{"id":6016,"date":"2004-10-28T22:52:50","date_gmt":"2004-10-28T22:52:50","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/import\/?p=16"},"modified":"2004-10-28T22:52:50","modified_gmt":"2004-10-28T22:52:50","slug":"17","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/17\/","title":{"rendered":"Un naufrage qui se poursuit"},"content":{"rendered":"<p>Le Prix Nobel d&rsquo;&eacute;conomie est probablement une bonne chose, car le prestige qui y est associ&eacute; est une incitation pour les &eacute;conomistes &agrave; produire des travaux de qualit&eacute;. Mais l&rsquo;une des lois de base de l&rsquo;&eacute;conomie est que ce que l&rsquo;on gagne avec une chose doit &ecirc;tre mis en balance avec ce qu&rsquo;on y perd. Or la science &eacute;conomique subit un inconv&eacute;nient avec l&rsquo;existence du prix Nobel : remis &agrave; d&rsquo;anciennes gloires dont la carri&egrave;re scientifique est morte et enterr&eacute;e, que tout le monde r&eacute;v&egrave;re pour leur pass&eacute; mais dont on attend avec impatience la retraite d&eacute;finitive (rappelons la citation de Paul Samuelson : Funeral by funeral, science makes progress), il a la f&acirc;cheuse tendance de cr&eacute;er quelques soucis lorsqu&rsquo;il rend les r&eacute;cipiendaires brutalement bavards et s&ucirc;rs de leur valeur.<br \/> De la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu&rsquo;il y a quelque chose de path&eacute;tique dans le spectacle des anciennes gloires y&eacute;-y&eacute; revenant en costume rose &agrave; franges sur les plateaux de t&eacute;l&eacute;vision, et chantant les tubes qui les ont rendu c&eacute;l&egrave;bres d&rsquo;une vois chevrotante en tenant leur dentier, il y a quelque chose d&rsquo;extr&ecirc;mement embarassant dans le spectacle d&rsquo;anciens prix Nobel d&rsquo;&eacute;conomie se lan&ccedil;ant dans des p&eacute;roraisons invraisemblables, tandis que les autres &eacute;conomistes n&rsquo;osent rien dire. Le statut d&rsquo;intouchable que conf&egrave;re le Nobel d&rsquo;&eacute;conomie a des cons&eacute;quences g&eacute;nantes en ce qu&rsquo;il g&eacute;n&egrave;re de la m&eacute;diocrit&eacute;. <a href=\"http:\/\/.free.fr\/html\/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=article&amp;sid=17&amp;mode=thread&amp;order=0&amp;thold=0\"><b><\/b><\/a><\/p>\n<p>En France, nous avons deux fois connu cet embarras. La premi&egrave;re fois, lorsque G&eacute;rard Debreu, interrog&eacute; par le Figaro Magasine, s&rsquo;est laiss&eacute; aller &agrave; d&eacute;clarer qu&rsquo;il avait \u00ab\u00a0scientifiquement d&eacute;montr&eacute; la sup&eacute;riorit&eacute; du lib&eacute;ralisme\u00a0\u00bb. De honte, par la suite, on ne l&rsquo;a plus gu&egrave;re revu. Par contre, son vieux ma&icirc;tre Maurice Allais n&rsquo;a pas ce genre de pudeur. Il inflige r&eacute;guli&egrave;rement ses opinions sur tout et le reste dans le Figaro (ou &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences Morales et Politiques dans laquelle il b&eacute;n&eacute;ficie de bon nombre d&rsquo;oblig&eacute;s). Sur l&rsquo;immigration, et surtout sur l&rsquo;&eacute;conomie internationale, ses analyses &agrave; l&#8217;emporte-pi&egrave;ce ne valent pas un centime mais personne, de peur d&rsquo;indiquer que le seul Nobel d&rsquo;&eacute;conomie fran&ccedil;ais a p&eacute;t&eacute; les plombs, n&rsquo;ose rien dire.<br \/> Mais les am&eacute;ricains ont aussi d&eacute;sormais leur sujet d&#8217;embarras, en la personne de Joseph Stiglitz. Sans que l&rsquo;on sache s&rsquo;il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; m&eacute;galomane avant mais le cachait (des indices tendent vers ce sc&eacute;nario) ou si quelques ann&eacute;es aupr&egrave;s des m&eacute;canismes politiques de Washington lui ont port&eacute; sur le cerveau d&rsquo;ailleurs. Le r&eacute;sultat est en tout cas l&agrave; : apr&egrave;s deux livres m&eacute;diocrissimes (mais consid&eacute;rables succ&egrave;s de librairie, tout comme les oeuvres de Vivianne Forrester) il continue de pondre r&eacute;guli&egrave;rement des articles tout simplement consternants, indignes d&rsquo;un m&eacute;diocre &eacute;tudiant en &eacute;conomie de premi&egrave;re ann&eacute;e. Un bon exemple est son tout r&eacute;cent article dans la revue en ligne <b><a href=\"http:\/\/www.bepress.com\/ev\/%0AEconoclaste+-+L%27%E9conomie+pour+les+nuls+et+les+autres...%0Ahttp:\/\/www.econoclaste.fr.st%20%28site%29%0Ahttp:\/\/.free.fr\/html+%28blog%29\">\u00ab\u00a0Economist voice\u00a0\u00bb<\/a><\/b> , intitul&eacute; \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.bepress.com\/cgi\/viewcontent.cgi?article=1001&amp;context=ev\"><b>the parties flip-flop on deficit spending : economics or politics?<\/b><\/a>\u00ab\u00a0.<br \/> Dans cet article il parvient &agrave; faire une le&ccedil;on de politique &eacute;conomique compl&egrave;tement erronn&eacute;e, fond&eacute;e sur une conception de l&rsquo;&eacute;conomie &#8211; le keyn&eacute;sianisme hydraulique &#8211; reconnue comme fausse ou excessivement simpliste depuis des ann&eacute;es. Il affuble le tout d&rsquo;un fort &eacute;tonnant \u00ab\u00a0tous les &eacute;conomistes savent que\u00a0\u00bb histoire de ne pas avoir &agrave; justifier par un quelconque embryon de raisonnement pour les pr&eacute;jug&eacute;s et id&eacute;es fausses qu&rsquo;il d&eacute;ploie.<br \/> Il faut constater d&eacute;j&agrave; que son article ne r&eacute;pond que tr&egrave;s rapidement &agrave; la question du titre &#8211; pourquoi les partis politiques am&eacute;ricains changent d&rsquo;avis sur la question du d&eacute;ficit, les d&eacute;mocrates &eacute;tant pass&eacute;s du statut de gros d&eacute;pensiers &agrave; parangons de vertu, les r&eacute;publicains ayant fait le trajet inverse. La r&eacute;ponse de Stiglitz tient en une phrase : parce qu&rsquo;ils sont des politiciens &nbsp;cyniques et opportunistes. Waow. L&agrave; je suis souffl&eacute; par la puissance de l&rsquo;analyse. Je me demande m&ecirc;me si l&rsquo;effort intellectuel qu&rsquo;exige sa compr&eacute;hension ne va pas m&rsquo;&eacute;puiser pour la suite de l&rsquo;article. Passons sur les cons&eacute;quences logiques du raisonnement (si les politiciens ont tort d&rsquo;&ecirc;tre cyniques, ne vaudrait-il pas mieux les remplacer par des experts, comme au hasard un certain Stiglitz, qui eux savent ce qui est bon pour la populace?&#8230;) pour se poser quelques questions. Est-ce par \u00ab\u00a0opportunisme politique\u00a0\u00bb que Bill Clinton, Bush 1, Reagan dans son second mandat, ont augment&eacute; les imp&ocirc;ts pour r&eacute;duire les d&eacute;ficits? Est-ce par opportunisme politique que Clinton a fait passer l&rsquo;ALENA, convertissant au passage les d&eacute;mocrates au libre-&eacute;change? Quelles &eacute;taient &agrave; l&rsquo;&eacute;poque les \u00ab\u00a0fins politiques\u00a0\u00bb poursuivies? Une observation m&ecirc;me distraite de la r&eacute;alit&eacute; semble indiquer que la r&eacute;alit&eacute; est un peu plus compliqu&eacute;e.<br \/> Mais la suite nous indique que Stiglitz n&rsquo;a visiblement pas d&eacute;cid&eacute; de se lancer dans le compliqu&eacute;. Il d&eacute;veloppe ensuite une analyse Keyn&eacute;sienne basique pour dire que le d&eacute;ficit public stimule la demande en p&eacute;riode de sous-emploi; mais qu&rsquo;en p&eacute;riode de plein emploi, cela a pour effet de compromettre la croissance en r&eacute;duisant l&rsquo;investissement priv&eacute;. Il explique alors que cette pr&eacute;sentation est toujours vraie. A \u00ab\u00a0l&rsquo;appui\u00a0\u00bb de cette id&eacute;e, il consid&egrave;re que la r&eacute;duction des d&eacute;ficits intervenue dans les ann&eacute;es 90 n&rsquo;a pas nui, au contraire, &agrave; la croissance &eacute;conomique &agrave; long terme des USA car elle &eacute;tait accompagn&eacute;e d&rsquo;une politique mon&eacute;taire accomodante.<br \/> Jusque l&agrave;, pas grand-chose &agrave; dire : c&rsquo;est de l&rsquo;&eacute;conomie de manuel de premi&egrave;re ann&eacute;e. Si ce n&rsquo;est la pique envers les plans d&rsquo;ajustement structurels du FMI (qui, dixit stiglitz, ne font qu&rsquo;aggraver les choses en imposant aux gouvernements de r&eacute;duire leurs d&eacute;ficits en p&eacute;riode de r&eacute;cession) qui nous rappelle que Stiglitz peut, en une phrase, se transformer en Arthur Laffer.<br \/> Petit rappel : un gouvernement qui fait appel au FMI le fait parce qu&rsquo;il ne peut plus payer ses d&eacute;penses, et que personne ne veut lui pr&ecirc;ter d&rsquo;argent. Les plans du FMI consistent alors dans le fait de pr&ecirc;ter l&rsquo;argent au gouvernement, et de permettre le retour des pr&ecirc;teurs autres en essayant de faire en sorte que le gouvernement ne se retrouve pas dans la m&ecirc;me situation 15 jours plus tard. Evidemment les solutions ne sont gu&egrave;re appr&eacute;ciables, mais la solution de Stiglitz est encore plus &eacute;tonnante : il sugg&egrave;re qu&rsquo;un gouvernement surendett&eacute; augmente sa dette (car sans doute, plus il y en a, plus elle vaut cher?) et baisse les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. Cela suppose que l&rsquo;effet de ces mesures de relance soit tel qu&rsquo;il rende le gouvernement et le pays tellement solvables que les investisseurs vont tout de suite changer d&rsquo;avis. Exactement l&rsquo;&eacute;conomie &agrave; la Laffer : chez Laffer, la baisse d&rsquo;imp&ocirc;t incite tellement &agrave; produire que l&rsquo;effet net de la baisse d&rsquo;imp&ocirc;ts sur les recettes fiscales est positif. Si seulement c&rsquo;&eacute;tait vrai, le gouvernement Bush actuel serait face &agrave; un exc&eacute;dent public invraisemblable. Les id&eacute;es de Laffer ont &eacute;t&eacute; trait&eacute;es par les &eacute;conomistes s&eacute;rieux, &agrave; juste titre, d&rsquo;id&eacute;es imb&eacute;ciles.<br \/> Mais revenons &agrave; notre texte. Il faut donc, en p&eacute;riode de r&eacute;cession, que le budget de l&rsquo;Etat soit en d&eacute;ficit. Mais attention : le d&eacute;ficit Bushiste n&rsquo;est pas un bon d&eacute;ficit, car il n&rsquo;a pas soutenu l&rsquo;activit&eacute;. En effet, selon Stiglitz, en concentrant la baisse d&rsquo;imp&ocirc;ts sur les riches, il n&rsquo;a aucun effet de relance de la demande globale : en effet, les riches consacreront (sic) l&rsquo;essentiel de leur hausse d&rsquo;imp&ocirc;ts en achat de tableaux de Picasso ou de vacances en Italie (resic).<br \/> Et l&agrave;, bienvenue au pays imaginaire de Peter Stigpan qui ne veut pas retourner dans le monde des adultes. Commen&ccedil;ons par le d&eacute;but. Le d&eacute;ficit de Bush n&rsquo;a effectivement eu que peu d&rsquo;efficacit&eacute; sur l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique aux USA, mais pour diverses raisons, la principale d&rsquo;entre elles &eacute;tant que l&rsquo;essentiel des baisses d&rsquo;imp&ocirc;ts sont concentr&eacute;es sur la p&eacute;riode 2005-2010. Pas terrible pour une stimulation imm&eacute;diate. Cependant, une partie a port&eacute; sur l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu qui a &eacute;t&eacute; imm&eacute;diatement r&eacute;duit, et les d&eacute;penses accrues de fa&ccedil;on impressionnante (d&eacute;penses de sant&eacute; et militaires surtout, et de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale subventions importantes vers&eacute;es &agrave; de nombreux secteurs d&rsquo;acticit&eacute;). Au bout du compte cela a eu un effet stimulant sur l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique : la croissance am&eacute;ricaine a &eacute;t&eacute; forte en 2003 et 2004. Pas &eacute;tonnant quand on d&eacute;verse (m&ecirc;me mal) 2000 milliards de dollars dans l&rsquo;&eacute;conomie. Le probl&egrave;me c&rsquo;est que les gains de productivit&eacute; ont &eacute;t&eacute; si rapides que la croissance de l&#8217;emploi n&rsquo;a pas suivi. Mais ce n&rsquo;est pas sp&eacute;cialement un probl&egrave;me li&eacute; &agrave; une relance rat&eacute;e.<br \/> Passons &agrave; l&rsquo;argument suivant : baisser les imp&ocirc;ts des riches n&rsquo;est pas bon car cela ne relance pas l&rsquo;activit&eacute;. C&rsquo;est probablement LE passage le plus ridicule du texte. D&rsquo;abord pour le caract&egrave;re pitoyable, pour &ecirc;tre gentil, de l&rsquo;argument. Pour expliquer que les riches ne vont pas d&eacute;penser \u00ab\u00a0aux USA\u00a0\u00bb Stiglitz nous sort des poncifs path&eacute;tiques sur les vacances &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger ou les achats de tableaux. D&rsquo;o&ugrave; tire-t-il cette id&eacute;e, sinon de ses pr&eacute;jug&eacute;s Bo-bo? On constate au passage que Stiglitz, qui visiblement conna&icirc;t aussi bien les riches que les pauvres aux USA, cite comme revenu de famille pauvre \u00ab\u00a050 000 dollars par an\u00a0\u00bb. Il ne doit pas y avoir des masses de pauvres sur le campus de Columbia sur lequel Stiglitz officie&#8230;<br \/> Pourquoi pense-t-il que les riches importent et pas les pauvres? Parce que c&rsquo;&eacute;tait &eacute;crit dans son manuel poussi&eacute;reux d&rsquo;&eacute;tudiant dans les ann&eacute;es 60? Les pauvres n&rsquo;ach&egrave;tent rien chez Walmart, c&eacute;l&egrave;bre pour importer beaucoup des pays &agrave; bas salaires? Les riches consomment plus de hot-lines d&eacute;localis&eacute;es en Inde que les am&eacute;ricains qui gagnent 50 000 dollars par an? En bref, a-t-il autre chose que ses pr&eacute;jug&eacute;s &agrave; deux balles pour justifier cette id&eacute;e?<br \/> Si les r&eacute;ductions d&rsquo;imp&ocirc;t pour les riches sont sans effet, il faudrait expliquer d&rsquo;o&ugrave; est venu l&rsquo;effet de relance obtenu en 1983, alors que Reagan avait massivement baiss&eacute; les imp&ocirc;ts des riches et accru les d&eacute;penses militaires, comme l&rsquo;a fait Bush jr durant son mandat. Il y a peut-&ecirc;tre de bons et de mauvais d&eacute;ficits, mais l&rsquo;argument avanc&eacute; ici n&rsquo;est gu&egrave;re convaincant&#8230;<br \/> La r&eacute;alit&eacute;, en fait, est plus simple. Cela fait bien longtemps que les &eacute;conomistes ne se posent plus la question du d&eacute;ficit public comme moyen de stimuler l&rsquo;activit&eacute;. La seule r&egrave;gle est de ne pas nuire &agrave; court terme, c&rsquo;est &agrave; dire de laisser agir les stabilisateurs automatiques, voire d&rsquo;accro&icirc;tre le d&eacute;ficit, pour adoucir l&rsquo;effet d&rsquo;une r&eacute;cession. Mais l&rsquo;instrument principal de politique &eacute;conomique, c&rsquo;est la politique mon&eacute;taire. En 1983, c&rsquo;est la politique de d&eacute;sinflation de Volcker qui a relanc&eacute; l&rsquo;&eacute;conomie am&eacute;ricaine; durant les ann&eacute;es 90, la politique accomodante de Greenspan a soutenu l&rsquo;activit&eacute;. Cette m&ecirc;me politique a peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute; trop accomodante dans les ann&eacute;es 2000 (on devrait le savoir bient&ocirc;t). En tout cas, c&rsquo;est la politique mon&eacute;taire qui d&eacute;cide : la politique budg&eacute;taire n&rsquo;est qu&rsquo;un adjuvant sans grandes cons&eacute;quences. Penser le contraire, c&rsquo;est ce que Krugman appelait du <b><a href=\"http:\/\/www.pkarchive.org\/cranks\/vulgar.html\">Keyn&eacute;sianisme vulgaire<\/a><\/b>. La politique de Bush en mati&egrave;re &eacute;conomique a &eacute;t&eacute; certainement mauvaise; mais des gens extr&ecirc;mement critiques, comme <b><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2082103323\/qid=1098994638\/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl\/402-9118862-2285769\">Krugman<\/a><\/b> ou <b><a href=\"http:\/\/www.ksg.harvard.edu\/news\/opeds\/2003\/frankel_taxcut_forward_062703.htm\">Frankel<\/a><\/b>, savent qu&rsquo;il est possible de le montrer avec des arguments corrects &#8211; sans tomber dans l&rsquo;argumentation de caf&eacute; du commerce.<br \/> Un autre argument est totalement absent de l&rsquo;argumentation de Stiglitz; il consid&egrave;re qu&rsquo;&agrave; long terme, le seul effet des d&eacute;ficits est de r&eacute;duire l&rsquo;investissement public (ne demandez pas pourquoi : si vous ne comprenez pas c&rsquo;est probablement que vous &ecirc;tes trop idiot pour comprendre le g&eacute;nie de la pens&eacute;e Stiglitzienne. Pour ma part je m&rsquo;interroge encore). Or il existe une autre fa&ccedil;on de consid&eacute;rer les choses; c&rsquo;est de se dire qu&rsquo;&agrave; long terme, les baisses d&rsquo;imp&ocirc;t ont un effet incitatif qui pousse &agrave; travailler plus et produire plus, argument d&eacute;fendu par des gens comme Lucas, <b><a href=\"http:\/\/cafehayek.typepad.com\/hayek\/2004\/10\/prescott_on_tax.html\">Prescott<\/a><\/b> ou <b><a href=\"http:\/\/post.economics.harvard.edu\/faculty\/barro\/popwritings.html\">Barro<\/a><\/b>. Dans cette perspective, le fait de financer la d&eacute;pense publique par un d&eacute;ficit ou autre chose n&rsquo;a gu&egrave;re d&rsquo;importance. Pourquoi Stiglitz n&rsquo;&eacute;voque-t-il m&ecirc;me pas cette perspective? Il y a aussi de bonnes raisons, dans cette perspective, de critiquer la fa&ccedil;on de proc&eacute;der du gouvernement Bush. Cela permet, accessoirement, de pr&eacute;senter tous les arguments en pr&eacute;sence, et de montrer qu&rsquo;on raisonne comme un &eacute;conomiste, et pas comme un bobo partisan qui consid&egrave;re qu&rsquo;il n&rsquo;a plus rien &agrave; apprendre en macro-&eacute;conomie une fois le chapitre \u00ab\u00a0mod&egrave;le offre globale-demande globale\u00a0\u00bb boucl&eacute;.<br \/> Au bout du compte, les lecteurs de cet article ne sauront pas pourquoi les partis politiques am&eacute;ricains ont chang&eacute; de place &agrave; propos des d&eacute;ficits publics; ils ne sauront pas ce qui est vraiment contestable dans la politique de Bush; surtout, ils croiront qu&rsquo;il est possible de relancer l&rsquo;activit&eacute; &eacute;conomique gr&acirc;ce au d&eacute;ficit public sans se poser la question de ce que fait la banque centrale; &nbsp;ils croiront aussi que les riches sont nuisibles parce qu&rsquo;ils partent en vacances en Italie et ach&egrave;tent des tableaux de Picasso, et que gagner 50 000 dollars par an c&rsquo;est &ecirc;tre pauvre aux USA. A ce degr&eacute; d&rsquo;ignorance, ils seront tout justes m&ucirc;rs pour &ecirc;tre ministres de l&rsquo;&eacute;conomie en France.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Le Prix Nobel d&rsquo;&eacute;conomie est probablement une bonne chose, car le prestige qui y est associ&eacute; est une incitation pour les &eacute;conomistes &agrave; produire des travaux de qualit&eacute;. 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