interroge   n&eacute;anmoins sur la r&eacute;alit&eacute; de la s&eacute;paration entre   chercheurs et enseignement. J&rsquo;ai eu des enseignements donn&eacute;s par des   chercheurs affili&eacute;s au CNRS. Le chercheur qui n&rsquo;enseigne pas, est-ce   si fr&eacute;quent ? Franchement, je n&rsquo;en sais rien. Ce que je sais en revanche,   c&rsquo;est que les quelques chercheurs CNRS que j&rsquo;ai eu en cours, c&rsquo;&eacute;tait   plut&ocirc;t (voire exclusivement) en DEA. Cette id&eacute;e sous-jacente que   les meilleurs (disons plut&ocirc;t les plus sp&eacute;cialis&eacute;s) doivent   enseigner uniquement au plus haut niveau est largement une pitrerie. La d&eacute;marche   avanc&eacute;e par l&rsquo;auteur aurait ce m&eacute;rite d&rsquo;y mettre fin. A force   de consid&eacute;rer qu&rsquo;on ne donne pas de la confiture aux cochons, on est   probablement all&eacute;s trop loin dans cette logique. Qu&rsquo;est-ce qui peut motiver   un gamin de 18 ou 19 ans &agrave; poursuivre des &eacute;tudes longues dans   un domaine complexe ? La solution individuelle qu&rsquo;on nous sert <em>de facto<\/em>   aujourd&rsquo;hui est simple : en dehors de ceux qui ont une id&eacute;e bien claire   de ce qu&rsquo;ils veulent faire, si tu as la chance de rencontrer un prof qui te   s&eacute;duise, alors tu envisages un approfondissement. C&rsquo;est incroyablement   limit&eacute;, non ?<\/p>\n<p>Concernant les clusters, je partage ton scepticisme d&egrave;s   qu&rsquo;on s&rsquo;int&eacute;resse aux d&eacute;tails. S&rsquo;il semble correct de dire qu&rsquo;une   organisation en clusters peut amener une performance en mati&egrave;re d&rsquo;innovation,   je suis d&rsquo;accord avec toi pour contester le caract&egrave;re autosuffisant de   ces quelques dizaines de sites bien organis&eacute;s qui sortiraient la France   de l&rsquo;anonymat technologique. Tu cites Wal Mart et l&rsquo;obsession de la comp&eacute;titivit&eacute;.   Sur le second point, je confirme que Christian Blanc est largement dans cette   logique. Le mot \u00ab\u00a0concurrence\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0comp&eacute;titivit&eacute;\u00a0\u00bb &agrave; l&rsquo;&eacute;gard   des p&ocirc;les &eacute;trangers revient plusieurs fois, comme si nous avions   une autre bataille &agrave; gagner que de fabriquer des produits utiles &agrave;   nous-m&ecirc;mes et aux autres. Par chance, l&rsquo;ouvrage ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;une   r&eacute;elle obsession de la comp&eacute;titivit&eacute;. Mais elle fait son   apparition r&eacute;guli&egrave;rement, ce qui nous fait toujours tiquer&#8230;<br \/>   Ensuite, en se limitant &agrave; l&rsquo;innovation, on se limite &agrave; une classe   de mod&egrave;les expliquant la croissance. Le m&eacute;rite qu&rsquo;on peut trouver   au bouquin de Blanc, c&rsquo;est de traduire concr&egrave;tement les aspects les plus   importants des mod&egrave;les d&rsquo;inspiration schumpeterienne. S&rsquo;il ne fallait   lire le livre que pour une chose, peut-&ecirc;tre que je retiendrais celle-ci.   La croissance en clusters, c&rsquo;est comme tu le rappelles, la g&eacute;ographie   &eacute;conomique. Mais, au del&agrave; de cela, il y a aussi la critique de   la politique d&rsquo;&eacute;ducation fran&ccedil;aise. Depuis quelques ann&eacute;es,   ce qui m&rsquo;impressionne de fa&ccedil;on croissante, c&rsquo;est de constater qu&rsquo;un grand   nombre d&rsquo;id&eacute;es contenues dans les publications sur le d&eacute;veloppement,   notamment dans le bouquin de William Easterly \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=88\">The   Elusive Quest for Growth<\/a>\u00a0\u00bb sont utiles pour la France (ce qui n&rsquo;est pas le   cas d&rsquo;autres pays industrialis&eacute;s). Parmi celles-ci, il y a le fait que   le lien entre croissance et d&eacute;penses d&rsquo;enseignement primaire et secondaire   cesse d&rsquo;&ecirc;tre pr&eacute;gnant quand on arrive &agrave; un certain seuil   de d&eacute;veloppement. C&rsquo;est l&rsquo;analyse en termes de distance &agrave; la fronti&egrave;re   technologique : plus un pays est proche de la fronti&egrave;re technologique   (mat&eacute;rialis&eacute;e en quelque sorte par le niveau technologique du   pays le plus avanc&eacute;), moins les d&eacute;penses d&rsquo;&eacute;ducation primaire   et secondaire ont un impact sur la croissance. En revanche, celles de l&rsquo;enseignement   sup&eacute;rieur sont importantes. Blanc reprend largement &agrave; son compte   cette vision des choses. Je suppose qu&rsquo;il a raison. Mais si la solution semble   &eacute;vidente, &agrave; savoir r&eacute;&eacute;quilibrer les d&eacute;penses   vers l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur, je n&rsquo;ai pas le sentiment que les fran&ccedil;ais   l&rsquo;entendent vraiment de la m&ecirc;me oreille. Il y a une crispation sur l&rsquo;enseignement   primaire et secondaire qui ne peut probablement pas s&rsquo;&eacute;luder en sortant   Schumpeter de la manche. Le mouvement contre la loi Fillon l&rsquo;a montr&eacute;   l&rsquo;an dernier. De cela, il n&rsquo;est nullement question dans le livre. Ce qui se   comprend, mais renvoie le probl&egrave;me &agrave; plus tard.<\/p>\n<p>   Enfin, la question qui se pose encore, est de savoir ce qui se passe autour   des clusters&#8230; Un aspect qui reste un peu ignor&eacute; ici, c&rsquo;est tout simplement   le degr&eacute; de diffusion des NTIC en mati&egrave;re d&rsquo;usage, plut&ocirc;t   que de production. Il y a quelques ann&eacute;es, un <a href=\"http:\/\/www.cae.gouv.fr\/rapports\/28.htm\">rapport   du CAE<\/a> de Daniel Cohen et Mich&egrave;le Debonneuil &eacute;voquait clairement   cet aspect : jusqu&rsquo;&agrave; un certain point, on peut &ecirc;tre tr&egrave;s   heureux sans produire beaucoup de TIC, du moment qu&rsquo;on sait au moins les utiliser.   En gros, sans remettre en cause l&rsquo;imp&eacute;ratif de d&eacute;velopper des   technologies de pointe, avoir des banques, des supermarch&eacute;s et des h&ocirc;tels   g&eacute;r&eacute;s et orgagnis&eacute;s avec efficacit&eacute;, c&rsquo;est aussi   une cl&eacute; de la croissance. Et je retombe sur ton argument concernant la   concurrence : si les entreprises n&rsquo;ont pas les incitations pour aller vers cette   diffusion, elles ne le font pas. Pour tout dire, ma r&eacute;action a &eacute;t&eacute;   la m&ecirc;me que la tienne. Je me suis demand&eacute; comment on pouvait finalement   r&eacute;sumer la croissance &agrave; des p&ocirc;les technologiques et laisser   par exemple de c&ocirc;t&eacute; le fait que les march&eacute;s des biens et   services sont trop souvent peu concurrentiels. J&rsquo;ai bien ma petite id&eacute;e   sur la question n&eacute;anmoins : je crains fort que dans la logique du bouquin   la concurrence soit &agrave; aller chercher sur les march&eacute;s &eacute;trangers.   Ce qui est une source sans fin de confusions possibles&#8230;<br \/>   Au fond, il met de c&ocirc;t&eacute; tous les aspects institutionnels de la   croissance qui n&rsquo;ont pas directement trait &agrave; l&rsquo;innovation technologique.   Sur un point, le probl&egrave;me est assez bien r&eacute;sum&eacute;, celui   des biens publics : ce qui rel&egrave;ve des infrastructures est un pr&eacute;alable   incontournable, mais ne saurait &ecirc;tre la source de la croissance. On pourrait   d&rsquo;ailleurs discuter cette affirmation. Je pense qu&rsquo;il a raison quand il consid&egrave;re   qu&rsquo;on ne peut mener une politique de croissance appuy&eacute;e en priorit&eacute;   l&agrave; dessus. Il me semble aussi qu&rsquo;il a un peu tort de consid&eacute;rer   cela comme une question &agrave; part. Quand on construit le viaduc de Millau   (il l&rsquo;&eacute;voque comme une r&eacute;ussite), on a n&eacute;cessairement un   impact sur les entreprises qui sont mandat&eacute;es pour le faire. Si d&rsquo;une   telle commande n&rsquo;&eacute;merge pas des <a  href=\"http:\/\/www.lexpress.presse.fr\/info\/france\/dossier\/datar\/dossier.asp?ida=428862\">innovations   techniques<\/a>, c&rsquo;est &agrave; d&eacute;sesp&eacute;rer. C&rsquo;est aussi le moyen   de valoriser des innovations ant&eacute;rieures &agrave; la commande. Artus   et Virard l&rsquo;&eacute;voquaient par exemple dans leur livre \u00ab\u00a0<a  href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=131\">La France peut se   ressaisir<\/a>\u00a0\u00bb et vantaient l&rsquo;implication de l&rsquo;Etat f&eacute;d&eacute;ral aux   Etats Unis, au travers de ces commandes qui donnent aux entreprises une raison   &#8211; suppl&eacute;mentaire &#8211; d&rsquo;innover. En poussant la logique plus loin encore,   on retrouve aussi la politique macro&eacute;conomique que Blanc met de c&ocirc;t&eacute;   d&#8217;embl&eacute;e. Bon, cet aspect est un peu compliqu&eacute;. L&rsquo;articulation   entre politiques conjoncturelles et croissance (&agrave; long terme) est finalement   assez mal connue, mais pas sans int&eacute;r&ecirc;t (voir notamment <a  href=\"http:\/\/www.cae.gouv.fr\/rapports\/59.htm\">ce rapport qui vient de sortir<\/a>).   <\/p>\n<p><strong>Econoclaste AD :<\/strong> Ce que tu avances confirme   une impression : certaines des limites qu&rsquo;on peut trouver au livre proviennent   de ses postulats, qui ne sont pas absurdes. Le premier d&rsquo;entre eux, c&rsquo;est de   travailler &agrave; moyens constants, et de jouer sur les gains r&eacute;sultant   de la r&eacute;organisation; en l&rsquo;occurence, celle de la recherche, mais aussi   de fa&ccedil;on plus g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;organisation administrative   fran&ccedil;aise, les structures &eacute;tatiques devenant des incitateurs et   pourvoyeurs de moyens, tandis que la mise en place se fait au niveau r&eacute;gional.<br \/>   Ce postulat de la stabilit&eacute; des moyens n&rsquo;est pas faux : en pratique,   le niveau de la d&eacute;pense publique en France est d&eacute;j&agrave; tellement   &eacute;lev&eacute; qu&rsquo;il ne faut pas esp&eacute;rer grand-chose de son augmentation.   C&rsquo;est dans ce sens qu&rsquo;on peut comprendre les limites de l&rsquo;investissement public,   il me semble. Il faut voir aussi que sa logique est largement une logique d&rsquo;&eacute;parpillement   des moyens, selon des objectifs plus &eacute;lectoraux que li&eacute;s &agrave;   une recherche d&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;conomique. A ce niveau-l&agrave; aussi,   le poids du centralisme se fait sentir.<\/p>\n<p>   Pour moi, c&rsquo;est cette question du centralisme qui est la plus importante, et   la plus difficile &agrave; mettre en place. Toutes les bonnes id&eacute;es &#8211;   et les clusters technologiques en font partie &#8211; seront immanquablement g&acirc;ch&eacute;es   si elles font l&rsquo;objet d&rsquo;une organisation &eacute;tatique centralis&eacute;e.   De plus, la d&eacute;centralisation en France fonctionne mal : elle ne consiste   que dans l&#8217;empilement de niveaux de pouvoir, qui pour l&rsquo;instant co&ucirc;tent   cher (en fonctionnaires territoriaux, en locaux plus ou moins pharaoniques)   pour des r&eacute;sultats plus que mitig&eacute;s.<br \/>   Par contre, il ne faut pas se leurrer : la logique de la d&eacute;centralisation   implique des essais et des erreurs, des succ&egrave;s et des &eacute;checs.   Apr&egrave;s tout, il n&rsquo;y a pas des masses de clusters technologiques dans le   Dakota du Sud, contrairement &agrave; la Californie. Ce qui signifie que certaines   r&eacute;gions auront du succ&egrave;s, verront leur ch&ocirc;mage se r&eacute;duire   et leur sp&eacute;cialisation productive monter en gamme; d&rsquo;autres par contre   &eacute;choueront. Et tout le monde ne part pas &agrave; &eacute;galit&eacute;,   donc les r&eacute;gions qui ont d&eacute;j&agrave; plus de succ&egrave;s que   d&rsquo;autres pourront, de cette fa&ccedil;on, r&eacute;ussir encore mieux. C&rsquo;est   pour moi une bonne logique : mais il est &agrave; craindre qu&rsquo;elle aboutisse   &agrave; des demandes de p&eacute;r&eacute;quation entre r&eacute;gions exerc&eacute;es   vis &agrave; vis de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> L&rsquo;&eacute;parpillement   des moyens est un sujet saillant. C&rsquo;est exact sur la recherche, mais ce n&rsquo;est   pas le seul domaine. Je pense aux questions relatives &agrave; la politique   urbaine et d&rsquo;&eacute;ducation. Mais, est-ce vraiment un sujet si &eacute;loign&eacute;   des pr&eacute;occupations de ce bouquin ? C&rsquo;est toujours l&rsquo;espace, ses creux   et ses bosses qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;organiser dans un sens qui cr&eacute;e des richesses.   Dans les banlieues, une fa&ccedil;on de voir les choses qui me semble &eacute;vidente,   est que pour r&eacute;ussir, on y vendra essentiellement de la croissance. Et   ce n&rsquo;est effectivement pas en saupoudrant trois moyens qu&rsquo;on le fera. Mais en   mettant le paquet l&agrave; o&ugrave; on va. Mais &ccedil;a, &ccedil;a heurte   les mentalit&eacute;s&#8230;<\/p>\n<p>   <strong>Econoclaste AD :<\/strong> On en revient toujours au m&ecirc;me probl&egrave;me   au bout du compte. Ce qui fonctionne dans la concurrence et le march&eacute;,   c&rsquo;est la logique d&rsquo;exp&eacute;rimentation, le succ&egrave;s des uns, l&rsquo;&eacute;chec   des autres, et finalement l&rsquo;imitation de ceux qui ont r&eacute;ussi. Mais cela   signifie que beaucoup de tentatives vont &eacute;chouer, et qu&rsquo;il faut l&rsquo;accepter.   Que ce soit dans le domaine de la concurrence sur le march&eacute; des biens,   des flux de capitaux, je n&rsquo;ai pas l&rsquo;impression que cette logique soit accept&eacute;e.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> sur ce point, les commentaires   sur bulle des dot com est assez parlant. Quand on regarde avec une petite dizaine   d&rsquo;ann&eacute;es de recul (par rapport au d&eacute;marrage et pour faire un compte   rond), on trouve un certain d&eacute;calage entre la l&eacute;gende et la r&eacute;alit&eacute;.   La l&eacute;gende, c&rsquo;est une montagne de dollars volatilis&eacute;s, sauf pour   quelques escrocs. La r&eacute;alit&eacute;, c&rsquo;est exactement ce que tu d&eacute;cris   : une multitude d&rsquo;essais et d&rsquo;erreurs ; des r&eacute;ussites et des &eacute;checs.   Et, pour suivre par exemple Hal Varian, un gain social net probablement tr&egrave;s   positif. Que serait Internet sans ces ann&eacute;es l&agrave; ? On n&rsquo;est pas   l&agrave; pour r&eacute;&eacute;crire l&rsquo;histoire, mais rien ne prouve qu&rsquo;il   se porterait mieux. Pour &ecirc;tre complets, il ne faut pas non plus oublier   les mythes du meilleur des mondes &agrave; venir, qui ont accompagn&eacute;   le mouvement et n&rsquo;&eacute;taient que le pendant des lamentations post bulle.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste AD :<\/strong> Quand on consid&egrave;re   une &eacute;conomie dans son ensemble, la croissance &eacute;conomique appara&icirc;t   comme Pareto-optimale; c&rsquo;est &agrave; dire qu&rsquo;elle agrandit la taille du g&acirc;teau,   &nbsp;ce qui peut b&eacute;n&eacute;ficier &agrave; tous sans nuire &agrave;   qui que ce soit. Mais cette vision est trompeuse, parce que la croissance &eacute;conomique   r&eacute;sulte en fait de l&rsquo;accumulation d&rsquo;&eacute;checs, de remplacements d&rsquo;activit&eacute;s   par d&rsquo;autres plus productives; elle implique que des r&eacute;gions enti&egrave;res   se trouvent en difficult&eacute; pendant que d&rsquo;autres r&eacute;ussissent. Le   principal concurrent des entreprises fran&ccedil;aises textiles n&rsquo;est pas chinois,   il est &agrave; Toulouse et s&rsquo;appelle Airbus. Vouloir sp&eacute;cialiser l&rsquo;&eacute;conomie   fran&ccedil;aise dans une gamme d&rsquo;activit&eacute;s &agrave; plus forte productivit&eacute;   est certainement recommandable : mais le probl&egrave;me de fond ne vient-il   pas de ce qu&rsquo;on n&rsquo;est pas pr&ecirc;t &agrave; accepter les cons&eacute;quences   n&eacute;gatives des gains de productivit&eacute;?<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> sur ce point, j&rsquo;ai   un probl&egrave;me persistant. Le volontarisme industriel qui est annonc&eacute;   ne finira-t-il pas dans une dynamique de grands projets ? Certes la m&eacute;thode   propos&eacute;e s&rsquo;en distingue clairement. S&rsquo;en d&eacute;marquer est m&ecirc;me   son point de d&eacute;part ! Mais, il reste une r&eacute;f&eacute;rence &agrave;   de Gaulle qui traine dans un coin du livre. Il reste cette id&eacute;e de destin   national. Il reste cet appel &agrave; aller de l&rsquo;avant ensemble. Et alors, me   dira-t-on ? Ben, oui, je sais&#8230; Mais justement&#8230; Finalement, &ccedil;a tombe   tellement sous le sens que le centralisme, plus pr&eacute;cis&eacute;ment le   planisme, n&rsquo;est pas loin. En deux mots, ma question est : quand on raisonne   en termes de politiques industrielles, qu&rsquo;on peut d&eacute;cliner des simples   stimulations de l&rsquo;environnement jusqu&rsquo;aux projets les plus lourds, n&rsquo;a-t-on   pas int&eacute;r&ecirc;t en France &agrave; prendre d&eacute;lib&eacute;remment   une &eacute;norme marge de manoeuvre dans le sens du march&eacute;, si on veut   finalement aboutir &agrave; quelque chose d&rsquo;&eacute;quilibr&eacute; ? Se pr&eacute;server   des vieux d&eacute;mons en for&ccedil;ant sa nature, quitte &agrave; accepter   un retour partiel au galop du naturel. En m&ecirc;me temps, comme tu le dis,   se lancer l&agrave; dedans, c&rsquo;est accepter l&rsquo;id&eacute;e de gagnants et de perdants.   Et il n&rsquo;y a pas de consensus tra&ccedil;able aujourd&rsquo;hui autour de cet objectif   !<\/p>\n<p>   <strong>Econoclaste AD :<\/strong> Cela dit, si c&rsquo;est le cas, il faut trouver   des moyens d&rsquo;aller &agrave; l&rsquo;encontre de cette logique. Dans l&rsquo;ensemble des   moyens potentiels, je trouve que le livre de C. Blanc produit l&rsquo;un des rares   discours qui ai des chances de devenir audible. On est l&agrave;, tous les deux   au caf&eacute; des sports &agrave; se dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de miracle et de   demi de bi&egrave;re gratuit; mais quelles sont les alternatives? La politique   industrielle &agrave; la fran&ccedil;aise, consistant &agrave; ass&eacute;cher   les ressources nationales dans un \u00ab\u00a0grand projet\u00a0\u00bb tendance ITER et &agrave; emp&ecirc;cher   les m&eacute;chants &eacute;trangers de racheter les grandes entreprises nationales?   Des r&eacute;formes du \u00ab\u00a0mod&egrave;le social\u00a0\u00bb qui seront soit l&rsquo;occasion d&rsquo;avoir   les d&eacute;penses publiques su&eacute;doises avec la croissance nord-cor&eacute;enne,   soit seront fond&eacute;es sur l&rsquo;id&eacute;e de r&eacute;tablir la comp&eacute;titivit&eacute;   des entreprises nationales en baissant les salaires?<br \/>   Par rapport &agrave; ces questions qui constituent l&rsquo;ordinaire du d&eacute;bat   &eacute;conomique et social fran&ccedil;ais (avec le fantasme du \u00ab\u00a0d&eacute;clin\u00a0\u00bb)   le livre de Blanc arrive &agrave; &ecirc;tre &agrave; la fois lisible, &agrave;   donner quelques id&eacute;es de base sur ce qui constitue l&rsquo;origine de la croissance,   et &agrave; proposer un programme r&eacute;alisable dont les effets seront positifs.   C&rsquo;est suffisamment rare pour &ecirc;tre soulign&eacute; et encourag&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Econoclaste SM :<\/strong> Oui. Ce bouquin est   sans fioritures. Il y a un &eacute;quilibre int&eacute;ressant entre analyse,   r&eacute;flexion th&eacute;orique, &quot;carnets de voyage&quot; et propositions.   J&rsquo;ignore si cela d&eacute;bouchera sur quelque chose, mais je suis persuad&eacute;   que ce format de contribution est bon ! Bon, un chtit cluster de cacahu\u00e8tes pour t&rsquo;aider \u00e0 faire passer la derni\u00e8re r\u00e9forme ricardienne pour la route ?<\/p>\n<p> <strong>Econoclaste AD :<\/strong> Essentiel&#8230;  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>On dit trop souvent que les d\u00e9bats de cybercomptoir de AD et SM sont des discussions peu structur\u00e9es et lanc\u00e9es au hasard. Non, l\u00e0, la discussion a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien organis\u00e9e, voulue et pr\u00e9par\u00e9e. C&rsquo;est la faute au livre de Christian Blanc, \u00ab\u00a0La croissance ou le chaos\u00a0\u00bb. 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