{"id":1377080,"date":"2019-12-27T15:55:39","date_gmt":"2019-12-27T14:55:39","guid":{"rendered":"http:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/?p=1377080"},"modified":"2019-12-27T15:57:46","modified_gmt":"2019-12-27T14:57:46","slug":"econoclaste-a-20-ans-episode-2-passeurs-dans-les-annees-2000","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/econoclaste-a-20-ans-episode-2-passeurs-dans-les-annees-2000\/","title":{"rendered":"\u00e9conoclaste a 20 ans. \u00c9pisode 2. Passeurs dans les ann\u00e9es 2000"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"218\" src=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/20ans-1200x218.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1375549\" srcset=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/20ans-1200x218.jpg 1200w, https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/20ans-300x54.jpg 300w, https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/20ans-768x139.jpg 768w, https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/20ans.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Deuxi\u00e8me volet de cette suite de billets anniversaire pour retracer de l&rsquo;int\u00e9rieur les 20 ans \u00e9coul\u00e9s. Le premier billet est <\/em><a href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/econoclaste-a-20-ans-episode-1-introduction-et-digressions-personnelles\/\"><em>ici.<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9marrer un site consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie en France fin 1999 \u00e9tait facile. Presque\npersonne ne faisait \u00e7a. Dix ans avant, j\u2019avais ouvert pour la premi\u00e8re fois un\nlivre d\u2019\u00e9conomie. Rapidement, j\u2019avais compris que cette discipline \u00e9tait une excellente\nfen\u00eatre pour comprendre le monde. Je choisissais donc d\u2019en faire mon sujet. J\u2019avais\nn\u00e9anmoins ce que j\u2019appellerai des \u00ab&nbsp;arri\u00e8res pens\u00e9es politiques&nbsp;\u00bb. La\nsoci\u00e9t\u00e9, c\u2019\u00e9tait forc\u00e9ment la politique. Tautologique. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 pris dans\nquelque chose d\u2019autre&nbsp;: un syst\u00e8me de raisonnement qui amenait ailleurs. Plus\nloin, ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Qui for\u00e7ait une certaine rigueur, l\u00e0 o\u00f9 penser la politique\nconduisait souvent \u00e0 un verbiage d\u00e9sordonn\u00e9. C\u2019\u00e9tait ma perception r\u00e9sum\u00e9e, \u00e0 cette\n\u00e9poque. Quoique tr\u00e8s loin d\u2019arr\u00eater de me cultiver dans le domaine des sciences\npolitiques au sens large, comprendre les rouages de la prosp\u00e9rit\u00e9 et des\npolitiques \u00e9conomiques occupait bien plus mon temps d\u00e9sormais que le r\u00f4le de la\nCIA au Nicaragua, les ressorts confessionnels de la guerre au Liban ou les strat\u00e9gies\ndans la cohabitation au sein de la V\u00e8me r\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, petit \u00e0 petit, j\u2019avais l\u2019impression que Monsieur et\nMadame Tout-le-Monde trouvaient important de comprendre pourquoi on parlait de \u00ab&nbsp;pens\u00e9e\nunique&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;r\u00e8gles du march\u00e9&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;contraintes de la\nmondialisation&nbsp;\u00bb. De <em>\u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9conomie, c\u2019est chiant, compliqu\u00e9 et\nsurtout compliqu\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>, on passait \u00e0 <em>\u00ab&nbsp;J\u2019aimerais mieux\ncomprendre&nbsp;\u00bb<\/em>. En 1999, en termes de demande, tout \u00e9tait donc en place\npour cr\u00e9er utilement un site comme \u00e9conoclaste. L\u2019offre, sous une autre forme,\nexistait. Le collectif ATTAC a par exemple \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1998. \u00c0 cette p\u00e9riode, une\npartie de leur travail \u00e9tait tr\u00e8s respectable. Elle d\u00e9construisait certains discours\nsimplistes sur les \u00ab&nbsp;lois de l\u2019\u00e9conomie&nbsp;\u00bb par de la vulgarisation de\nqualit\u00e9. Bien s\u00fbr, d\u2019une part, le militantisme originel du projet ne pouvait\npas conduire \u00e0 quelque chose d\u2019\u00e9quilibr\u00e9 et, d\u2019autre part, au fil du temps, le\nsimplisme combattu a eu vocation \u00e0 \u00eatre remplac\u00e9 par un autre simplisme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, Viviane Forrester avait fait de son <em>horreur\n\u00e9conomique<\/em> un best-seller et Emmanuel Todd, avec son <em>illusion \u00e9conomique,<\/em>\nsurfait sur la vague du <em>\u00ab&nbsp;Je vais vous expliquer la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie\ncontre la pens\u00e9e unique&nbsp;\u00bb<\/em>. Deux livres ridicules. Il y avait donc de\nquoi faire. Faire, c\u2019\u00e9tait se d\u00e9brouiller, par exemple, pour qu\u2019on parle bien\nplus des ouvrages de Jean-Paul Fitoussi (un grand vulgarisateur dan cette\nd\u00e9cennie) que d\u2019Alain Minc. Pousser \u00e0 ce que les traductions de Paul Krugman\nsoient plus audibles que les conneries de Jean-Marc Sylvestre. Ou se\nd\u00e9brouiller pour que Daniel Cohen, d\u00e9j\u00e0 auteur \u00e0 ce moment-l\u00e0 de deux\nformidables bouquins de vulgarisation, soit plus lu que les stupidit\u00e9s usuelles\nen t\u00eate de gondoles \u00e0 la Fnac. C\u2019est certainement pour cela que les chroniques\nde livres sont devenues une activit\u00e9 centrale. Nous \u00e9tions des passeurs, des \u00ab&nbsp;porteurs\nd\u2019eau&nbsp;\u00bb bien heureux de l\u2019\u00eatre. Quoi de mieux alors que de parler des bons\nlivres&nbsp;? Au tout d\u00e9but, nos chroniques c\u00f4toyaient uniquement la rubrique\ndes \u00ab&nbsp;questions-r\u00e9ponses&nbsp;\u00bb. Rapidement, la bibliographie est venue s\u2019y\najouter. Aujourd\u2019hui, cette derni\u00e8re est devenue impossible \u00e0 actualiser, tant\nil y a de publications qui m\u00e9riteraient d\u2019y figurer. Peut-\u00eatre que je remettrai\nles choses \u00e0 plat un jour. Le lexique compl\u00e9tait les pr\u00e9c\u00e9dentes cat\u00e9gories du\nsite. Puisque nos questions-r\u00e9ponses et le lexique se nourrissaient de\ndocuments plus ou moins techniques, il devenait \u00e9vident que chroniquer des\nlivres moins grand public \u00e9tait une excellente id\u00e9e (et, les sources en ligne\ncroissant, nous avons pu cr\u00e9er la rubrique \u00ab&nbsp;L\u2019article de la semaine&nbsp;\u00bb).\nC\u2019est l\u00e0 qu\u2019\u00e9conoclaste devenait \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9conomie pour les nuls et les autres&nbsp;\u00bb.\nR\u00e9pertorier des bouquins universitaires pouvait donner de l\u2019information \u00e0 des\n\u00e9conomistes ou apprentis \u00e9conomistes, qui pouvaient en plus renvoyer leurs\n\u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants \u00e0 nos contenus. Je ne sais pas si c\u2019est en partie \u00e0 cause\nde cela que nos fiches de lecture sont devenues de plus en plus volumineuses. Ce\nqui est certain c\u2019est que le fait d\u2019\u00eatre de plus en plus lus, y compris parfois\npar les auteurs des livres chroniqu\u00e9s eux-m\u00eames, imposait davantage de rigueur\net de temps. Ceci a eu deux cons\u00e9quences&nbsp;: au fil du temps, nous n\u2019avons\nquasiment plus chroniqu\u00e9 que des bouquins que nous jugions dignes d\u2019int\u00e9r\u00eat et\nune chronique de lecture prend environ une demi-journ\u00e9e de r\u00e9daction.<\/p>\n\n\n\n<p>De fil en aiguille, notre ton s\u2019est pos\u00e9. Nous aimions l\u2019\u00e9conomie. C\u2019\u00e9tait\ns\u00e9rieux, mais elle nous amusait. Il fallait que cela se voit. \u00c7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9\ndifficile. Au rayon vraiment facile, j\u2019ai traduit un certain nombre de blagues\ntrouv\u00e9es sur un site am\u00e9ricain (aujourd\u2019hui ferm\u00e9). Au rayon facile et\nd\u00e9primant, des personnages plus ou moins c\u00e9l\u00e8bres nous ont aid\u00e9s (le b\u00eatisier, non\naliment\u00e9 en nouveaut\u00e9s depuis, en a notamment r\u00e9sult\u00e9). <em>\u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9conomie\nest un sujet compliqu\u00e9, mais peu de gens le savent&nbsp;\u00bb<\/em> disait Keynes. Ce\nn\u2019\u00e9tait pourtant plus aussi simple que \u00e7a. Beaucoup de gens le savaient, mais il\nrestait encore un paquet de rigolos, souvent avec pignon sur rue, qui faisaient\ncomme ci ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. Par la force des choses, bien plus que par\nperversit\u00e9 (je prends infiniment plus de plaisir \u00e0 saluer l\u2019intelligence qu\u2019\u00e0\nd\u00e9molir la b\u00eatise), ils sont devenus nos alli\u00e9s (et le sont h\u00e9las encore). D\u2019une\npart, l\u2019\u00e9conomie est un sujet compliqu\u00e9 parce qu\u2019elle contredit souvent le bon\nsens. Pour reprendre le sous-titre du bestseller Freakonomics, elle nous invite\n\u00e0 chercher \u00ab&nbsp;la face cach\u00e9e de tout&nbsp;\u00bb. Sans toujours la trouver, mais\nen se gardant de tragiques raccourcis. Pour citer encore Keynes&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;je\npr\u00e9f\u00e8re avoir vaguement raison que pr\u00e9cis\u00e9ment tort&nbsp;\u00bb<\/em>. D\u2019autre part, la\nmauvaise connaissance \u00e9conomique est propag\u00e9e par des personnes qui tronquent\nle discours pour l\u2019amener \u00e0 leurs conclusions id\u00e9ologiques. On pourrait en\nfaire des pages enti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Disons simplement qu\u2019une bonne partie de notre temps consacr\u00e9 \u00e0\n\u00e9conoclaste a consist\u00e9 \u00e0 mettre en \u00e9vidence ces deux aspects. Le plus marrant\ndans cette histoire, c\u2019est que s\u2019il arrive que des lecteurs nous remercient de leur\navoir expos\u00e9 tout ce temps des angles de r\u00e9flexion disons d\u00e9cal\u00e9s, j\u2019ai moi-m\u00eame\nprogress\u00e9 dans cette fa\u00e7on de faire (pour laquelle j\u2019avais certes quelques\npr\u00e9dispositions). Je les remercie donc, \u00e0 mon tour. Enfin, je ne sais pas si je\ndevrais. Voir les choses en d\u00e9cal\u00e9 est parfois socialement compliqu\u00e9. Commencer\nfr\u00e9quemment ses phrases par \u00ab&nbsp;Oui, mais&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Sauf que, en fait,\nnon&nbsp;\u00bb a tendance \u00e0 agacer vos interlocuteurs au quotidien. Notez qu\u2019Alexandre\nest encore loin devant moi en la mati\u00e8re&nbsp;! Notez \u00e9galement que quand\nquelque chose est blanc, il n\u2019est pas noir. Fort heureusement, contester toute id\u00e9e\nexprim\u00e9e, par principe, n\u2019est pas ce qui nous caract\u00e9rise. Nous ne sommes pas\ndes provocateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2004, nous cr\u00e9ons le blog d\u2019\u00e9conoclaste. C\u2019\u00e9tait excellent un blog, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. C\u2019\u00e9tait un espace de r\u00e9flexion semi-priv\u00e9 (ou semi-public). Un carnet de notes o\u00f9 on pouvait exprimer toutes formes d\u2019id\u00e9es ou hypoth\u00e8ses, de la plus murie \u00e0 la moins structur\u00e9e. Les lecteurs r\u00e9agissaient, souvent avec bienveillance, percevant le registre dans lequel on se situait. Les blogs ont largement tu\u00e9 les forums de discussion (<em>usenet<\/em>, en l\u2019occurrence) sur des sujets comme l\u2019\u00e9conomie. Ils \u00e9taient plus pratiques, plus ergonomiques et plus riches. Mais ils reprenaient la composante d\u2019interactions. Le blog \u00e9tait le compl\u00e9ment \u00e0 ce que nous avions cr\u00e9\u00e9 auparavant. Moins grav\u00e9 dans le marbre \u00ab&nbsp;encyclop\u00e9dique&nbsp;\u00bb. Plus orient\u00e9 vers l\u2019actualit\u00e9 et plus libre dans l\u2019expression. M\u00eame si j\u2019ai toujours milit\u00e9 pour qu\u2019on nous appelle \u00ab&nbsp;site&nbsp;\u00bb \u00e9conoclaste (et non pas \u00ab&nbsp;blog&nbsp;\u00bb), c\u2019est le blog qui a v\u00e9ritablement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une audience tr\u00e8s honorable. Je ne vais pas faire une analyse du ph\u00e9nom\u00e8ne des blogs. Je ne suis pas qualifi\u00e9 et cela me semble sans grand int\u00e9r\u00eat ici. Je rappellerai juste deux points. Le premier, c\u2019est que la blogosph\u00e8re \u00e9conomique n\u2019a jamais pris une ampleur comparable (en proportion) \u00e0 celle de pays comme les \u00c9tats-Unis. Le second, c\u2019est que c\u2019est dommage, parce qu\u2019il y avait du niveau. Je vais coupablement oublier des blogs, mais je veux citer, sans hi\u00e9rarchie, le blog d\u2019Anne Lavigne, Ma femme est une \u00e9conomiste, Optimum, L\u2019\u00e9conomie sans tabou, \u00c9copublix, Rationalit\u00e9 limit\u00e9e, le blog d\u2019Olivier Bouba-Olga, le blog d\u2019un \u00e9conomiste du travail, Notes d\u2019un \u00e9conomiste. Plus tard, Captain Economics, Blog Illusio, Annotations ou encore BlogagEco ont compl\u00e9t\u00e9 le tableau (h\u00e9las \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les interactions \u00e9taient moindres). Je mets \u00e0 part les blogs h\u00e9berg\u00e9s par des m\u00e9dias (comme Alternatives \u00e9conomiques ou le side project d\u2019Alexandre, Classe Eco). Nous avons pu, pendant un temps, constituer une communaut\u00e9 typique des blogs sp\u00e9cialis\u00e9s, avec nos renvois mutuels, nos discussions d\u00e9cal\u00e9es, etc. Tout ce qui faisait l\u2019int\u00e9r\u00eat intellectuel des blogs. J\u2019\u00e9tais heureux d\u2019\u00eatre dans cette brillante et sympathique congr\u00e9gation. Forc\u00e9ment, j\u2019\u00e9voquerai notre participation \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.maitre-eolas.fr\/post\/2006\/02\/02\/280-naissance-de-lieu-communorg\">\u00ab&nbsp;Lieu commun&nbsp;\u00bb<\/a>, un agr\u00e9gateur de blogs qui r\u00e9unissait des blogs d\u2019\u00e9conomie, de commentaires politiques, de droit, etc. En un mot, de soci\u00e9t\u00e9. Vous connaissez bon nombre d\u2019entre eux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le temps, j\u2019ai compris qu\u2019\u00e9conoclaste avait donn\u00e9 une impulsion \u00e0 l\u2019apparition ou l\u2019essor de certains blogs d\u2019\u00e9conomie. Dixit certains d\u2019entre eux, qui ont pens\u00e9 <em>\u00ab&nbsp;Bon, \u00e9conoclaste, c\u2019est pas inint\u00e9ressant. On devrait faire le n\u00f4tre aussi.&nbsp;\u00bb<\/em>. Constater cela engendre une joie simple. De m\u00eame que lire quelques jeunes \u00e9conomistes nous dire que nous avons pu stimuler leur vocation. C\u2019est incroyable, en fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Incroyable, \u00e7a l\u2019est. Mais, vu sous un autre angle, c\u2019est compr\u00e9hensible. Je ne comprends toujours pas totalement pourquoi les universitaires n\u2019ont pas plus investi la blogosoph\u00e8re \u00e9conomique en France, contrairement \u00e0 ce qui est arriv\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. La raison premi\u00e8re est cependant le co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9. Ils ont d\u2019autres chats \u00e0 fouetter, m\u00eame s&rsquo;il faut souligner que certains l&rsquo;ont fait, au moins ponctuellement. Mais une journ\u00e9e n&rsquo;a que 24 heures. C\u2019est l\u00e0 que nous intervenons. Nous faisons le boulot de vulgarisation, de passeur. Avec plaisir. Nous avons \u00e9t\u00e9 chaleureusement encourag\u00e9s par un certain nombre d\u2019entre eux. J\u2019en d\u00e9duis, en cumulant \u00e7a avec les retours positifs de nombre de nos lecteurs, que nous avons bien fait le job, \u00e0 notre niveau. Notamment, donc, en donnant envie \u00e0 des jeunes de faire de l\u2019\u00e9conomie et en rendant accessibles des raisonnements pour les citoyens qui s\u2019\u00e9garaient sur notre site. En faisant simple, autant que possible, mais jamais simpliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il n\u2019y a vraiment pas de quoi pavoiser. <em>\u00ab&nbsp;Il faut dire que les\ntemps ont chang\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>, pour reprendre Diane Tell, elle-m\u00eame reprise\nr\u00e9cemment par Daniel Cohen. En 2007, nous f\u00fbmes contact\u00e9s par une \u00e9ditrice pour\nmettre \u00e9conoclaste dans un livre. Ce fut fait, deux fois en deux ans. Comme une\n\u00e9tape de plus dans notre modeste participation \u00e0 une \u00e9volution positive de la\ndiffusion des id\u00e9es \u00e9conomiques en France. En 2010, le nombre de bons bouquins\nou de sites web d\u2019analyse \u00e9conomique vulgaris\u00e9e de qualit\u00e9 n\u2019avaient plus rien\n\u00e0 avoir avec ce que l\u2019on connaissait dix ans auparavant. Comme nous le souhaitions\ndans <em>Nos phobies \u00e9conomiques<\/em>, si les gens avaient des angoisses li\u00e9es\naux questions \u00e9conomiques, il semblait au moins qu\u2019ils les comprenaient de\nmieux en mieux et cet \u00e9clairage croissant auguraient de bonnes choses\nsocialement parlant.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2010, comme cela a toujours \u00e9t\u00e9 le cas pendant 20 ans, le site a\neu des p\u00e9riodes de sommeil, puis de reprise d\u2019activit\u00e9. Pendant longtemps, ceci\n\u00e9tait essentiellement li\u00e9 \u00e0 nos activit\u00e9s professionnelles ou personnelles. Depuis\nun an, la donne a radicalement \u00e9volu\u00e9. Si nous sommes si peu actifs, c\u2019est que\nles ann\u00e9es r\u00e9centes nous semblent t\u00e9moigner d\u2019un recul de la pens\u00e9e. Il n\u2019est\nplus question de faire de l\u2019\u00e9conoclaste comme avant. Alors, nous r\u00e9fl\u00e9chissons.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi et comment&nbsp;? Ce sera l\u2019objet du troisi\u00e8me \u00e9pisode de cette\nliste de billets anniversaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Deuxi\u00e8me volet de cette suite de billets anniversaire pour retracer de l&rsquo;int\u00e9rieur les 20 ans \u00e9coul\u00e9s. Le premier billet est ici. D\u00e9marrer un site consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie en France fin 1999 \u00e9tait facile. Presque personne ne faisait \u00e7a. Dix ans avant, j\u2019avais ouvert pour la premi\u00e8re fois un livre d\u2019\u00e9conomie. <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/econoclaste-a-20-ans-episode-2-passeurs-dans-les-annees-2000\/\" title=\"\u00e9conoclaste a 20 ans. \u00c9pisode 2. Passeurs dans les ann\u00e9es 2000\">(Lire la suite&#8230;)<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":2,"featured_media":1377113,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-1377080","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blablabla"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1377080","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1377080"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1377080\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1377136,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1377080\/revisions\/1377136"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1377113"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1377080"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1377080"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econoclaste.eu\/econoclaste\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1377080"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}