Retour sur arrêt sur images

Comme l’a signalé Stéphane hier, j’ai participé la semaine dernière à l’émission Arrêt sur Images, en compagnie de Nicolas Cori et d’André Gunthert; vous pouvez en retrouver le résultat en suivant le lien, tant qu’il sera accessible. Expérience intéressante, quoique exténuante, surtout lorsqu’on s’est levé le matin à 5h pour attraper le train; cela s’est probablement vu sur la fin de l’émission, ou je n’ai pas forcément été très explicite. En tous les cas, l’existence de ce type de programmes, dans lesquels on peut disserter longuement sur des sujets divers, mérite largement les 30 euros annuels d’abonnement au site de l’émission.

L’émission s’est déroulée en deux parties; la première était consacrée à la façon dont les médias rendent compte de la crise financière, la seconde à la vidéo « l’argent-dette » qui fait un tabac sur internet.

J’avais déjà consacré un post sur la façon dont le traitement de la crise actuelle me semblait biaisé par les médias; participer à l’émission m’a permis de constater à quel point je suis sujet à mes propres biais, consistant à ne pas passer de temps à l’écoute des authentiques médias « de masse » comme la télévision, ou les différents problèmes dont j’avais parlé – fixette sur le cac-40, chauvinisme, idéologie – sont particulièrement exacerbés.

Le biais de focalisation sur le CAC-40 me semblait avoir deux conséquences potentielles. La première, c’est de donner une vision inexacte de la crise, en insistant sur l’aspect boursier, au détriment du vrai problème, celui du marché du crédit. Cela me semblait donner la primeur au « storytelling » au détriment de l’information concrète (qui certes, dans les journaux au moins, n’empêche pas des articles clarifiant la situation; ce n’est pas le cas à la télévision généraliste, qui semble incapable de sortir du tiercé cac-40). Cori a fait remarquer, à juste titre, que l’information sur le crédit n’est pas si précise que les indices boursiers; au passage, ne manquez pas cet article consacré à la façon dont on construit le LIBOR, le « nombre le plus important du monde« .

La seconde, c’est de faire fermenter les haines sociales. Comme l’a montré Benjamin Friedman dans « the moral consequences of economic growth« , historiquement les périodes de récession ont toujours été marquées par des tensions sociales extrêmement fortes, aux conséquences potentiellement dévastatrices (le cas extrême étant les années 30). Dans ces conditions, je ne peux que noter que simplement au cours de la semaine dernière, on m’a demandé au moins 10 fois comment on pouvait justifier à la fois que les gouvernements « n’aient pas d’argent » pour le RSA, pour aider les pauvres, alors qu’il peut dégager aussi facilement 300 milliards d’euros « pour sauver les banques ». L’image que cela donne est proprement désastreuse, et les explications que l’on peut donner – voir par exemple Optimum – sont bien faibles par rapport à cette perception collective. Certes, les indices boursiers ont fortement baissé, mais après tout, ils ont tout simplement retrouvé leur niveau de 2003-2004; cela signifie que seuls les gains (potentiels) réalisés depuis ont été perdus et transférés. Cela n’est pas sans conséquences, mais n’aurait jamais justifié les plans de sauvetage. Par contre, une paralysie du marché du crédit a des conséquences immédiates, et particulièrement lourdes; on n’a que rarement vu l’explication de ces conséquences, qui elles justifiaient amplement les plans de sauvetage du système monétaire. Tout cela, il me semble, a bien été clair dans l’émission.

Je voudrai par contre revenir sur le biais que j’avais qualifié « d’idéologique ». Schneidermann l’a interprété comme « selon vous, tous les journalistes sont de gauche et contre le capitalisme ». D’une part, je ne sais pas bien comment situer l’idéologie exacte des journalistes, qui me semble plutôt relever d’un certain conformisme de groupe (comme chez les économistes, après tout, comme le rappelle un certain livre…) que d’un contenu doctrinal bien établi. D’autre part, je voulais surtout faire référence à la floraison d’articles et d’éditoriaux sur le thème du « le capitalisme financier s’effondre », « la finance folle » auxquels répondaient d’autres « méfaits de l’étatisme » et « le libéralisme n’est pas en cause ». Mon problème, c’est que lorsqu’on se situe à ce niveau de généralité simpliste, on n’apprend rien d’autre à son lecteur que ses propres préjugés, et certainement rien sur la réalité des faits. C’est un facteur d’ignorance et d’incompréhension, dans lequel on s’habitue à vivre dans un monde ou seuls les propos comptent, au détriment des réalités.

Les réalités, en voici quelques-unes. Au moment de la crise asiatique, ce paradis du néo-libéralisme qu’est Hong Kong en est arrivé à ce que sa banque centrale rachète les actions des entreprises nationales. Comme déviation par rapport à la norme néolibérale affichée, comme « basculement idéologique » on ne peut que très difficilement trouver d’exemple plus marquant. Et depuis? Rien. Hong Kong reste le même pays, à la fiscalité et à la réglementation très légère, à l’interventionnisme public pratiquement inexistant. C’est que les pays ne sont pas des entités infiniment malléables, au gré des évolutions idéologiques et circonstancielles de leurs dirigeants. Pourquoi cela devrait-il être différent pour les pays qui, actuellement, mènent des plans de sauvetage de leurs banques? Les facteurs qui ont poussé vers la libéralisation financière (évolutions technologiques, problèmes de financement de la dette publique par exemple) sont toujours là. Et ce ne sont pas toutes les annonces d’un « nouveau Bretton Woods » qui vont y changer quoi que ce soit. Il suffit de regarder concrètement le contenu que l’on met derrière ledit « Bretton Woods » : des mesures inapplicables et contournables, qui de toute façon ne feront pas l’unanimité, sur la rémunérations des dirigeants et des traders des banques; un énième énervement vis à vis des paradis fiscaux, qui rappelle furieusement les discours de l’année dernière sur le même sujet au moment des scandales allemands; et une évolution de la réglementation bancaire (un Bâle 3?). En bref, rien de très nouveau sous le soleil. Nulle part on ne voit recommander de rétablir le contrôle des changes, ce qui constituerait pour le coup un retour à l’avant années 80; ou de promouvoir un système de parités monétaires fixes. Ce que nous montre la grande timidité des propositions concrètes actuelles, c’est que dans le fond, la libéralisation financière a gagné au point d’être considérée comme une réalité incontournable, avec laquelle il faudra composer.

Un autre fait? Que des gouvernements conservateurs, dont le discours est plus néolibéral que leurs adversaires socio-démocrates, soient amenés à se conduire en contradiction complète avec leurs principes autoproclamés en dépensant l’argent public pour sauver des entreprises en difficulté n’est aucunement une nouveauté; c’est même plutôt la norme. Comme l’a rappelé Jeffrey Frankel, aux USA, ce sont les gouvernements conservateurs qui se sont le plus éloignés dans leurs actions de ce qui définit la norme néolibérale : la croissance de l’Etat, des déficits publics, les pressions sur la banque centrale pour mener une politique accomodante, les pratiques protectionnistes, les subventions à des intérêts particuliers, ont depuis 1971 systématiquement été plus forts sous les gouvernements républicains que sous les démocrates (au passage d’ailleurs, la croissance économique a toujours été plus forte sous les gouvernements démocrates, ce qui devrait laisser supposer que les néolibéraux ont raison…). On retrouve la même chose en dehors des USA, en particulier en France. répéter inlassablement que le gouvernement Bush « trahit son idéologie » comme si cela devait avoir une signification profonde est donc assez largement sans intérêt; ce n’est ni nouveau, ni particulièrement porteur de conséquences, si l’on se réfère aux expériences passées.

Encore un fait? On ne cesse de lire partout une histoire imaginaire du monde, dans laquelle des idéologues néolibéraux et les banques de Wall Street, influençant Thatcher et Reagan, sont à l’origine de la déréglementation financière. Ce mantra est tellement répandu qu’il n’a même pas semblé nécessaire d’en vérifier la véracité, tant on est habitué à confondre les discours et les pratiques concrètes. Il y a eu un économiste, R. Abdelal, pour se demander si cette histoire avait un quelconque fond de vérité; il en ressort qu’elle n’en a aucun, ce qu’il a montré dans son livre consacré à l’histoire de la déréglementation financière. Il y montre que la déréglementation financière, la constitution de la finance actuelle, le basculement intervenu dans les années 80, a été le résultat de l’action de dirigeants socialistes français, après 1983 (au passage, cela ne surprendra pas les lecteurs de Thesmar et Landier); de la volonté, que l’on retrouve d’ailleurs dans la politique étrangère française, de privilégier un monde de règles qui s’appliquent à tous les pays, plutôt qu’à un monde soumis à la volonté discrétionnaire des grandes puissances (l’Allemagne qui dictait la politique monétaire en Europe, les américains et les britanniques qui imposaient leurs règles en matière de finance). Face à ces évolutions, loin d’être promoteurs ou intéressés, les banques anglaises et américaines ont traîné des pieds et cherché à faire échouer ces évolutions, qui ne les avantageaient guère; les gouvernements américains et anglais ont poussé dans le même sens contraire, préférant l’unilatéralisme. C’est cet unilatéralisme qui est en train de craquer en ce moment; paradoxalement, c’est une victoire pour la finance globalisée.

Se préoccuper des faits, plutôt que se limiter à des généralités assises sur des discours changeants, permet de sortir d’une vision du monde schématique – mais sans doute rassurante – pour en appréhender la complexité. Celle-ci, c’est sûr, se prête moins aux grandes envolées grandiloquentes sur l’avenir du capitalisme; elle permet simplement d’être moins idiot, et d’espérer améliorer la compréhension des gens qui vous lisent ou vous écoutent.

Ce qui d’ailleurs nous rapproche du second objet de l’émission : la vidéo « l’argent-dette » et le phénomène de diffusion par internet qui l’accompagne. Dans le cadre de l’émission, Cori et Gunthert étaient invités parce qu’ils l’avaient évoquée sur leurs blogs respectifs; en fait, il y avait deux questions portant sur cette vidéo. Premièrement, la question de la validité de son contenu : donne-t-elle une vision juste et intéressante du système et des phénomènes monétaires, ou n’est-elle qu’un objet complotiste, faux et manipulateur? La seconde question était celle de sa capacité « virale » : pourquoi cette vidéo a-t-elle un tel succès, et que nous apprend-elle sur les attentes des gens?

Sur le premier point, le contenu informatif de cette vidéo est assez pauvre. La seule chose que l’on y « découvre », c’est le mécanisme de création monétaire par le crédit, le fait que les banques ne prêtent pas un argent qu’elles « ont dans leur coffre » mais créent par le crédit de la monnaie scripturale. ce mécanisme est présenté comme extraordinaire et dissimulé, ce qui est un peu paradoxal dans la mesure ou il n’est pas difficile à découvrir : il se trouve expliqué dans n’importe quel manuel d’économie, et est au programme de la filière ES (en première me semble-t-il). Pour le reste, la vision qui y est donnée de l’histoire monétaire (l’orfèvre qui découvre qu’il peut prêter de l’argent qu’il n’a pas et devenir très riche) est fausse; les mécanismes monétaires sont présentés de façon incomplète (le fait que l’extinction d’une dette détruise de la monnaie n’est pas présenté); on y dit qu’une économie sans croissance, ou décroissante, ne comporterait plus de prêt à intérêt (ce qui est historiquement faux : les intérêts n’ont pas disparu durant les phases de croissance négative connues dans l’histoire); il y a d’autres omissions.

Et ces omissions ont un objectif, qui est de faire passer le message politique de l’auteur. Une histoire de la création monétaire devrait montrer que l’émission monétaire est un pouvoir régalien, et que ce pouvoir a souvent mal été utilisé, avec la pratique consistant à réduire le titre en métal précieux des pièces par exemple (l’origine du mot « banque » vient de la tablette sur laquelle les changeurs de monnaie évaluaient le titre en métal des pièces, en les faisant tinter et rouler pour tester leur équilibre, ce qui est à l’origine du terme d’espèces « sonnantes et trébuchantes » : le « banquier », au départ, était celui qui établissait la vérité sur des monnaies trafiquées par les gouvernements les émettant. Comme quoi…). De la même façon, la création de monnaie scripturale n’a pas été une machination des banquiers pour s’enrichir en dupant le public, mais s’est faite par hasard – et parfois sous l’impulsion de gouvernements demandant des prêts toujours plus conséquents. Pour s’apercevoir que l’on crée de la monnaie en émettant des crédits, il faut disposer de la comptabilité en partie double, et pas de la comptabilité de caisse que les banques ont utilisé pendant très longtemps; et faire un raisonnement « macroéconomique » que les banquiers n’avaient aucune raison de faire. De leur point de vue, il s’agissait de récupérer de l’argent métallique que quelqu’un d’autre détenait, et tant que les entrées étaient supérieures aux sorties, tout allait bien; ils n’avaient aucune raison de supposer qu’ils créaient de la monnaie au passage. Enfin, cette vidéo se focalise sur quelques phénomènes monétaires sans préciser les phénomènes réels qui l’accompagnent : après tout, moi aussi, lorsque j’emprunte de l’argent, je dépense un pouvoir d’achat que je n’ai pas. Je dois donc trouver quelqu’un qui va accepter de réduire sa consommation présente, en contrepartie de quoi je réduirai ma consommation future (et la sienne sera plus forte). Sans négliger que les phénomènes monétaires ont de l’importance, il serait bon de rappeler que les transactions monétaires sont avant tout le voile d’échanges réels, et que ce sont ceux-là qui comptent.

Cette vidéo n’apporte pas non plus la moindre explication du phénomène de l’intérêt, présenté simplement comme « lié à la croissance effrenée ». Une explication authentiquement pédagogique décrirait la question qu’a posée l’intérêt, le décalage entre son interdiction fréquente par les religions et les tentatives permanentes pour contourner cet interdit. On pourrait par exemple décrire la façon dont Thomas d’Aquin avait résolu le paradoxe d’Aristote, selon lequel le prêt à intérêt relevait de la « chrématistique »; puisqu’on échangeait de l’argent contre de l’argent, il n’y avait eu aucune création de valeur, donc l’intérêt était sans justification. Thomas d’Aquin avait lui décrit les trois fonctions de l’intérêt : il est la rémunération du temps, du fait que le prêteur doit temporairement renoncer à sa consommation; il est la rémunération du risque, parce que l’emprunteur ne remboursera pas forcément: il est enfin « participation aux bénéfices » si l’emprunteur utilise l’argent emprunté pour une entreprise rémunératrice. Pour Saint Thomas, si la première justification n’était pas acceptable (car le temps n’appartient qu’à Dieu) les deux autres légitimaient les intérêts. Au passage, on peut noter que même dans une économie sans croissance, si la dernière justification ne tient plus (faute de bénéfices) les deux autres restent valides. On peut noter aussi que la « finance islamique » a contourné l’obstacle de l’interdit de l’intérêt selon une logique très Thomiste : les banques islamiques ne font pas payer d’intérêts, mais prennent des « participations aux bénéfices » réalisés par leurs emprunteurs.

Bien évidemment, évoquer les millénaires de manipulation du titre en métal des monnaies par les gouvernements jurerait dans le paysage de la vidéo, qui prône un système économique dans lequel toute la création monétaire est monopolisée par le gouvernement, qui l’utilise pour financer ses dépenses; expliquer que cette idée soi-disant révolutionnaire a déjà été largement testée et plutôt peu satisfaisante dans ses conséquences serait contradictoire. C’est que cette vidéo n’a qu’un objectif : promouvoir une vision de la société, proche des idées de la décroissance; et que les contenus réels n’ont d’autre visée que d’être au service de cette volonté de promotion d’une idéologie.

Et parce que ce projet, présenté comme tel, n’aurait probablement pas le succès qu’a eu cette vidéo, il faut l’accompagner en expliquant au spectateur que le monde actuel est le fruit d’un complot; que la réalité de la création monétaire est caché; que l’on pourrait cesser de payer des intérêts (sur de l’argent qui « n’existe pas »…) si seulement la vérité était révélée. Que les intérêts n’ont d’autre vocation que d’enrichir des banquiers parasites et une croissance infinie.

Ce qui est d’ailleurs la seconde question posée par l’émission : comment expliquer le succès internet de cette vidéo et de son propos? Là dessus, l’émission est probablement un peu limitée (mais bon, elle était déjà bien longue). Je regrette pour ma part qu’A. Gunthert n’ait pas pu plus s’exprimer, parce que c’est sur cette dimension que son expertise était indispensable. Je suis entièrement d’accord avec lui sur un point : l’accusation d’antisémitisme faite envers cette vidéo ne tient guère la route. Cela ne m’a pas semblé flagrant en la voyant. Je pense que cette accusation d’antisémitisme relève de l’erreur d’attribution : cette vidéo repose sur de nombreux instruments complotistes, et l’antisémitisme repose lui aussi sur une vision complotiste du monde – celle du complot juif. D’où la tentation de considérer toute perspective et imagerie complotiste comme antisémite, par analogie.

Le succès de cette vidéo, par contre, est étonnant; pour l’expliquer, les instruments de l’économiste ne sont guère utiles. Une piste intéressante en tout cas m’a semblé être une remarque de J. Bernard au cours de l’émission, qui a décrit son sentiment d’être « oppressée » par la crise actuelle. Cela touche à un aspect fondamental des sociétés modernes : la fabrique sociale dépend de façon cruciale de toute une série de mécanismes que nous ne comprenons pas. Comme l’a montré Hayek, l’accumulation de connaissances ne se fait pas tant au niveau individuel que collectif : le progrès économique repose sur le fait, paradoxal, que nous connaissons de moins en moins ce qui constitue notre environnement. Le chasseur-cueilleur sait ce qu’il peut manger, et comment l’obtenir; son autarcie se traduit par le fait qu’il détient toutes les connaissances qu’il utilise. Le membre d’un pays riche, par contre, est entouré de mécanismes qu’il ne comprend pas, et passe son temps à utiliser sans les comprendre, de façon automatique. Aucun d’entre nous ne sait comment fonctionnent, comment sont produites, l’essentiel des choses que nous utilisons. Cela vaut pour les objets, comme pour les systèmes – entre autres, le système monétaire. Nous savons utiliser l’argent, nous ne savons pas d’où il vient, parce que nous n’avons pas l’usage de cette connaissance. Le problème, c’est que lorsqu’un mécanisme que nous utilisons tous les jours cesse de fonctionner, nous nous retrouvons désemparés : nous devons alors découvrir l’étendue de notre ignorance, de notre absence de maîtrise de ces choses que nous pensions familières. Songez à l’agacement qui vous atteint lorsque vous rentrez chez vous un soir, pour constater que l’internet qui la veille fonctionnait ne fonctionne plus; que vous devez alors vous plonger dans les arcanes du système d’exploitation de votre ordinateur, suivant les instructions d’un télé-opérateur qui manifestement en sait à peine plus que vous. Tous les psychologues savent que ce genre de situation, ou l’on se découvre dépendant de quelque chose sur lequel on n’a aucune prise, est profondément angoissant.

La crise actuelle présente un peu ces caractéristiques : brusquement, nous découvrons l’étendue de notre dépendance vis à vis d’un système qui peut cesser de fonctionner, et que personne ne contrôle. Il y a effectivement de quoi se sentir brutalement prisonnier et désemparé. Peut-être qu’alors, l’idée qu’il y a quelques personnes, quelque part, qui maîtrisent les choses (même si ce sont d’odieux parasites qui nous exploitent) a quelque chose de rassurant. J’avoue que ma psychologie de comptoir ne va pas plus loin.

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Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue

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29 Commentaires

  1. Je trouve qu’il y a de l’ironie à répondre à une vidéo complotiste par une BD écrite par Jean-Pierre Petit un adepte des complots en tout genre.

  2. Pour avoir une histoire de l’argent, le livre de JK Galbraith, « l’argent ». Il me semble moins austère que les 5 premières pages d’un manuel d’économie monétaire.
    Sinon je n’arrive pas à trouver l’article du blog cité dans la vidéo.

  3. Sur le rôle des journalistes, il me semble que l’analyse correcte est qu’ils sont des intermédiaires entre
    des acheteurs (la population) et des "vendeurs" de contenu. Dans cette opération, le journaliste
    oriente le contenu vers ce qu’il perçoit être la demande la plus forte, tout comme l’intermédiaire financier fournit des prêts aux ménages qui pensent que les prix immobiliers montent au ciel.
    Si la demande d’histoires apportant un confort psychologique est forte, il cherchera des contenus correspondants. Les offreurs de contenu
    sont adaptés à ce comportement : fourniture de livres écrits en trois jours …
    Ce n’est le rôle du journaliste d’exercer un contrôle scientifique sur la qualité des histoires …

  4. A mon avis le succès de cette vidéo est surtout dû au fait que trop de gens ignorent tout de l’économie, et veulent absolument s’informer en période de crise financière. J’ajouterais en plus de ce que dit A.D. que cette bonne volonté ne rencontre malheureusement que peu d’offre pédagogique du côté des économistes, qui préfèrent en général faire des tribunes pour exprimer "leurs" idées révolutionnaires plutôt que d’expliquer comment fonctionne la création monétaire (ce qui se comprend). Du coup la première explication un peu pédagogique, caressant le spectateur dans le sens du poil, même complètement fausse, prend facilement. Bref il faudrait plus de sites du type d’Econoclaste et d’Ecopublix pour éviter que ce genre de vidéos ne se répandent (à quand des vidéos pseudo-libertariennes prônant le retour à l’étalon-or pour sortir de la crise ?), et devantage de SES au lycée bien entendu.

  5. Bonjour
    Merci de ce billet
    A propos du libor, dans quelle mesure la banque centrale peut l’influencer via ses taux directeurs ? Plus précisément, la crise actuelle ne provient-elle pas de la déconnexion entre le libor et ces taux directeurs ?
    Concernant la vidéo, je crois me souvenir que Maurice Allais avait développé une critique des profits des banques induits par la création monétaire (c’est pas très clair, mais mes souvenirs non plus !). Quelqu’un en sait plus ?

  6. La création monétaire est peut être quelque chose d’assez simple pour quelqu’un qui est sensibilisé à l’économie. Mais franchement, pour la personne moyenne ça s’apparente vraiment à un secret (peut-être est-ce lié aux a priori véhiculés sur le crédit).

    Mais allez-y faites le test aux diners de familles (en ce moment c’est un sujet qui à la cote), de mon expérience la façon la plus répandue d’imaginer la création d’argent c’est "on crée de l’argent en travaillant" ou "on crée de l’argent en produisant".

  7. @Ducan : certes, mais les BDs de Lanselme Lanturlu sont généralement très bonnes, et celle-ci est beaucoup plus honnête que la vidéo en question.

  8. Un truc assez amusant : vous dites qu’on est revenu au niveau de 2003-2004. Mais le niveau de 2003-2004 a été atteint après l’éclatement de la bulle internet, et en 2003-2004, on pouvait dire qu’on était revenu au niveau de 1998 ( tomroud.com/2008/10/16/te… ). En réalité, c’est donc 10 ans de gains potentiels qui ont été "perdus". C’est assez effrayant je trouve, notamment pour les gens qui cotisent pour leur retraite avec des fonds de pension (10 ans, c’est un quart de la durée de cotisation, ça commence à faire beaucoup).

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Oui et non. Voir les choses de cette façon revient à considérer une personne fictive qui aurait acquis des titres à un moment pour les laisser fructifier ensuite. Celui qui a acheté des titres régulièrement pendant la période en aura acheté peu durant les périodes de hausse, beaucoup pendant les périodes de baisse, ce qui signifie que la baisse est amortie. De la même façon d’ailleurs pour la liquidation progressive des actifs. Si vous voulez vraiment vous faire peur, mieux vaut aller voir le dernier post chez Gizmo sur le transfert intergénérationnel qui nous attend.

  9. Pour la deuxième partie de l’émission, vous passez rapidement sur la légitimité du monopole de la monnaie et de la banque à réserves fractionnaires. Les spectateurs et les journalistes d’@si se posent des questions à ce sujet (Paul Grignon aussi…). Qu’en pensez-vous?

    1) Sur le monopole public de la monnaie : "Une histoire de la création monétaire devrait montrer que l’émission monétaire est un pouvoir régalien, et que ce pouvoir a souvent mal été utilisé."

    Mais, à certaines périodes, l’émission de monnaies a aussi été réalisée par des entreprises privées. Dans un cadre de droit, la concurrence les incitait à offrir un bon produit. Comment se comparaient-elles à la monnaie étatique, à l’aune de l’inflation du 20ème siècle (et du 21ème)?

    2) Sur la banque à réserves fractionnaires : "La création de monnaie scripturale n’a pas été une machination des banquiers pour s’enrichir en dupant le public"

    Historiquement, il y a pourtant eu des contestations devant les tribunaux (je cherche les références). C’est une question de droit contractuel : les déposants sont-ils informés que la banque prête leurs dépôts à des tiers? Ont-ils le choix?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Pour le 1 : on se place dans un cadre d’explication générale. Je sais que pour certains, le débat sur la banque libre est primordial, il me semble que dans le cadre d’une présentation générale de l’histoire de la monnaie, qui doit décrire ce qui a été, il n’est pas si important; d’autant qu’il est assez largement conjectural. Pour le 2 : prêter les dépôts à des tiers sans en informer les déposants, quoi qu’il en soit, est différent de « comprendre qu’on crée de la monnaie scripturale ».

  10. @ Alexandre Delaigue : oui, mais un truc que je ne comprends pas dans ce que vous dites : si la bourse est au même niveau maintenant qu’il y a dix ans, est-ce que cela signifie qu’en moyenne le gain est nul ou pas ? Je comprends bien que certaines personnes aient gagné de l’argent sur dix ans en faisant des investissements intelligents, mais compte-tenu du fait que le niveau de la bourse est le même, cela signifie aussi qu’il y a eu autant d’argent perdu par d’autres.
    Mon point sur les fonds de pension est que s’ils sont des acteurs prépondérants du marché, leur rendement moyen sera forcément proche de la performance moyenne du marché, non ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Pour que ce soit le cas, il aurait fallu que leur stratégie de placement soit parfaitement calquée sur les indices, et uniquement constituée d’actions. Or un portefeuille comprendra des obligations en plus des actions; en matière d’actions, il est possible de constituer un portefeuille qui est calqué sur l’indice, ou un portefeuille plus risqué (mais en moyenne plus rentable) ou un portefeuille moins risqué (qui par les temps qui courent aura connu moins de hausses quand tout montait, mais maintenant moins de baisses); N’oubliez pas par ailleurs que les plus-values ne constituent qu’une partie des gains, une autre partie est constituée par les dividendes. Tout cela relativise les pertes potentielles, sans les annuler évidemment.

  11. J’ai redecouvert ce site par l’intermediaire d’ASI.
    Merci de faire oeuvre pedagogique sur ces sujets si mals maitrises en France (j’habite en amerique du Nord).

    Pour completer votre analyse, qui me semble exacte, je rajouterai l’origine de l’auteur: autodidacte, marginal (il vit dans l’equivalent du Larzac canadien en Colombie Britanique), independant, Paul Grignon possede toutes les characteristiques du prophete conspirationniste.

    Pour comprendre le phenomene, un parallele peut facilement etre etabli avec Dylan Avery, l’auteur et realisateur de Loose Change.

    Cette contre-culture est en resonnance avec le mythe americain du petit qui finit par faire triompher la verite contre l’establishment (si souvent repris dans les films d’Hollywood comme "The insider").

    Paul Grignon semble s’etre inspire d’un documentaire beaucoup plus ancien et long (3 h 1/2) disponible seulement en anglais : video.google.com/videopla…

    J’aimerais avoir votre point de vue sur ce dernier.

    Merci.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous êtes dur, une vidéo de 3h30 :-). J’ai regardé le début, effectivement, on retrouve pas mal d’idées de cet ordre, avec la même insistance sur la dette « provoquée ». Sinon, il me semble que Grignon reprend les idées d’un mouvement canadien particulier, le « crédit social ».

  12. Question d’ingénieur informaticien non économiste : où puis je trouver des confrontations d’avis sur le système de parités monétaires (fixes ou non)? Quels sont les prérequis pour aborder ce genre d’analyse/littérature?

    Désolé si je fais un peu tâche chez les intervenants

  13. iTraxx Crossover Now Above 850 Basis Points 10h14: ça ne fera pas la une mais c’est très inquiétant…
    les médias préfèreront parler du cac…

  14. Voici une vidéo du Ludwig von Mises Institute qui dure 42 minutes, avec des interviews de plusieurs économistes dits "autrichiens" affiliés à l’institut.

    http://www.youtube.com/watch?v=i...

    Je ne pense pas qu’on puisse la qualifier de complotiste, hormis le passage sur la création de la Fed en 1913 suite à une "réunion secrète" à Jeckyll Island. Rien à voir avec "Money as debt" ou "The money masters". La vidéo est critique vis-à-vis de la Fed et de l’inflation, et favorable à un retour à l’or.

    Plusieurs thèmes sont abordés de manière très pédagogique mais pas simpliste :
    – la nature de la monnaie
    – le fonctionnement d’une banque
    – la banque à réserves fractionnaires
    – la monnaie fiduciaire
    – les étapes-clés de l’histoire de la Fed
    – les conséquences de l’inflation
    – le fonctionnement d’un régime de banques libres

    Il est important de souligner que la gouvernance de la Fed est assez différente de celle de la BCE, et l’on ne peut pas transposer en Europe le contenu de cette vidéo tel quel.

  15. Quand une majorité de lycéens ne peut pas suivre des cours de Sciences Economiques et Sociales, ce type de vidéo, attrayante, pédagogique mais erronée parfois, indiscutablement complotiste et orientée, rencontre une audience à la hauteur de la demande d’explications concernant la crise actuelle.
    La situation va s’aggraver avec la réforme du lycée prévue par Xavier Darcos : les SES deviennent une option semestrielle (15 semaines) à choisir parmi une vingtaine, dont un renforcement en maths, physique, SVT, Français etc. Il y a toutes les chances pour que cet enseignement soit à terme marginalisé.
    Je trouve dommage qu’Alexandre Delaigue n’ai pas rappelé dans le courant de l’émission que le financement de l’économie et la création monétaire sont enseignées aux actuels élèves de 1ère ES, soit 20 % seulement des élèves au niveau du bac, ce qu’il fait en revanche dans son billet ici. Plus que jamais cet enseignement est nécessaire à la formation de tous les citoyens pour qu’ils exercent leur raison sur les phénomènes économiques et sociaux et évitent les "chausses-trappes" des théories du complot. Je me permets d’indiquer ici le lien vers une pétition que l’association des profs de SES fait signer pour demander une place décente pour cet enseignement au lycée, à la hauteur des enjeux contemporains qu’il permet d’éclairer :
    http://www.apses.org/petitions/i...
    Merci à Alexandre pour les éclaircissements apportés par ce billet.

  16. @Rémi Jeannin : l’Académie a récemment regretté le relativisme et la forte imprégnation idéologique des cours de SES au lycée, au détriment d’une approche strictement scientifique de la discipline (la seule qui ait une vertu éducative, cela va de soi).

    Partant de là et de l’indécrottable biais d’un corps de professeurs fonctionnaires massivement abonnés aux publications d’Attac (comme Alternatives économiques, 100000 exemplaires, le plus gros tirage de la presse éco en France !), la droite préfère qu’il n’y ait pas du tout d’enseignement économique, plutôt qu’un enseignement biaisé et faux, vendu à une idéologie (un cours de communisme, en fait). C’est triste mais que faire d’autre ?

  17. Abonnée d’ASI j’ai beaucoup apprécié les explications et les commentaires autour de la vidéo "L’argent dette".
    Certes il ne faut pas se laisser séduire par la théorie du complot, cependant, quand trop de questions restent sans réponse, difficile de ne pas se sentir frustrés voire trompés. Quand on cherche l’information au hasard comment faire la part de la rumeur ?
    Par exemple, est-il vrai que si Sadam Hussein énervait G.Bush, ce n’est pas tant à cause des armes de destruction massives, mais parce qu’il aurait pu accepter l’Euro comme monnaie alternative au dollar en échange du pétrole. On peut lire par endroits que les USA font supporter leur dette par le reste du monde, et que cela est possible grâce au principe de l’étalon dollar. Les USA ne sont-ils pas prêts à défendre ce principe manu-militari ?
    Egalement, au sujet de la crise, on peut se demander pourquoi tous ces experts de la banque-assurance, si prompts à nous vendre des contrats pour nous prémunir de tout et n’importe quoi, ne sont pas capables de créer pour leur propre compte, un fond de secours, qui viendrait en aide aux banques en difficulté.

  18. Stéphane,

    Il ne fait aucun doute que les banquiers n’ont pas besoin d’Alexandre Delaigue comme avocat, j’interprète plutôt ses prises de position comme un réflexe défensif, mais laissez lui le soin de répondre par lui même aux questions posées.

    Réponse de Stéphane Ménia
    Il est absent pour 10 jours. Voilà pourquoi j’ai répondu.

  19. Bien joli tout ça…Ceci dit la richesse crée par des milliers de petites mains s’évapore toujours et se condense au fond des memes poches.Et quand les grosses poches sont percées les petites mains sont appelées à les remplir..
    On saisit la petite maison de celui qui ne peut plus payer parce qu’on lui a volé le fruit de son
    travail quant au yatch il continue à voguer de paradis fiscaux en paradis fiscaux…

  20. @M.Delaigue

    "Et ces omissions ont un objectif, qui est de faire passer le message politique de l’auteur. Une nistoire de la création monétaire devrait montrer que l’émission monétaire est un pouvoir régalien, et que ce pouvoir a souvent mal été utilisé, "

    Je ne comprend pas comment vous pouvez dire que la création monétaire est un privilège régalien alors qu’un cours standard de macro indique clairement que ce sont les banques de second rang (aka banques commerciales) qui créent la monnaie, théoriquement sous le contrôle de la banque centrale. L’inclusion des opcvm dans la masse monétaire montre aussi que le pouvoir de création monétaire a de fait échapé aux banques centrales qui surveillent l’inflation de "l’économie réelle" mais PAS le prix des actifs (immobilier et actions).

    Question les CDS doivent-ils être considérés comme de la monnaie? Moi il me semble que oui.

  21. Ayant visionné la vidéo d’ASI, j’ai envoyé dans la foulée un mail à D. Schneidermann, qui ne semble pas vous avoir retourné ma réflexion. Vu que j’ai réagi sur mon blog (voir l’adresse du site web)
    il me semble plus correct de vous faire part directement de ma réflexion….

    C’est une de vos interventions, oh un détail par rapport àl’ensemble, que j’ai apprécié, mais inexact et ennuyeux dans la mesure où cela a eu pour effet de m’interroger sur vos connaissances de l’économie en pratique, dans une entreprise.

    Pris sans doute dans le feu du débat, vous avez ainsi expliqué que les chefs d’entreprise en raison de la crise ne pouvaient plus demander de prêt à leurs banques comme ils avaient l’habitude de le faire, pour de courte durée: or l’exemple donné était des plus malheureux, puisqu’il consistait dans un chef d’entreprise qui demande à son banquier de lui prêter le nécessaire sur quinze jours pour le paiement de ses salariés.

    Il se trouve que les banques n’accordent pas de prêt ou d’avances de fonds sur quinze jours à une entreprise ! Pour financer des paiements, salaires ou impositions, le chef d’entreprise peut tout au plus obtenir de sa banque un rachat de créance, opération par laquelle la banque verse à l’entreprise le montant des factures dont le règlement est attendu des clients, à court terme et en échange se charge des relances et encaisse les paiements faits par les clients le moment venu (nécessairement coûteuse, la banque se sert au passage, ce qui se comprend sans peine), ou bien obtenir de la banque un découvert (lui-aussi coûteux).
    Les banques ne financent par des prêts que les investissements, et encore les investissements matériels, et pas le paiement d’ingénieurs ou autres employés que l’entreprise souhaiterait recruter pour développer ou fabriquer un nouveau produit…

    Mon mari étant gérant de PME, et bataillant pour obtenir un financement depuis plus de deux ans, j’ai eu le moyen d’être bien informée, je crois…

    Donc
    1/ qui se trompe, de vous et moi ?
    2/ comment expliquer l’erreur, si erreur il y a de votre part ?

    D&F

    Réponse de Alexandre Delaigue
    heu… Les decouverts bancaires et l’escompte, ce sont des prêts, vous savez…

  22. Même si nous sommes bien d’accord sur le fait qu’il s’agit d’argent prêté, la formulation était malheureuse, non ?
    Si l’on veut être bien compris d’un public de non-spécialistes, il vaut mieux éviter d’utiliser des mots du vocabulaire courant dans un sens "technique".
    Demandez à des non spécialistes d’expliquer ce qu’ils comprennent par "prêt", je serais bien étonnée qu’ils pensent au découvert, même si le découvert est de fait une forme de prêt…

  23. Très intéressant billet.

    "Je voudrai par contre" -> voudrais
    "on s’habitue à vivre dans un monde ou seuls" -> où
    "ce qui est un peu paradoxal dans la mesure ou" -> où

  24. Bonjour,

    Intéressant billet.
    Cependant, je suis étonné de voir aucun post défendant le documentaire "l’argent dette".
    Je trouve ça dommage que le débat n’aille que dans un sens.

    Freco

  25. Très interessant ce débat sur l’argent…
    que pensez vous du principe de la monnaie locale incitée par les groupes de transition et peut elle influer sur le rôle des banques?

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