{"id":6305,"date":"2006-03-21T23:33:43","date_gmt":"2006-03-21T23:33:43","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=305"},"modified":"2006-03-21T23:33:43","modified_gmt":"2006-03-21T23:33:43","slug":"a-quoi-sert-l-enseignement-superieur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/a-quoi-sert-l-enseignement-superieur\/","title":{"rendered":"A quoi sert l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur?"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/sorbonne.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Toutes les statistiques montrent que plus le niveau d&rsquo;\u00e9tudes (nombre d&rsquo;ann\u00e9es pass\u00e9, niveau des dipl\u00f4mes) d&rsquo;un individu est \u00e9lev\u00e9, plus son risque d&rsquo;\u00eatre au ch\u00f4mage diminue, et plus son revenu dans la vie active a de chances d&rsquo;\u00eatre \u00e9lev\u00e9. Comment expliquer cette relation? L&rsquo;\u00e9conomie y apporte deux types d&rsquo;explications. L&rsquo;explication par le capital humain, l&rsquo;explication par la th\u00e9orie du signal.<\/p>\n<p>Selon la th\u00e9orie du capital humain, l&rsquo;\u00e9ducation re\u00e7ue constitue un patrimoine acquis par l&rsquo;individu, constitu\u00e9 de savoirs et de comp\u00e9tences, et qui \u00e9l\u00e8ve sa productivit\u00e9. De ce fait, plus un individu se forme, plus il est productif (m\u00eame si cet effet peut se faire \u00e0 rendements d\u00e9croissants). Cette productivit\u00e9 accrue lui donne acc\u00e8s \u00e0 des emplois plus r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, dans lesquels il va pouvoir utiliser ses comp\u00e9tences, les combiner avec des machines dont le maniement exige une haute qualification, etc. Comme il peut, gr\u00e2ce \u00e0 ses comp\u00e9tences, pr\u00e9tendre \u00e0 des emplois qualifi\u00e9s, il a peu de risques de se trouver au ch\u00f4mage; et plus il se forme, plus ce risque se r\u00e9duit.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie alternative est la th\u00e9orie du signal. La th\u00e9orie du capital humain, au sens strict, n&rsquo;explique pas pourquoi les gens vont suivre des \u00e9tudes qui n&rsquo;apportent manifestement aucune comp\u00e9tence utilisable dans un m\u00e9tier. <a href=\"http:\/\/nobelprize.org\/economics\/laureates\/2001\/spence-autobio.html\" hreflang=\"fr\">Michael Spence<\/a> a donn\u00e9 l&rsquo;explication suivante&nbsp;: lorsqu&rsquo;un \u00e9tudiant suit des \u00e9tudes de philosophie, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il va acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences utilisables dans son futur emploi. Par contre, comme les \u00e9tudes de philosophie sont tr\u00e8s difficile, il transmet un message \u00e0 un employeur potentiel&nbsp;: il montre qu&rsquo;il est capable de produire un travail intellectuel ardu, il montre sa capacit\u00e9 \u00e0 faire des efforts et d&rsquo;une certaine ouverture d&rsquo;esprit. Michael Spence, en utilisant cet exemple, savait sans doute de quoi il parlait, puisqu&rsquo;il est d\u00e9tenteur (entre autre) d&rsquo;un master en philosophie. Dans cette perspective, les individus ont des talents divers, et cherchent \u00e0 montrer aux employeurs, en faisant des \u00e9tudes difficiles et longues, qu&rsquo;ils sont comp\u00e9tents. Le syst\u00e8me \u00e9ducatif joue un r\u00f4le s\u00e9lectif&nbsp;: il permet aux employeurs de savoir qui sont les meilleurs.<\/p>\n<p>Dans chacun de ces deux mod\u00e8les, le contenu des \u00e9tudes est totalement diff\u00e9rent. Dans la version \u00ab\u00a0capital humain\u00a0\u00bb, le contenu de l&rsquo;\u00e9ducation re\u00e7ue d\u00e9termine directement les comp\u00e9tences, les savoirs, et la productivit\u00e9. L&rsquo;enseignement a donc une valeur utilitaire pr\u00e9cise. Dans le mod\u00e8le du signal, le contenu de l&rsquo;enseignement n&rsquo;a pas d&rsquo;importance directe&nbsp;: seule compte son r\u00f4le d&rsquo;obstacle r\u00e9v\u00e9lateur des capacit\u00e9s des \u00e9tudiants, et seule compte la dimension s\u00e9lective des \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur. Pour le mod\u00e8le du capital humain, l&rsquo;\u00e9tudiant est forg\u00e9 par les \u00e9tudes qu&rsquo;il suit; dans le mod\u00e8le du signal, l&rsquo;\u00e9tudiant dispose de qualit\u00e9s que les \u00e9tudes ne font que r\u00e9v\u00e9ler. Cela correspond \u00e0 deux mod\u00e8les d&rsquo;\u00e9ducation id\u00e9altypiques&nbsp;: la l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re et les agences de mannequin. Dans la l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, qui que vous soyez au d\u00e9part, quelque soit votre pays d&rsquo;origine et vos caract\u00e9ristiques, la langue que vous parlez, la l\u00e9gion fera de vous un l\u00e9gionnaire parlant fran\u00e7ais. La formation fait le l\u00e9gionnaire. <br \/>\nDans une agence de mannequin, ce sont vos caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques qui comptent; les \u00e9ventuelles \u00ab\u00a0formations\u00a0\u00bb que l&rsquo;on vous donnera (comme marcher en ondulant du bassin dans les d\u00e9fil\u00e9s&#8230;) n&rsquo;ont strictement aucune utilit\u00e9. C&rsquo;est la s\u00e9lection sur la base de caract\u00e9ristiques intrins\u00e9ques qui fait le mannequin.<\/p>\n<p>Lequel de ces mod\u00e8les est le bon? Aucun des deux, et les deux. Chacun de ces mod\u00e8les met l&rsquo;accent sur une dimension particuli\u00e8re du r\u00f4le de l&rsquo;\u00e9ducation. En pratique, tous les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs comprennent les deux dimensions. La l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, apr\u00e8s tout, s\u00e9lectionne ses candidats et proc\u00e8de en partie par \u00e9limination (ceux qui ne sont pas capables de supporter le tr\u00e8s dur entra\u00eenement partent d&rsquo;eux-m\u00eame). Et m\u00eame les syst\u00e8mes purement s\u00e9lectifs ne le sont pas vraiment. Au 19\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur \u00e9tait purement s\u00e9lectif&nbsp;: en Angleterre, les \u00e9l\u00e8ves n&rsquo;apprenaient pas grand-chose dans les grandes \u00e9coles tr\u00e8s s\u00e9lectives dans lesquelles ils passaient l&rsquo;essentiel de leur jeunesse&nbsp;: ils y faisaient beaucoup de sport et quelques humanit\u00e9s. Mais ils acqu\u00e9raient des capacit\u00e9s au contact les uns des autres. On oublie trop souvent, en mati\u00e8re \u00e9ducative, qu&rsquo;une tr\u00e8s grande part de ce qu&rsquo;on apprend provient du contact avec ses pairs. On a pr\u00eat\u00e9 au Duc de Wellington l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle la bataille de Waterloo s&rsquo;\u00e9tait gagn\u00e9e sur les terrains sportifs d&rsquo;Eton; ce qu&rsquo;on entend par l\u00e0, ce n&rsquo;est pas que le rugby apprend la tactique militaire; c&rsquo;est que la noblesse et la gentry britannique y avait appris \u00e0 se cotoyer, avait acquis en faisant de l&rsquo;aviron et en jouant au rugby des r\u00e8gles de camaraderie facilitant, plus tard, la communication informelle, et la compr\u00e9hension.<br \/>\nOn retrouve un peu de cela dans les grandes \u00e9coles fran\u00e7aises, auxquelles il est souvent reproch\u00e9 de ne pas forc\u00e9ment donner de cours exceptionnels, mais de se contenter de fournir \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves tri\u00e9s sur le volet un carnet d&rsquo;adresses. C&rsquo;est un peu exact, mais c&rsquo;est oublier qu&rsquo;en \u00e9tant au contact les uns des autres pendant une p\u00e9riode prolong\u00e9e, les \u00e9l\u00e8ves de grandes \u00e9coles ont acquis des capacit\u00e9s informelles qui facilitent la communication, cr\u00e8ent des r\u00e9flexes communs, et objectivement, rendent le travail plus performant. Regrouper pendant un certain temps des gens s\u00e9lectionn\u00e9s est en soi une fa\u00e7on de leur conf\u00e9rer des aptitudes.<\/p>\n<p>Mais il y a une diff\u00e9rence importante entre ces deux mod\u00e8les. Dans la perspective du capital humain, il ne peut pas y avoir, dans un pays, trop d&rsquo;\u00e9ducation. L&rsquo;\u00e9ducation accro\u00eet la productivit\u00e9 individuelle, une hausse de l&rsquo;\u00e9ducation de l&rsquo;individu est donc globalement b\u00e9n\u00e9fique. Par ailleurs, le fait qu&rsquo;un individu se forme produit une externalit\u00e9 positive&nbsp;: les comp\u00e9tences ont souvent tendance \u00e0 \u00eatre compl\u00e9mentaires. Si un individu fait des \u00e9tudes d&rsquo;anesth\u00e9sie, il accro\u00eetra la productivit\u00e9 d&rsquo;autres qui suivent des \u00e9tudes d&rsquo;infirmi\u00e8res ou de chirurgie. A l&rsquo;appui de cette id\u00e9e, de nombreux travaux \u00e9conomiques tendent \u00e0 montrer que l&rsquo;augmentation du stock de capital humain (c&rsquo;est \u00e0 dire, l&rsquo;augmentation globale du nombre d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes) est corr\u00e9l\u00e9e avec une augmentation de la croissance \u00e9conomique (<a href=\"http:\/\/neweconomist.blogs.com\/new_economist\/2006\/03\/why_human_capit.html#comments\" hreflang=\"fr\">quelques exemples<\/a> de travaux r\u00e9cents dans ce sens). Surtout, l&rsquo;\u00e9ducation est autor\u00e9gul\u00e9e&nbsp;: les individus d\u00e9cident de s&rsquo;\u00e9duquer \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un calcul co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, et les niveaux des salaires s&rsquo;ajustent aux \u00e9ventuelles p\u00e9nuries ou exc\u00e9dents dans certaines comp\u00e9tences.<\/p>\n<p>Dans le mod\u00e8le du signal, par contre, le r\u00e9sultat est diff\u00e9rent. Si le nombre d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes est pour un individu un moyen de signaler des capacit\u00e9s \u00e0 un employeur, l&rsquo;\u00e9ducation est un bien positionnel&nbsp;: l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas d&rsquo;en avoir le bon nombre, l&rsquo;essentiel est d&rsquo;en avoir plus que les autres. Dans cette perspective, il est int\u00e9ressant individuellement de rallonger ses \u00e9tudes, puisque cela permet de se distinguer des autres; mais socialement, ce n&rsquo;est pas la m\u00eame chose. L&rsquo;individu qui se forme plus que les autres g\u00e9n\u00e8re une externalit\u00e9&nbsp;: il oblige les autres, s&rsquo;ils veulent rester dans la course, \u00e0 se former plus \u00e0 leur tour. Il se cr\u00e8e une course aux armements&nbsp;: finalement, tout le monde se forme plus, mais les positions relatives de chacun restent inchang\u00e9es. Est-ce un probl\u00e8me? Pas forc\u00e9ment. Apr\u00e8s tout, si l&rsquo;on cherche \u00e0 r\u00e9concilier la logique du capital humain et celle du signal, on peut trouver dans cette \u00ab\u00a0course aux armements\u00a0\u00bb un m\u00e9canisme finalement positif, qui incite chacun \u00e0 se former et finalement b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 la collectivit\u00e9. Mais cela suppose que toute augmentation de formation b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;: en est-on vraiment certain?<\/p>\n<p>Pas si l&rsquo;on en croit le livre que je suis en train de lire, <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2020851687\/qid=1142977598\/sr=8-1\/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl\/171-9344154-7102641\" hreflang=\"fr\">l&rsquo;inflation scolaire&nbsp;: les d\u00e9sillusions de la m\u00e9ritocratie<\/a>, de Marie Duru-Bellat. L&rsquo;auteur y constate plusieurs choses. Tout d&rsquo;abord, que la politique \u00e9ducative fran\u00e7aise (et pas seulement en France) est enti\u00e8rement fond\u00e9e sur les postulats du capital humain, c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;id\u00e9e que la hausse du niveau d&rsquo;\u00e9ducation est forc\u00e9ment une bonne chose. Des objectifs comme 80% d&rsquo;une classe d&rsquo;\u00e2ge au bac, 50% d&rsquo;une classe d&rsquo;\u00e2ge dipl\u00f4m\u00e9e de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur, traduisent cette logique. Ce qui est paradoxal, car dans le m\u00eame temps, la logique de la s\u00e9lection et du signal est extr\u00eamement forte en France, pays des grandes Ecoles et des 60% d&rsquo;\u00e9chec aux examens pour faire l&rsquo;abattage durant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;universit\u00e9. La combinaison de ces deux logiques &#8211; pousser les gens \u00e0 se former, avec dans le m\u00eame temps un syst\u00e8me \u00e0 vocation s\u00e9lective &#8211; aboutit selon elle \u00e0 une \u00ab\u00a0inflation scolaire\u00a0\u00bb, une \u00e9l\u00e9vation du niveau des \u00e9l\u00e8ves dont les cons\u00e9quences positives sont douteuses, et les effets n\u00e9gatifs patents.<\/p>\n<p>Les effets n\u00e9gatifs? C&rsquo;est premi\u00e8rement les cons\u00e9quences tr\u00e8s dures pour les gens qui ne peuvent pas suivre cette course effren\u00e9e au dipl\u00f4me. Lorsque toutes les caissi\u00e8res de supermarch\u00e9 ont le bac, les 20% d&rsquo;une classe d&rsquo;\u00e2ge qui ne l&rsquo;ont pas voient ce m\u00e9tier se d\u00e9rober. Pour l&#8217;employeur, le bac n&rsquo;est pas forc\u00e9ment n\u00e9cessaire au poste&nbsp;: mais entre un candidat bachelier et un candidat sans bac, il prendra le premier. S&rsquo;ajoute \u00e0 cela une logique de d\u00e9classement, dans laquelle des \u00e9tudiants poursuivent des \u00e9tudes extr\u00eamement longues pour finalement faire des m\u00e9tiers n&rsquo;exigeant que peu de qualifications. On trouve cela pour les concours de la fonction publique, ou des titulaires de licences passent le concours de facteur ou de gardien de la paix (alors que ces concours ne n\u00e9cessitent qu&rsquo;un bac), et ou les concours <del>d&rsquo;instituteur<\/del> de professeur des \u00e9coles sont trust\u00e9s par les Bac + 5. Ce d\u00e9classement est facteur de traumatisme (on en a un \u00e9chantillon dans les rues actuellement) pour des gens ne se trouvant pas pay\u00e9s de leurs efforts durant leurs \u00e9tudes; cela cr\u00e9e une attitude purement consum\u00e9riste vis \u00e0 vis des \u00e9tudes, peu importe ce que l&rsquo;on \u00e9tudie, peu importe la fa\u00e7on dont on obtient des r\u00e9sultats (en bachotant stupidement, en allant harceler les professeurs pour relever sa note, voire en trichant aux examens), l&rsquo;essentiel \u00e9tant d&rsquo;atteindre le fameux Bac + X, garantie de \u00ab\u00a0s&rsquo;en sortir\u00a0\u00bb&#8230; Mais pour faire quoi, exactement? L&rsquo;auteur constate que cette m\u00e9ritocratie est in\u00e9galitaire et traumatisante.<\/p>\n<p>Pour quel avantage? Apr\u00e8s tout, il est possible que les effets positifs, en termes de croissance, de cette inflation scolaire en compensent les inconv\u00e9nients. Mais est-on bien certain de ces effets positifs? Ce que les \u00e9tudes \u00e9conomiques trouvent, ce sont des corr\u00e9lations, soit assez g\u00e9n\u00e9rales (nombre total d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes dans le pays et croissance) ou plus cibl\u00e9es (nombre d&rsquo;\u00e9tudiants en informatique et usage des technologies de l&rsquo;information). Mais qu&rsquo;est-ce que cela prouve, exactement? C&rsquo;est un lieu commun de le dire, mais corr\u00e9lation n&rsquo;est pas causalit\u00e9. Il n&rsquo;est pas forc\u00e9ment surprenant que dans un pays s&rsquo;enrichissant, les gens se trouvent avec plus d&rsquo;opportunit\u00e9s de suivre des \u00e9tudes, ce qui sugg\u00e9rerait une causalit\u00e9 inverse. Il est possible \u00e9galement que d&rsquo;autres facteurs, institutionnels, ou culturels, soient en cause. Supposons un pays dans lequel le travail est une valeur sociale commun\u00e9ment partag\u00e9e, ou dans lequel la population est enthousiaste vis \u00e0 vis des nouvelles technologies. On trouvera alors \u00e0 la fois dans ces pays des gens qui font des \u00e9tudes longues, qui utilisent les technologies, et qui ont une forte croissance, sans pour autant que la dur\u00e9e des \u00e9tudes soit une cause de la croissance. Qui a test\u00e9 ces hypoth\u00e8ses?<\/p>\n<p>Dans les pays en d\u00e9veloppement (Easterly le rappelle dans <a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?page_id=10370&#038;codenote=88\" hreflang=\"fr\">son livre<\/a>, dans un chapitre \u00ab\u00a0educated for what?\u00a0\u00bb) on a constat\u00e9 qu&rsquo;une hausse du niveau d&rsquo;\u00e9ducation ne produit que des effets d\u00e9cevants en termes de croissance. Les causes en sont les institutions, qui conduisent les gens \u00e9duqu\u00e9s \u00e0 se diriger vers des activit\u00e9s peu productives mais r\u00e9mun\u00e9ratrices; et le contenu de l&rsquo;\u00e9ducation, souvent de faible qualit\u00e9. On n&rsquo;applique jamais cette logique aux pays d\u00e9velopp\u00e9s, pourtant, il conviendrait de le faire, et d&rsquo;oser se demander \u00e0 quoi sert vraiment toute cette \u00e9ducation. Et si faire de celle-ci la panac\u00e9e universelle avec la m\u00e9ritocratie, est vraiment la solution. Faut-il vraiment que l&rsquo;Etat subventionne largement les \u00e9tudes et pousse les gens \u00e0 aller le plus loin possible dans celles-ci? Former les ch\u00f4meurs constitue-t-il une politique de l&#8217;emploi efficace? Toutes ces questions ne sont que rarement pos\u00e9es, comme si la r\u00e9ponse \u00e9tait \u00e9vidente. Lisez le <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2020851687\/qid=1142977598\/sr=8-1\/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl\/171-9344154-7102641\" hreflang=\"fr\">livre de Marie Duru-Bellat<\/a>, qui pose des questions fondamentales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Toutes les statistiques montrent que plus le niveau d&rsquo;\u00e9tudes (nombre d&rsquo;ann\u00e9es pass\u00e9, niveau des dipl\u00f4mes) d&rsquo;un individu est \u00e9lev\u00e9, plus son risque d&rsquo;\u00eatre au ch\u00f4mage diminue, et plus son revenu dans la vie active a de chances d&rsquo;\u00eatre \u00e9lev\u00e9. Comment expliquer cette relation? L&rsquo;\u00e9conomie y apporte deux types d&rsquo;explications. L&rsquo;explication <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/a-quoi-sert-l-enseignement-superieur\/\" title=\"A quoi sert l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur?\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6305","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6305"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6305\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}