Parcoursup : un fiasco qui était évitable

parcoursup

Les résultats de Parcoursup publiés le 22 mai m’ont surpris. Je ne m’attendais pas à une situation qui, vue de l’extérieur, soit chaotique, ou Kafkaïenne, selon l’angle retenu. Il faut dire que je ne me suis pas beaucoup intéressé à Parcoursup avant. J’ai un peu rattrapé le temps perdu en deux jours et, finalement, cette connaissance très limitée du processus a été bénéfique, me mettant dans une position de réflexion que je n’aurais pas eue si je m’étais mieux documenté avant.

En préambule, vous êtes peut-être étonné qu’un enseignant n’ait pas pris le temps de décrypter le nouveau système d’affectation dans le supérieur. Alors, je vais être très clair : j’avais autre chose à faire. Pour sélectionner les étudiants dans la filière sélective où j’opère à titre principal (classe prépa au DCG), Parcoursup n’introduit que des modifications marginales. Mon travail a été identique à celui des années précédentes. Ensuite, sur le volet « vie de la cité », j’ai suivi les débats, ait situé les points de vue et n’ai été convaincu par aucun. Parce que, au fond, la question, résumée, était : « Vaut-il mieux un système qui gère les filières en tension par un tirage au sort ou un système qui intègre d’autres critères, au risque de créer des inégalités non pas aléatoires mais sociales ? ». Je n’avais pas de réponse. Comme Frédérique Vidal n’a pas fait appel à moi pour y réfléchir, je me suis tenu à l’écart.

D’APB à Parcoursup : très bref résumé des changements

J’essaie de faire très bref, en évitant les approximations dommageables. Désolé, si ce n’est finalement pas le cas. Pour ceux que cela intéresse, cet article est parfait ; clair et complet.
Dans APB, on formulait jusqu’à 24 vœux de formation, en les classant par ordre de préférence. L’algorithme (une variante de l’algorithme de Gale et Shapley, une autre variante très significativement différente étant utilisée par Parcoursup) affectait sur cette base, avec un système de sélection appliqué sur les filières sélectives (CPGE, IUT, BTS) ou les filières non sélectives en tension (STAPS, fac de Droit, etc., qui avait le droit de classer les étudiants selon l’ordre de vœu de la formation). Si on n’obtenait pas ces filières éventuellement demandées, on se retrouvait en fac. Le tirage au sort déterminait les restes.
Avec Parcoursup, c’est un système de sélection complet qui est opéré, sur des critères généraux de mérite scolaire (et d’autres, en fait). Le nombre de vœux est réduit à 10. Autre différence de taille : les vœux ne sont pas classés par les candidats.
On peut donc avoir plusieurs réponses positives pour plusieurs formations dans Parcoursup. Il faut en choisir une ensuite, et libérer les places là où on n’ira finalement pas. Pas de cela dans APB, qui affectait directement à la formation la mieux classée où l’on était accepté (moyennant, néanmoins, une courte période où les permutations dans les vœux initiaux étaient possibles, avant la moulinette d’affectation).

Parcoursup : faux problèmes ex ante

La fixation faite sur des éléments de dossier à fournir dans Parcoursup a été un psychodrame déplorable. On pense ici aux lettres de motivation et aux CV. Ils devaient favoriser les enfants de milieux favorisés. Pour les filières sélectives, Parcoursup ne changeait rien. Ces éléments étaient déjà requis dans APB. L’honnêteté m’oblige à reconnaître que je ne suis pas certain que mon expérience soit généralisable, mais il y a de fortes chances pour que ces pièces soient dans l’immense majorité des cas de peu de poids dans la sélection. Elles n’ont pas un fort contenu informationnel pour les recruteurs, qui leur préfèrent notes, appréciations des enseignants et cohérence du parcours souhaité. Elles sont utiles lorsqu’elles précisent des éléments très personnels. Ce qui donne des choses comme : « Ma famille déménage donc je candidate à 800 km de mon adresse actuelle, pas par défaut pour mettre le maximum de vœux », « Je candidate chez vous 4 ans après le bac, parce que j’ai pris du recul sur mon avenir », etc. Toutes les autres lettres de motivation sont sans intérêt. Celles qui sont amusantes parce que naïves (« J’aime bien les chiffres ») ou dignes d’un chercheur d’emploi aguerri (écrites par un membre de la famille) ne pèsent pour rien dans le choix. Ajoutons néanmoins celles qui sont truffées de fautes de Français (vraiment truffées) ou celles qui ne mentionnent même pas la formation choisie (copier-coller d’autres lettres). Pour les premières, quand on est nul en orthographe ou grammaire, l’implication et la motivation permet de trouver un correcteur (prof, camarade de classe, éducateur, ou qui sais-je encore ?) qui la rendra acceptable a minima. Pour les secondes, aussi bien écrites soient-elles, comment dire ?
Pour les facs, anciennement non sélectives, la lettre de motivation ne change rien, pour une raison simple : elles ne sont pas lues.

En ce qui concerne les rejets de candidature à la fac, supposés inégalitaires si les critères de recrutement locaux sont socialement inégalitaires, on revient à la question originale : si le nombre de places est insuffisant pour prendre tout le monde, vaut-il mieux cela ou un tirage au sort ? Disons que c’est un faux-vrai problème.

Que dire de ceux qui se plaignent que des appréciations sur le comportement des élèves puissent les déclasser injustement ? Rien.

Un vrai faux problème est celui du nombre limité de vœux. 24 vœux pour APB, c’était trop. Même si, théoriquement, pour que l’algorithme soit optimal, il faudrait autant de vœux que de formations existantes, on comprend bien que la plupart du temps, les étudiants qui obtenaient le vœu 24 n’avaient aucune envie de suivre la formation en question. Les  demandes auprès des rectorats pour modifier ce type d’affectations l’ont illustré.

Un dernier faux problème, qui en est devenu un vrai finalement, est que la procédure Parcoursup, par nature, est plus longue que la procédure APB, du fait du non classement des vœux. Puisque les candidats admis dans plusieurs filières peuvent choisir d’accepter ou non une affectation proposée pendant une certaine durée (une semaine après les premiers résultats, puis de moins en moins au fur et à mesure des itérations), leur temps de réflexion retarde l’affectation des autres qui, ensuite, apprenant les propositions qui leur sont faites, vont eux aussi laisser poireauter les autres candidats dépourvus de choix possible pendant un certain temps. Et ainsi de suite. APB supprimait cette phase. Et ce n’est pas un vrai problème en soi. C’est inhérent à la procédure. Mais nous verrons pourquoi c’est devenu LE problème ex post.

Parcoursup : un vrai problème ex ante

Un problème commun à APB et Parcoursup est l’autocensure. Face au risque de non sélection, on peut rabaisser ses ambitions dans ses voeux Parcoursup (en nombre limité). Ce n’est pas forcément arrivé, puisque les filières sélectives ont connu plus de candidatures qu’avant. Mais certaines filières moins qu’avant. Difficile de dire, à ma connaissance, ce qu’il en est pour le moment. Dans APB, la tentation existait de placer en premier vœu une filière moins désirée fondamentalement. On risquait alors d’avoir des élèves admis dans une filière parce qu’ils avaient tenté le coup sans complexes, pendant que des élèves plus aptes à y réussir ne l’étaient pas.

Soulignons que dans APB, le classement des voeux était connu des établissements, mais pas toutes les années selon les retouches du système. Ce n’était pas une bonne chose. Les établissements et les candidats pouvaient déployer des stratégies inefficientes dans les filières sélectives : les jurys classaient mal les candidats qui avaient classé leur établissement loin dans leur liste, afin d’être certains de connaître dès le départ la majorité des élèves recrutés. Les élèves pouvaient, sachant cela, forcer leur classement pour s’assurer un point de chute sans risque.

Parcoursup : vrais problèmes ex post

À ce stade, en vérité, Parcoursup peut poser des questions de justice sociale et traduire une vision du mérite scolaire qu’on partage ou non. Mais techniquement, la solution se défend. Hélas, ceci n’est vrai que moyennant quelques hypothèses, qui n’ont pas été vérifiées. La faute au gouvernement, mais aussi, à un bon nombre d’opposants à la procédure, qui ont focalisé les débats à des endroits qui les arrangeaient.

Pourquoi tant de gens tombent des nues ?

Si les élèves sans affectation possible à ce jour, éventuellement sans aucune réponse positive en attente (ils ne sont sur aucune liste d’attente et devront passer par une procédure rectorale hors algorithme) et leurs parents sont choqués, c’est qu’ils ne s’y attendaient pas. On l’a dit, ils auraient dû s’y attendre. Avec une moulinette à 800 000 personnes avec cet algorithme, c’était plus que probable. Cela a même été annoncé en avril par le ministère. Mais pas assez. C’est une grave erreur de la part du gouvernement. D’une part, cela donne une image (assez injustement) déplorable de la procédure (c’était prévu, mais les gens ne le savaient pas). D’autre part, sans sombrer dans le sensationnalisme dépressif qui suinte chez certains commentateurs, c’est effectivement une situation psychologiquement difficile pour des gamins qui ne s’attendaient absolument pas à ça.
Ah, mais on le leur avait dit tout de même, direz-vous ! Oui, et ils s’en foutaient tellement qu’ils n’ont pas écouté ? Je suis désolé, mais si tant de gens ne le savaient pas, c’est que l’information était trop coûteuse à acquérir. Il faut arrêter de penser que tous les élèves de Terminale et leurs parents prennent le temps de lire les journaux dans le détail. Une communication efficace sur ce point précis aurait dû être faite.

De manière presque amusante, je constate que la stupeur est assez générale, des parents de milieux plutôt favorisés étant eux-mêmes pris de cours et consternés. Pour cela, au moins, Parcoursup est très égalitaire. Ce qui doit réjouir les opposants au système qui, en dissertant fréquemment sur le sexe des anges de la réforme (voir les lettres de motivation) ont perdu une occasion : faire en sorte de minimiser les méfaits du système honni. Mais bon, pourquoi l’auraient-ils fait, au fond ? Ils peuvent désormais se délecter de la situation, en mode « Nous avions raison, Parcoursup a répandu la terreur et la désolation chez les pauvres ». Ah, ben, pas que chez eux…

Les risques qualitatifs de la procédure à partir de maintenant

APB avait affecté près de 80% des candidats au 8 juin l’an dernier. On espère 2/3 au début des épreuves du bac mi-juin. Et on ne sait pas exactement comment le reste sera réglé en septembre. « Comment » il sera réglé et non pas s’il sera réglé (car il le sera). Comme le soulignent des économistes dans une tribune du Monde critiquant sévèrement l’absence de classement des vœux, en regard de ce que la théorie et l’expérience (aux États-Unis, notamment) enseignent sur le sujet, ce temps d’attente n’est pas qu’une épreuve désagréable, il comprend un risque sur la qualité des appariements finalement réalisés, car il est propice à des stratégies visant à le réduire sans être pour autant efficaces :

« Anticipant la possibilité d’une longue et pénible attente, les étudiants pourraient se résoudre à être prudents dans leurs demandes, ou bien à accepter rapidement des propositions ne correspondant pourtant pas à leurs premiers choix. Certains élèves, qui en ont les moyens, pourraient également choisir de postuler à des formations hors système, souvent payantes. En outre, face au travail colossal de classement, et au risque important des  propositions trop tardives, les établissements pourraient  limiter leurs propositions aux étudiants les plus enclins à les  accepter rapidement. »

Encore une fois, le non classement des vœux, couplé à une imperfection de la rationalité des agents ou à des coûts d’attente trop importants, risquent de fausser l’efficience de la procédure. Certes, on peut s’amuser de lire que tel ou tel lycéen est démotivé pour passer le bac, à cause de sa mise en attente sur Parcoursup. Après tout, il faut bien le passer ce bac… Mais Il est évident que lorsqu’il s’agit de préparer sa rentrée en septembre, ne pas avoir d’affectation pose de sérieux problèmes de logistique.

Un point ne sera probablement jamais éclairci non plus. Depuis les premiers résultats, un certain nombre d’élèves quittent la plateforme (6 700 au 24 mai, dont 3 900 n’ayant reçu aucune proposition sur liste principale ou liste d’attente). Ils partent donc ailleurs. Les bons esprits qui jugent que ce sont des élèves qui avaient une préinscription dans le privé hors Parcoursup semblent juger qu’ils ne font que valider ces choix préférentiels et que c’est très bien ainsi. Pure spéculation. Il y en a forcément dans ce cas. Tout comme il y a d’authentiques décrocheurs dans le lot. Des jeunes fragiles, d’une manière ou d’une autre qui, du fait d’une procédure spécifique et, aussi encore, d’une information préalable déficiente, ont tout simplement basculé vers d’autres projets non scolaires. Pour le meilleur pour certains, je l’espère, mais, pour d’autres également, pour le pire. Sans compter, bien évidemment, de ceux qui préfèrent s’assurer un point de chute immédiat dans le privé, qui le leur offrira avec joie. Bref, penser que la rationalité des gens de 18 ans et de leur famille est infaillible et sereine est une absurdité d’observateur désintéressé. Tiens, en parlant de rationalité douteuse, ça me refait penser à un phénomène très amusant en matière d’inscription dans l’enseignement supérieur, qui illustre ce que l’économie comportementale appelle sunk cost fallacy, ou erreur des coûts irrécupérables. C’est un biais comportemental qui nous pousse, alors qu’on a déjà perdu quelque chose, à perdre encore plus en considérant que la perte initiale le justifie. De fait, j’ai déjà constaté que des élèves de terminale qui devaient choisir entre une affectation dans le privé (qui donne généralement ses résultats avant le public) et le public se trouvaient contraints, pour réserver leur place dans le privé, de payer un chèque de préinscription. Disons 150 euros. Il arrive que lorsqu’on leur apprend ensuite qu’ils sont pris dans le public qui, à qualité égale, était leur premier choix parce que gratuit, ils choisissent quand même le privé. Pourquoi ? Parce qu’ils ont déjà payé 150 euros et ne « veulent pas les perdre ». Et donc… ils sont prêts à payer le reste des frais d’inscription (disons 500 euros) pour, dans leur esprit, sauver les premiers 150 euros… Alors, dans ces conditions, inutile de dire que les choix stratégiques non optimaux évoqués par l’article du Monde ont des chances d’exister.

L’inutile et nuisible délai de 7 jours

Mais pourquoi ne pas avoir appliqué un classement sur les vœux ? D’après ce que je lis, personne ne sait vraiment. La seule raison évocable, à mon avis, est de donner le choix aux individus acceptés dans plusieurs formations de se donner le temps de la réflexion. Quand on compare les coûts collectifs de cette possibilité aux avantages individuels qu’elle crée, il n’y a pas de discussion possible. C’est un choix erroné.
Est-il si incroyable d’avoir choisi définitivement l’ordre de ses vœux deux mois avant le bac, plutôt qu’un mois avant ? Vous pourrez tourner la question dans tous les sens, la réponse est « non ». Si on ne sait pas ce que l’on veut faire en mars, on ne le saura vraisemblablement pas plus précisément en mai. Et si on est capable de le savoir en mai, mais pas en mars, il n’y a qu’à décaler de deux mois ses réflexions, ce qui n’est pas la mer à boire, quand il s’agit de se questionner sur son avenir (notez, évidemment, que cela n’empêche pas les erreurs d’aiguillage, mais on voit mal ce que deux mois de plus changeraient à cela).

Conclusion : un fiasco évitable

Pour toutes ces raisons, la session 2018 de Parcoursup n’est pas une réussite, quoi qu’il advienne dans les semaines à venir. Ceux qui diront le contraire pourront grimper au plafond et redescendre tant qu’ils le veulent. Quant à ceux qui vont le plus fustiger le système mis en place cette année, on peut parier qu’ils seront nombreux à taper grossièrement à côté. A minima, il faudra classer les vœux, sans les rendre connus des établissements, solidement informer les familles et les enseignants (qui eux aussi, n’ont pas que ça à faire de passer des heures à déchiffrer un système).

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Stéphane Ménia

Stéphane Ménia

"Je suis l'absence totale d'optimalité de Jack." Pour en savoir plus sur moi, cliquez ici.

13 Commentaires

  1. « Soulignons que dans APB, le classement des voeux était connu des établissements, mais pas toutes les années selon les retouches du système.  »
    Non, les formations sélectives ne connaissaient pas l’ordre des voeux des candidats. L’ordre des voeux était cependant utilisé par APB pour affecter les étudiants dans les formations non sélectives.
    De fait la juxtaposition dans un même système de formations sélectives et de formations non sélectives, avec des règles différentes, constituait un ensemble complexe et compris par très peu de gens (bien que toutes les infos aient été disponibles assez facilement sans avoir besoin du fameux code source).

    Le nouveau système risque en effet d’amener beaucoup d’effets pervers.

    Demander quelques pré-requis pour les filières non sélectives (par exemple pas de bac pro en cursus long, pas de bac L en médecine ?) aurait peut être pu permettre d’éviter le tirage au sort et remédier au principal reproche fait à APB.

    • « Non, les formations sélectives ne connaissaient pas l’ordre des voeux des candidats ».
      Si, si. Jusqu’à il y a deux ou trois ans (je ne me souviens plus vraiment), c’était le cas. Nous sélectionnions avec le numéro de vœu sous les yeux.
      Et autant vous dire qu’on s’en servait.

      • Cela fait froid dans le dos, les stratégies de voeux étant radicalement différentes dans ce cas. Est-ce que vous informiez les candidats de ce point ?
        Toute la documentation relative à APB, ainsi que les CPGE lors des Portes Ouvertes, affirmaient le contraire…

        • Je reprends et résume, car ce n’était pas clair :
          – À une époque, on avait l’ordre des vœux en DCG. Ce n’était pas la règle dans les filières d’authentiques CPGE.
          – Depuis quelques années, ce n’était effectivement plus le cas ; pas d’ordre des voeux connus.

  2. Donc au final, on identifie un piste d’amélioration en classant les vœux ‘en secret’ afin que l’allocation soit plus rapide ; on rajoute une bonne couche de pédagogies pour bien expliquer le fonctionnement d’un tel outil.
    Si je résume, on a un outil qui ne marche pas si mal et qui a besoin d’être amélioré, faut-il vraiment parler de fiasco ?

  3. Je pense que cette année, certains n’ont pas du tout classé leurs vœux, même mentalement. Prépa ici ou là ? Peu importe, je n’ai pas de préférence. Quand une CPGE me propose une place, j’accepte en gardant les autres vœux en attente. Ce n’est que lorsque j’aurais le choix que je me déciderai en prenant le temps. Le lycéen qui a déjà une proposition n’a aucun intérêt à réagir vite, à se connecter tous les jours, etc…

  4. Merci pour ce très bon éclairage.
    Clair que 3 jours plutôt que 7 auraient été largement suffisant – juste pour éviter les périodes sans internet et garantir que tout le monde puisse trouver un point de chute où valider les voeux.

  5. « Mais pourquoi ne pas avoir appliqué un classement sur les vœux ? D’après ce que je lis, personne ne sait vraiment. »
    L’explication la plus convaincante que j’ai lue c’est que ce serait un effet secondaire de l’introduction du « oui si » qui compliquerait la hiérarchisation a priori des voeux (il se peut que je préfère la formation à la la formation B dans les conditions normales mais que je préfère B à A avec un si …).

  6. Article au titre parfaitement discutable.

    Quel fiasco y-a-t-il ? Au-delà de l’émotionn de candidats qui découvrent que les établissements leur préféreraient de meilleurs candidats et vont devoir attendre un second ou un troisième tour ? Ils n’ont pas encore le bac et peuvent difficilement exiger d’avoir une place réservée dans des filières qui le nécessitent…

    Le classement deux mois avant des voeux serait mathématiquement une solution simple. Mais comme l’explique bien l’article les candidats et leurs familles sont bien loin d’être rationnels. Et il n’est pas interdit de penser que c’est en voyant les filières réellement accessibles qu’ils se renseigneront et réfléchiront mieux à leurs attentes.

    Une des vraies nouveautés de ParcourSup est de donner à chaque candidat son rang sur liste d’attente et donc de s’étalonner.

    • J’aime bien quand on utilise les possibilités de la machine jusqu’au bout. Choisir l’ordre de ses voeux avant, éviter des itérations et connaître son affectation avant les résultats du bac pour le plus grand nombre est un bon procédé. Notamment pour s’organiser logistiquement. Compte tenu des taux de réussite au bac, ça pose peu de problèmes. Et, quand bien même, pour la gestion des places laissées vacantes, résultats du bac connu, un nouveau coup d’algo sans délai et c’est fait.
      Pour la notion de « fiasco évitable », ma foi, chacun a son degré d’exigence. Mon texte explique parfaitement pourquoi on peut considérer cela comme un fiasco évitable.

  7. Enfin, un article non binaire.
    L’absence de classement en amont est une très bonne chose pour les candidats car elle évite l’autocensure, les stratégies de classement (si je mets telle filière en 1, qui est très demandée, je prends le risque de ne pas l’avoir. Et du coup, celle que j’ai mise en 2 sera prise par ceux qui l’ont mise en 1…). La nouvelle procédure permet de classer en connaissance de cause (avant, on classait des filières sans savoir si on allait y être admis ou refusé).
    Je ne vois pas quel intérêt aurait un candidat admis dans une filière et en attente sur une autre qu’il préférerait à abandonner le fait d’être en attente puisque ça lui réserve la possibilité d’y aller, sans perdre la place où il est admis.
    Par contre, réduire de 7 à 3 jours aurait surement été préférable.
    Et puis, l’année prochaine, les candidats connaitront le rang du dernier admis par filière, donc le fait d’être 504è sur liste d’attente sera moins stressant s’il sait qu’en 2018 le dernier admis était 2 016è.

  8. Mon expérience personnelle, ayant un fils concerné par Parcoursup, c’est que je suis bien content de n’avoir pas classé les vœux il y a 2 mois. Nous hésitions alors entre une Prépa et un DUT (mon fils est en STI2D), et c’est le comportement de notre fils, la prise d’informations sur les différentes formations pendant ces deux derniers mois, et, étrangement, l’évolution des listes d’attente sur Parcoursup qui nous a convaincus que le DUT était préférable. Pourtant, il a été accepté en prépa plus vite qu’en DUT (ce qui peut paraître étonnant de prime abord).
    Il y a sans doute des stratégies qui se mettent en place pendant la phase de sélection de Parcoursup (garder ou lacher des voeux rapidement ou non, dans l’espoir que ça influence les files d’attentes dans le bon sens…), mais le classement des voeux avant la sélection relève aussi de la stratégie, mais à l’aveugle.
    Un inconvénient réel est sans doute le temps passé à accepter/renoncer, avec une mise à jour quotidienne seulement. Mais comme le système est assez transparent, on sait assez rapidement à quoi s’en tenir en extrapolant l’évolution des listes d’attente.
    Bref, en tant que parent d’élève, je suis très satisfait de parcoursup. En revanche, l’opacité de ce qui se passe avant (les fameux algorithmes cachés des filières sélectives) et le manque de places dans le supérieur alors que le contingent des étudiants augmente de façon prévisible, sont des véritables problèmes qui dépassent, je crois, parcoursup.
    https://merome.net/blog/index.php?post/2018/05/24/Parcoursup-n-est-pas-le-probl%C3%A8me

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