{"id":6128,"date":"2005-12-06T19:40:52","date_gmt":"2005-12-06T19:40:52","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=128"},"modified":"2005-12-06T19:40:52","modified_gmt":"2005-12-06T19:40:52","slug":"les-incertitudes-de-la-privatisation-des-societes-d-autoroutes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/les-incertitudes-de-la-privatisation-des-societes-d-autoroutes\/","title":{"rendered":"Les incertitudes de la privatisation des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;autoroutes"},"content":{"rendered":"<p>David Spector est en grande forme dans le Lib\u00e9ration d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : <\/p>\n<p><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/page.php?Article=342732\"  hreflang=\"fr\">Autoroutes, une privatisation risqu&eacute;e<\/a><\/p>\n<p><i><em>D&rsquo;un point de vue froidement &eacute;conomique, la vente des bijoux de famille n&rsquo;est pas r&eacute;pr&eacute;hensible par principe&nbsp;: tout d&eacute;pend du prix, encore inconnu puisque le processus de privatisation n&rsquo;a pas atteint son terme. Mais, dans cette affaire, l&rsquo;inqui&eacute;tude est justifi&eacute;e par le fait que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du gouvernement ne co&iuml;ncide pas avec celui de l&rsquo;Etat. Il peut &ecirc;tre tent&eacute; de privatiser, m&ecirc;me &agrave; des conditions d&eacute;favorables, pour effectuer une manipulation purement comptable et &eacute;viter une r&eacute;primande de la Commission europ&eacute;enne &agrave; quelques mois des &eacute;lections. S&rsquo;il est vrai que les recettes de privatisation ne sont pas prises en compte dans le calcul du d&eacute;ficit budg&eacute;taire (les r&egrave;gles comptables europ&eacute;ennes l&rsquo;interdisent), elles peuvent &ecirc;tre affect&eacute;es &agrave; la r&eacute;duction de la dette publique.(&#8230;)<\/em> <br \/> <\/i><\/p>\n<p><i>En r&eacute;alit&eacute;, m&ecirc;me si elle permet de r&eacute;duire la dette, la privatisation risque d&rsquo;appauvrir l&rsquo;Etat et d&rsquo;aggraver la situation budg&eacute;taire &agrave; long terme.(&#8230;)<\/i><\/p>\n<p><i>Si l&rsquo;Etat privatisait le droit de percevoir chaque ann&eacute;e des recettes de p&eacute;ages s&rsquo;&eacute;levant &agrave; 1 milliard d&rsquo;euros, et si le co&ucirc;t du capital des entreprises int&eacute;ress&eacute;es s&rsquo;&eacute;levait &agrave; 7 % (ou plus), l&rsquo;Etat se condamnerait &agrave; vendre pour 14,3 milliards, au mieux, ce qui pour lui vaudrait en r&eacute;alit&eacute; 20 milliards. Pour l&rsquo;Etat, une telle privatisation serait &eacute;quivalente &agrave; une &eacute;mission de dette au taux de 7 %, tr&egrave;s inefficace si par ailleurs un endettement au taux de 5 % est possible.<br \/> <\/i><\/p>\n<p><i>La r&eacute;alit&eacute; est bien s&ucirc;r plus complexe, car les flux de profits des soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;autoroutes ne seront ni constants (la charge de remboursement de la dette diminuera au cours du temps) ni perp&eacute;tuels (les concessions expirent entre 2028 et 2032). Mais il demeure qu&rsquo;en transf&eacute;rant de l&rsquo;Etat &agrave; des entreprises priv&eacute;es la collecte du produit des p&eacute;ages pour plusieurs d&eacute;cennies, la privatisation risque de constituer une transaction aberrante, puisque, contrairement &agrave; la logique normale de l&rsquo;&eacute;change marchand, le flux de profits futurs des soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;autoroutes a sans doute moins de valeur entre les mains des acheteurs (les futurs actionnaires de ces soci&eacute;t&eacute;s) que dans celles du vendeur (l&rsquo;Etat). <br \/> <\/i><\/p>\n<p><i>On pourrait bien s&ucirc;r objecter que ce raisonnement est partiel et ne tient pas compte des gains d&rsquo;efficacit&eacute; que pourrait susciter la privatisation. Dans beaucoup de secteurs de l&rsquo;&eacute;conomie, cet argument serait convaincant&nbsp;: l&rsquo;histoire du vingti&egrave;me si&egrave;cle suffit &agrave; d&eacute;montrer qu&rsquo;en g&eacute;n&eacute;ral la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e des entreprises est plus efficace que la propri&eacute;t&eacute; publique, et que les privatisations ont des effets positifs. Mais les soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;autoroutes pourraient repr&eacute;senter une exception, dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;essentiel de leurs recettes (p&eacute;ages) comme de leurs d&eacute;penses (remboursement de la dette) a un caract&egrave;re &laquo;automatique&raquo; et ind&eacute;pendant de la qualit&eacute; de leur gestion &shy; les choses seraient diff&eacute;rentes si elles avaient devant elles de vastes programmes de construction. Il est bien s&ucirc;r impossible d&rsquo;avoir une certitude en la mati&egrave;re&nbsp;: certains affirment que la privatisation augmentera la rentabilit&eacute; des soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;autoroutes, en facilitant par exemple leur acc&egrave;s aux march&eacute;s &eacute;trangers. Si les entreprises candidates au rachat pensent pouvoir augmenter fortement les profits gr&acirc;ce &agrave; une gestion hors pair, elles pourraient offrir une somme suffisant &agrave; compenser la perte par l&rsquo;Etat des recettes futures des p&eacute;ages. Mais en raison de l&rsquo;&eacute;cart entre le co&ucirc;t du capital des entreprises et celui de l&rsquo;Etat, la situation inverse est, &agrave; tout le moins, plausible&nbsp;: rien ne garantit qu&rsquo;il soit possible de privatiser les soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;autoroutes &agrave; des conditions conduisant &agrave; un bilan financier positif ou m&ecirc;me neutre pour l&rsquo;Etat.<\/i><\/p>\n<p><i><em>Plut&ocirc;t que d&rsquo;apporter &agrave; cette question une r&eacute;ponse a priori, une possibilit&eacute; consisterait &agrave; estimer la valeur de ces soci&eacute;t&eacute;s pour l&rsquo;Etat, et &agrave; ne les privatiser que si la somme propos&eacute;e par les acheteurs &eacute;ventuels est sup&eacute;rieure &agrave; cette valeur &shy; au risque de renoncer &agrave; la privatisation. Mais cette solution, la plus conforme &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;Etat, est contraire &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du gouvernement, qui tient &agrave; contenir l&#8217;emballement de la dette publique pour respecter la lettre du trait&eacute; d&rsquo;Amsterdam.\u00a0\u00bb<\/em><\/i><\/p>\n<p>Certains lecteurs et commentateurs de ce blog se demandent parfois pourquoi je m&rsquo;inqui&egrave;te de l&rsquo;incantation perp&eacute;tuelle de la dette publique et du d&eacute;ficit par T. Breton, cet article leur apporte la r&eacute;ponse. A se focaliser sur la dette, au lieu de se poser les seules questions qui valent (&agrave; quoi servent les d&eacute;penses publiques? La fiscalit&eacute; est-elle optimale? Quand va-t-on cesser de confondre client&eacute;lisme et politique &eacute;conomique?) on en vient &agrave; des artifices comptables qui constituent un appauvrissement de l&rsquo;Etat au profit exclusif du gouvernement du moment.<\/p>\n<p>Dans la plus pure tradition du cocogaullisme, ce gouvernement consacre la confiscation du bien public au profit du maintien au pouvoir d&rsquo;une clique, et la satisfaction exclusive de ses client&egrave;les &#8211; et dissimule cela sous un m&eacute;lange de caut&egrave;le, de mensonges, et de fausses alarmes. Il serait peut-&ecirc;tre temps de s&rsquo;en alarmer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>David Spector est en grande forme dans le Lib\u00e9ration d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : Autoroutes, une privatisation risqu&eacute;e D&rsquo;un point de vue froidement &eacute;conomique, la vente des bijoux de famille n&rsquo;est pas r&eacute;pr&eacute;hensible par principe&nbsp;: tout d&eacute;pend du prix, encore inconnu puisque le processus de privatisation n&rsquo;a pas atteint son terme. Mais, dans <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/les-incertitudes-de-la-privatisation-des-societes-d-autoroutes\/\" title=\"Les incertitudes de la privatisation des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;autoroutes\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":59424,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6128","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6128","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6128"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6128\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6128"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6128"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6128"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}