{"id":6043,"date":"2005-06-18T15:51:36","date_gmt":"2005-06-18T15:51:36","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=43"},"modified":"2005-06-18T15:51:36","modified_gmt":"2005-06-18T15:51:36","slug":"167","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/167\/","title":{"rendered":"Il faut supprimer la PAC"},"content":{"rendered":"<p>Savoir qui a raison dans la <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/article\/0,1-0@2-3214,36-663595@51-662200,0.html\">sordide discussion<\/a> de marchands de tapis autour du budget europ&eacute;en n&rsquo;a pas grand int&eacute;r&ecirc;t; c&rsquo;est cependant l&rsquo;occasion de rappeler &agrave; quel point la politique agricole commune europ&eacute;enne (PAC) est une aberration qui devrait &ecirc;tre supprim&eacute;e ou pour le moins, tr&egrave;s fortement amend&eacute;e, le plus rapidement possible. Comment peut-on oser r&eacute;clamer le maintien d&rsquo;une politique co&ucirc;teuse, nuisible, inefficace, et injuste? <a href=\"http:\/\/\/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=167\"><\/a><\/p>\n<p>Dans <a href=\"http:\/\/econoclaste.eu\/dotclear\/index.php\/?2005\/06\/16\/166-166\">le pr&eacute;c&eacute;dent post<\/a>, j&rsquo;ai expliqu&eacute; pourquoi l&rsquo;argument selon lequel l&rsquo;argument le plus souvent invoqu&eacute; &agrave; l&rsquo;encontre de la PAC &#8211; que sa suppression, avec celle des autres subventions agricoles des pays d&eacute;velopp&eacute;s, b&eacute;n&eacute;ficierait aux pays les plus pauvres, est tr&egrave;s discutable. S&rsquo;il faut supprimer la PAC, c&rsquo;est pour d&rsquo;autres raisons bien plus d&eacute;finitives.<br \/> Comment fonctionne la PAC? Elle consiste &agrave; garantir sur les march&eacute;s europ&eacute;ens des prix sup&eacute;rieurs &agrave; ceux qui pr&eacute;vaudraient spontan&eacute;ment. Cela g&eacute;n&egrave;re des exc&eacute;dents de production qui sont achet&eacute;s aux agriculteurs, ou font l&rsquo;objet de soutiens massifs &agrave; l&rsquo;exportation (sans quoi les prix de ces produits seraient sup&eacute;rieurs aux cours mondiaux). Cela signifie que les consommateurs europ&eacute;ens paient deux fois pour la PAC : une premi&egrave;re fois sous la forme de subventions vers&eacute;es aux agriculteurs financ&eacute;es par l&rsquo;imp&ocirc;t, et une seconde fois sous forme de prix &eacute;lev&eacute;s des produits agricoles. Et ce co&ucirc;t est consid&eacute;rable : la PAC engloutit <a href=\"http:\/\/www.economist.com\/agenda\/displayStory.cfm?story_id=4097374\">47% du budget europ&eacute;en<\/a> (dont un quart pour la France), soit pr&egrave;s de 50 milliards d&rsquo;euros; c&rsquo;est de loin le premier poste de d&eacute;penses de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne. Et ce co&ucirc;t budg&eacute;taire n&rsquo;est pas le seul en cause.<br \/> En effet, en rench&eacute;rissant les produits agricoles, la PAC impose une ponction sur le revenu des consommateurs europ&eacute;ens (qui vient s&rsquo;ajouter aux imp&ocirc;ts pay&eacute;s qui viennent directement alimenter la PAC). On pourrait dire cependant que ce rench&eacute;rissement ne constitue qu&rsquo;un transfert : ce que les consommateurs paient, les agriculteurs le touchent. Sauf que dans l&rsquo;op&eacute;ration, se cr&eacute;e une perte (due &agrave; la r&eacute;duction du volume &eacute;chang&eacute;) que les &eacute;conomistes appellent \u00ab\u00a0perte s&egrave;che\u00a0\u00bb qui n&rsquo;est touch&eacute;e par personne. Par exemple, aux USA, les subventions sucri&egrave;res rapportent 1 milliard de dollars chaque ann&eacute;e aux producteurs, pour un co&ucirc;t de 1.9 milliard de dollars pour les consommateurs : la diff&eacute;rence (900 millions de dollars) est la \u00ab\u00a0perte s&egrave;che\u00a0\u00bb qui n&rsquo;est per&ccedil;ue par personne. En Europe, cette perte s&egrave;che due aux subventions agricoles est de l&rsquo;ordre d&rsquo;une dizaine de milliards d&rsquo;euros au total (les estimations varient mais l&rsquo;ordre de grandeur reste le m&ecirc;me : voir par exemple <a href=\"http:\/\/www.which.net\/campaigns\/other\/freetrade\/messerline.pdf\">cet article<\/a> ou <a href=\"http:\/\/agecon.lib.umn.edu\/cgi-bin\/pdf_view.pl?paperid=2372\">celui-l&agrave;<\/a>). Il faut noter &eacute;galement que ce co&ucirc;t est extr&ecirc;mement r&eacute;gressif, dans la mesure ou il est majoritairement subi par les consommateurs &agrave; faible revenu, qui consacrent une plus grande part de celui-ci &agrave; l&rsquo;alimentation.<\/p>\n<p> Et pour ces d&eacute;penses, que re&ccedil;oit-on? La r&eacute;ponse est \u00ab\u00a0pas grand-chose\u00a0\u00bb. Si l&rsquo;on croit les promoteurs de la PAC, celle-ci sert &agrave; garantir le revenu des agriculteurs : mais cette \u00ab\u00a0garantie\u00a0\u00bb est un leurre pour plusieurs raisons (on se r&eacute;f&eacute;rera &agrave; <a href=\"http:\/\/www.foreignpolicy.com\/Ning\/archive\/archive\/133\/primenum_subsidies.pdf\">ce document<\/a> pour les donn&eacute;es suivantes). <br \/> Tout d&rsquo;abord, le mode de distribution des aides, largement li&eacute; &agrave; la production, b&eacute;n&eacute;ficie de fa&ccedil;on disproportionn&eacute;e &agrave; quelques exploitants. 4% des exploitations agricoles (celles qui r&eacute;alisent une marge sup&eacute;rieure &agrave; 400 000 euros annuels) re&ccedil;oivent 21% des aides totales; dans le m&ecirc;me temps, 39% des exploitations, celles qui r&eacute;alisent une marge inf&eacute;rieure &agrave; 10 000 euros annuels, re&ccedil;oivent 8% des aides. Cette in&eacute;galit&eacute; a &eacute;t&eacute; amplifi&eacute;e avec l&rsquo;entr&eacute;e des nouveaux membres dans l&rsquo;Union : les pays riches ont en effet, par pur &eacute;go&iuml;sme, limit&eacute; consid&eacute;rablement les aides dont b&eacute;n&eacute;ficient les nouveaux arrivants, au point qu&rsquo;un agriculteur polonais, 12 fois moins riche qu&rsquo;un agriculteur fran&ccedil;ais, re&ccedil;oit <a href=\"http:\/\/bsalanie.blogs.com\/economie_sans_tabou\/2005\/06\/le_budget_europ.html\">dix fois moins d&rsquo;aides agricoles que celui-ci<\/a> : on a beau se gargariser de \u00ab\u00a0solidarit&eacute;\u00a0\u00bb, la charit&eacute; bien ordonn&eacute;e des pays europ&eacute;ens commence par eux-m&ecirc;mes; les polonais, m&eacute;contents de l&rsquo;absence de r&eacute;f&eacute;rence aux \u00ab\u00a0valeurs chr&eacute;tiennes\u00a0\u00bb dans la constitution europ&eacute;enne, peuvent toujours se consoler en se disant que la PAC ob&eacute;it &agrave; \u00ab\u00a0l&rsquo;effet Matthieu\u00a0\u00bb des &eacute;vangiles : \u00ab\u00a0Car on donnera &agrave; celui qui a et il sera dans l&rsquo;abondance, mais &agrave; celui qui n&rsquo;a pas, m&ecirc;me ce qu&rsquo;il a lui sera retir&eacute;\u00a0\u00bb.<br \/> Cet \u00ab\u00a0effet Matthieu\u00a0\u00bb est d&rsquo;ailleurs tr&egrave;s net dans la distribution des aides agricoles &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des pays. R&eacute;cemment, en Angleterre, la <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/monarchy\/story\/0,2763,1443893,00.html\">liste des r&eacute;cipiendaires des aides de la PAC a &eacute;t&eacute; rendue publique<\/a>; le r&eacute;sultat est accablant. La premi&egrave;re exploitation b&eacute;n&eacute;ficiaire re&ccedil;oit ainsi 100 millions de livres annuellement pour exporter du sucre; les premiers b&eacute;n&eacute;ficiaires re&ccedil;oivent aux alentours de 20 millions de livres; la reine d&rsquo;Angleterre re&ccedil;oit plus d&rsquo;un million d&rsquo;euros en aide, sans compter ses exploitations en Ecosse (dont les subsides n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; rendus publics). En France bien entendu, ce genre d&rsquo;op&eacute;ration qui &eacute;tablirait la v&eacute;rit&eacute; sur les b&eacute;n&eacute;ficiaires principaux de la PAC n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; men&eacute;e; il est certain cependant que parmi les \u00ab\u00a0pauvres paysans\u00a0\u00bb (comme disait Fernand Raynaud) qui b&eacute;n&eacute;ficient des aides les plus importantes, on trouverait la famille princi&egrave;re de Monaco (grands propri&eacute;taires terriens sur le territoire fran&ccedil;ais) ou les &eacute;levages de chevaux de Lagard&egrave;re. <br \/> Ce syst&egrave;me est incroyablement pervers : en versant des miettes &agrave; l&rsquo;essentiel des petits agriculteurs ne faisant que peu de b&eacute;n&eacute;fices (et qui sans la PAC se trouveraient en perte), il s&rsquo;attire la sympathie autour de la personnalit&eacute; du \u00ab\u00a0petit agriculteur\u00a0\u00bb, ainsi que de la main d&rsquo;oeuvre abondante pour remplir des pr&eacute;fectures de fumier au cas ou il faudrait faire le coup de main; dans le m&ecirc;me temps, l&rsquo;essentiel des versements est concentr&eacute; sur quelques b&eacute;n&eacute;ficiaires d&eacute;j&agrave; fortun&eacute;s qui sont ceux qui tirent r&eacute;ellement avantage du syst&egrave;me.<\/p>\n<p> Par ailleurs, la part des aides qui contribuent r&eacute;ellement au revenu des agriculteurs est beaucoup faible que leur co&ucirc;t budg&eacute;taire : une bonne partie des aides est au bout du compte dissip&eacute;e, au point que seulement 25% des aides contribue au revenu agricole. Comment fonctionne ce m&eacute;canisme? Lorsqu&rsquo;un agriculteur est aid&eacute;, il va produire plus, et pour cela acheter plus de terres, de machines, et d&rsquo;intrants agricoles; mais si tous les agriculteurs sont aid&eacute;s, la demande de ces facteurs de production va augmenter, et leur prix &eacute;galement : au final, ce sont les propri&eacute;taires terriens, les producteurs d&rsquo;intrants agricoles, et les banques pr&ecirc;teuses, qui vont toucher une bonne part des revenus vers&eacute;s. Dans le m&ecirc;me temps, la production agricole accrue r&eacute;duira les prix de vente, ce qui fait qu&rsquo;une part des aides sera absorb&eacute;e par les interm&eacute;diaires de la distribution. Tout cela cr&eacute;e des d&eacute;perditions &eacute;normes.<br \/> On pourra dire que cela avantage les agriculteurs propri&eacute;taires de leurs terres : mais cet avantage n&rsquo;a &eacute;t&eacute; acquis qu&rsquo;une fois, lors de l&rsquo;apparition des aides agricoles. Ce sont les propri&eacute;taires de cette &eacute;poque qui ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute; : ensuite, lorsqu&rsquo;ils revendent leur terre, les subventions sont int&eacute;gr&eacute;es dans le prix de revente et le revenu du nouveau propri&eacute;taire n&rsquo;augmente pas (ce qu&rsquo;il gagne en subvention, il l&rsquo;a perdu en achetant sa terre plus cher).<br \/> Il est fort probable qu&rsquo;en &eacute;levant le prix des terres et des intrants agricoles, ce m&eacute;canisme a contribu&eacute; &agrave; l&rsquo;exode rural : en effet, cela limite la capacit&eacute; des nouveaux agriculteurs &agrave; s&rsquo;installer, en cr&eacute;ant une prime aux propri&eacute;taires existants. Face aux lourds investissements que repr&eacute;sente la cr&eacute;ation d&rsquo;une nouvelle exploitation agricole, de nombreux jeunes ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; un revenu certain et urbain. La concentration des aides sur quelques exploitations, d&rsquo;autre part, cr&eacute;e une prime &agrave; la taille qui n&rsquo;a pu que contribuer &agrave; la concentration de la production agricole fran&ccedil;aise.<br \/> Il faut comparer cette r&eacute;alit&eacute; de la PAC aux justifications de ceux qui disent qu&rsquo;elle contribue &agrave; la sauvegarde de la \u00ab\u00a0culture rurale\u00a0\u00bb et que sans elle, \u00ab\u00a0il n&rsquo;y aurait plus d&rsquo;agriculteurs\u00a0\u00bb : rien n&rsquo;est plus faux. Bien au contraire, la PAC a transform&eacute; la culture rurale en culture industrielle de l&rsquo;agro-alimentaire; et elle a amplifi&eacute; l&rsquo;exode rural, r&eacute;duisant encore les opportunit&eacute;s des jeunes agriculteurs. Sa contribution au revenu agricole est faible, et incroyablement in&eacute;galitaire. Si l&rsquo;on consid&egrave;re que la culture rurale m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pr&eacute;serv&eacute;e, et qu&rsquo;il faut une certaine dose de redistribution vis &agrave; vis des agriculteurs (ce qui est parfaitement recevable), il faut comprendre que la PAC est un moyen m&eacute;diocrissime d&rsquo;atteindre ces objectifs.<br \/> Il existe un argument proche de celui-ci, selon lequel la PAC viserait &agrave; prot&eacute;ger les agriculteurs des risques sp&eacute;cifiques qui touchent leurs revenus : fluctuations des cours et al&eacute;as climatiques. Mais cette protection est m&eacute;diocre, car l&rsquo;essentiel des aides est concentr&eacute; sur des secteurs fixes, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas assez pour prot&eacute;ger les agriculteurs des fluctuations des cours, ce qui provoque des &eacute;ruptions de violence r&eacute;guli&egrave;res; par ailleurs, l&rsquo;id&eacute;e de prot&eacute;ger les agriculteurs des baisses de cours, int&eacute;ressante sur le papier, n&rsquo;est pas sans limites : faut-il subventionner les producteurs de topinambours, alors que les fran&ccedil;ais n&rsquo;ach&egrave;tent plus de ce l&eacute;gume fort peu savoureux? Faut-il subventionner les producteurs de tabac, tout en d&eacute;pensant des sommes consid&eacute;rables pour dissuader les gens de fumer? Les fluctuations de prix constituent aussi un moyen d&rsquo;indiquer aux agriculteurs ce qu&rsquo;ils doivent produire pour satisfaire les consommateurs.<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Oui, mais la PAC est le moyen de notre s&eacute;curit&eacute; alimentaire; elle a permis de moderniser notre agriculture et d&rsquo;atteindre ladite ind&eacute;pendance\u00a0\u00bb r&eacute;pond-on. Voire. Il y a l&agrave; encore de bonnes raisons de douter. Tout d&rsquo;abord parce que la s&eacute;curit&eacute; alimentaire ne se confond pas avec l&rsquo;ind&eacute;pendance alimentaire : la s&eacute;curit&eacute; alimentaire implique &eacute;galement la qualit&eacute; des produits. Or, lors de la conception de la PAC, les agricultures europ&eacute;ennes &eacute;taient de productivit&eacute; diff&eacute;rente : soutenir de fa&ccedil;on &eacute;gale tous les pays aurait conduit &agrave; des disparit&eacute;s, les pays moins bien dot&eacute;s en avantages pour l&rsquo;agriculture recevant moins. On a donc d&eacute;cid&eacute; de l&rsquo;adoption du \u00ab\u00a0standard de Duisbourg\u00a0\u00bb du nom de la r&eacute;gion d&rsquo;Allemagne de l&rsquo;ouest dont les terres agricoles &eacute;taient les moins fertiles : l&rsquo;id&eacute;e &eacute;tait de calibrer les prix agricoles de fa&ccedil;on &agrave; rendre rentables ces terres. Le r&eacute;sultat a &eacute;t&eacute; catastrophique en termes de qualit&eacute; : les agriculteurs naturellement avantag&eacute;s en mati&egrave;re agricole ont subi la concurrence subventionn&eacute;e d&rsquo;agriculteurs normalement non rentables; la seule solution pour eux a &eacute;t&eacute; la m&eacute;canisation &agrave; outrances de l&rsquo;agriculture, l&rsquo;intensification de la production, la consommation massive d&rsquo;intrants : il en a r&eacute;sult&eacute; une production agricole standardis&eacute;e, ayant perdu tout son caract&egrave;re de terroir, et des effets extr&ecirc;mement nocifs pour l&rsquo;environnement, pollu&eacute; &agrave; grands coups de nitrates et de pesticides.<br \/> Si au moins cette d&eacute;t&eacute;rioration de la qualit&eacute; s&rsquo;&eacute;tait traduite par l&rsquo;ind&eacute;pendance en mati&egrave;re d&rsquo;approvisionnements agricoles&#8230; Mais ce n&rsquo;est m&ecirc;me pas le cas. Pour maintenir son niveau de production, l&rsquo;agriculture europ&eacute;enne doit importer des engrais et autres intrants, et des machines agricoles : on importe des engrais au lieu d&rsquo;importer des grains. O&ugrave; est l&rsquo;avantage en terme \u00ab\u00a0d&rsquo;ind&eacute;pendance\u00a0\u00bb?<br \/> Par ailleurs, les besoins des consommateurs ont chang&eacute; depuis l&rsquo;&eacute;poque de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre, ou il fallait avant tout couvrir les besoins caloriques de la population. Aujourd&rsquo;hui, la r&eacute;gularit&eacute; des approvisionnements signifie, pour les consommateurs, de par exemple b&eacute;n&eacute;ficier de fruits et de l&eacute;gumes frais tout au long de l&rsquo;ann&eacute;e. Pour cela, avoir la possibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; des produits import&eacute;s est beaucoup plus pratique que de d&eacute;pendre exclusivement des producteurs nationaux. La demande de qualit&eacute; des produits accrue, de pr&eacute;servation de l&rsquo;environnement rural, exigera de toute fa&ccedil;on une diminution des rendements agricoles. En favorisant la production intensive de produits standardis&eacute;s, la PAC emp&ecirc;che les agriculteurs de satisfaire ce type de demande.<\/p>\n<p> La PAC est aujourd&rsquo;hui un fiasco int&eacute;gral, incapable d&rsquo;atteindre ses objectifs, pour un co&ucirc;t &eacute;lev&eacute;, et in&eacute;galitaire. En Europe, son poids &eacute;norme dans le budget nuit &agrave; d&rsquo;autres priorit&eacute;s; dans les n&eacute;gociations commerciales internationales, la position europ&eacute;enne (en r&eacute;alit&eacute; fran&ccedil;aise) est de plus en plus intenable, emp&ecirc;chant des accords commerciaux qui b&eacute;n&eacute;ficieraient &agrave; de nombreux secteurs d&rsquo;activit&eacute;; Comme on l&rsquo;a vu pr&eacute;c&eacute;demment, cette protection nuit aux pays en voie de d&eacute;veloppement &agrave; revenu interm&eacute;diaire, comme l&rsquo;Argentine et le Br&eacute;sil. R&eacute;former la PAC exigerait de plafonner les aides par exploitation, afin d&rsquo;en faire effectivement un instrument redistributif; et de focaliser les aides sur les petites exploitations, dont l&rsquo;effet distorsif sur les cours mondiaux des produits agricoles est faible. Aller dans cette direction permettrait de construire une politique agricole aux effets n&eacute;gatifs limit&eacute;s et atteignant v&eacute;ritablement ses objectifs. Avec les dirigeants fran&ccedil;ais actuels, il n&rsquo;y a h&eacute;las aucune chance que cela se produise.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Savoir qui a raison dans la sordide discussion de marchands de tapis autour du budget europ&eacute;en n&rsquo;a pas grand int&eacute;r&ecirc;t; c&rsquo;est cependant l&rsquo;occasion de rappeler &agrave; quel point la politique agricole commune europ&eacute;enne (PAC) est une aberration qui devrait &ecirc;tre supprim&eacute;e ou pour le moins, tr&egrave;s fortement amend&eacute;e, le plus <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/167\/\" title=\"Il faut supprimer la PAC\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":59424,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-6043","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecoblabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6043","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6043"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6043\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}