Le pacte de responsabilité NTM

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Quelle surprise… D’un million d’emplois créés par le revival d’une économie concertée, un exemplaire win-win, nous voici sur les bases d’un allégement des charges sociales « old school », avec 300 000 emplois créés (envisagés). Le gouvernement et le MEDEF vous ont menti. Je résume ce que dit l’AFP

En d’autres termes, si l’on suit les dernières informations en date, rien de grave, une énième baisse ciblée des charges sociales. Avec un financement probable axé sur une hausse de la progressivité de l’impôt (la CSG, précisément). Juste ? On a connu bien pire. Redistributif, sans aucun doute. L’un allant souvent de pair avec l’autre. Efficace ? Si l’on suit l’avis moyen des économistes, un peu. Mais sans excès d’enthousiasme.

Pourquoi NTM alors ? Parce que le simulacre des un million d’emplois (c’était pas mal, mais déjà sujet à caution) est ramené à un misérable 300 000 emplois qui serviraient seulement à « inverser la courbe » alors qu’un nouvel âge d’or de la planification indicative était annoncé il y a moins de deux mois. Tout juste si on ne nous annonçait pas le plein emploi par décret. La bonne nouvelle est que l’observatoire inutile des contreparties devrait rationnellement ne jamais voir le jour. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il sera créé quand même.

Il y a une semaine, suite aux déclarations de Pierre Gattaz au sujet du montant des allègements de charges, compte tenu des derniers échos sur le sujet, je corrigeais prudemment mes notes de cours, disant à mes étudiants :

« Il [le pacte de responsabilité] repose sur une baisse de charges conditionnée à des contreparties en matière d’emploi de la part des entreprises. Ses contours sont encore un peu flous (février 2014) mais il devrait probablement s’assimiler à une baisse de charges classique, le volet « contreparties » semblant quelque peu complexe et artificiel. Le patronat considère que les baisses de charges annoncées (30 milliards d’euros, soit 10 milliards de plus que le CICE) sont insuffisantes pour s’engager sur la création d’un nombre donné d’emplois (le MEDEF réclame 60 milliards d’euros). »

Je vais passer pour un type très compétent auprès d’eux. Je m’en serais bien passé. Mais il n’y avait déjà guère de quoi douter de l’issue finale. Ce n’est pas un basculement social-démocrate que Hollande a opéré. C’est seulement un enfumage démocratique de plus. « Old school », vous dis-je.

 

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7 Commentaires

  1. Je trouve que c’est une bonne illustration de l’inaction dont parler ton collègue dans classe éco http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2014/02/24/crise-la-france-ne-sen-sort-pas-si-mal-surtout-ne-le-repetez-pas.html

    Inaction ou reprise des recettes qui marchent peu ou pas c’est un peu la même chose. Je suis pas grand fan des grandes réformes, des grana plans d’austérité ou des rêves de technocrates mais pour une fois cela aurait sympa de voir quelque chose d’accomplir un peu nouveau.

  2. « Le gouvernement et le MEDEF vous ont menti. »

    Nous comprenons bien les intérêts du syndicat. Mais j’avoue ne pas bien saisir la volonté de Hollande & de son gouvernement de passer pour des cons. D’ailleurs, le PS vient de nous faire savoir qu’il ne s’engageait pas sur les contreparties…

      • Réponse acceptable. Dit autrement, Hollande a bien voulu collaborer avec le Medef, qui s’est montré hypocrite. Je ne sais pas pourquoi je pense quand même à une scène de douche dans une prison. C’est donc une simple com’ du Président destinée à l’opinion, qui pourra toujours arguer qu’il s’est fait enfler. Les choses volent très haut dans l’économie politique française. Vivement un prochain « scandale » Closer.

          • Il nous prend donc vraiment pour des cons. Le côté sérieux de cette affaire est qu’elle va créer de gros remous dans les finances publiques, que ce syndicat pourra encore un peu plus trouver énergivores. Où Kafka sert la main du Père Ubu.

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